‹ Contribution à l'étude des sténoses bronchiques tuberculeusesChapitre 27 sur 40 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

Mie B.. (Odette), 28 ans, hospitalisée le 5 janvier 1950 (Service de M. le Professeur DAMBRIN).

Rien à retenir dans les antécédents de la malade si ce n’est qu'une de ses sœurs a présenté une tuberculose pulmçnaire actuellement guérie.

Histoire de la maladie :

La maladie actuelle semble avoir commencé en août 1948, époque à laquelle la malade a présenté un syndrome d’imprégnation tuberculeuse en même temps qu’une toux rebelle et quinteuse.

Une radiographie pratiquée en octobre montrait une infiltration de la partie moyenne du poumon gauche avec une perte de substance en regard de l’extrémité de la deuxième côte du même côté.

La bacilloscopie était positive.

Un pneumothorax gauche est créé en novembre.

En février 1949, la malade présente des hémoptysies abondantes, se répétant deux ou trois fois par jour pen-

er

dant une quinzaine de jours. Le 22, se déclare une phlébite de la jambe gauche. Son médecin conseille un traitement à la Sirebtomyciné et la malade en recevra 65 gr.

Une radiographie faite le 12 mai montre un collapsus insuffisant du lobe inférieur gauche, et une bride tirant sur plusieurs pertes de substance apicale ; du côté droit, on note quelques micro-nodules qui ne semblent pas constituer de foÿers évolulifs.

La malade reçoit encore 15 gr. de streptomycine et elle entre le 12 juillet au Centre de Phtisiologie de Purpan pour faire sectionner celte bride.

A cette époque, l’état général de la malade était très mauvais. Sa température oscillait entre 38°’et 40°. Elle était très amaigrie, son expectoration très abondante était bacillifère, sa vitesse de sédimentation était à 25 %.

On procède à la section de brides le 19 juillet et par la suite, la radiographie montre une bride apicale bien sectionnée mais par suite d’une adhérence postérieure, la caverne persiste, non effacée et dangereusement superficielle.

Le pneumothorax est alors immédiatement relaché.

‘On institue un traitement antibiotique et la malade recoit entre le 16 juillet et le 27 octobre, 42 gr. de streptomycine et 731,gr.,.de P.ASS.

La radiographie pratiquée avant son départ ne montre guère d'amélioration, le pneumothorax ne revient pas à la paroï, la caverne est toujours aussi superficielle, semblant adhérer au plan postérieur.

La malade rentre chez elle où elle observe un repos très strict. Son état général est médiocre, sa température oscille entre 37° 5 et 38° 5.

“Elle revient de nouveau au Centre de Phtisiologie de Purpan le 5 janvier 1950.

Examen à l'entrée :

La malade est très fatiguée, amaigrie et anorexique. Sa température se maintient aux environs de 38°. | îlle se plaint de douleurs thoraciques du côté gauche, de dyspnée surtout nocturne et sa toux très fréquente ramène une abondante expectorafion muco-purulente jaunâtre et très bacillifère.

L'examen montre une rétraction de lhémithorax gau-

Me B... (Observation XIII) Sténose cicatricielle de la bronche souche gauche

Or

che et à lPauscultation, on {rouve un syndrome de condensation du même côté.

Sa vitesse de sédimentation est à 46 %.

La radiographie pulmonaire montre un hémithorax gauche sombre avec une importante attraction du médias- Un et une volumineuse perte de substance au sommet, le côté droit est sensiblement normal, excepté une surcharge hilaire. pe

Devant ce lableau clinique, on pense à la possibilité d’une sténose bronchique et l’on pratique une exploration de larbre bronchique.

La bronchoscopie montre :

Une trachée légèrement déviée vers la gauche mais présentant une muqueuse normale.

Dès léperon trachéal qui est normal, Porifice de la bronche souche gauche apparaît d’un calibre nettement réduit, il en sort des sécrétions muco-purulentes abondantes. La muqueuse à ce niveau est irrégulière, épaissie et saignant facilement. La sténose est progressive en entonnoir. On ne voit pas d’ulcération mais la malade étant peu tranquille, on ne peut pousser très loin lexploration et l’on ne voit pas les orifices lobaires.

A droite, l'examen est négatif.

En conclusion, nous sümmes donc en présence d’une fibro-sténose tuberculeuse de la bronche souche gauche.

Du 12 janvier au 2 février, la malade recoit encore 21 gr, de streptomycine et 300 gr. de P.AS.

Elle est adressée alors au service de Chirurgie Thoracique pour pneumonectomie.

Elle est opérée le 30 mars 1950/(pneumonectomie totale) et meurt malheureusement dans un syndrome d’asphyxie quelques heures après la fin de l'intervention.

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