DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ET CONCLUSION
Nous avons à faire le diagnostic différentiel entre le symptôme que nous venons de décrire et des symptômes analogues que nous trouvons principalement au cours de la catatonie et plus rarement de la démence sénile et de la folie maniaque dépressive. Rappelons encore que certains auteurs ont décrit cet image catatoniforme de la paralysie générale progressive comme n’existant que dans les formes lentes et chez des gens prédisposés à la démence précoce. Cette opinion n’a que la valeur d’une hypothèse.
Nous pouvons être bref en ce qui concerne les paroxysmes d’excitation de la folie maniaque dépressive, qui se détachent nettement du symptôme étudié par la cohérence intime entre l’affectivité, la motricité et les hallucinations.
Certains faits rapprochent bien l’état maladif à la catatonie: la stéréotypie non sensée, le manque de variabilité, les associations avec prévalence de l’allitération (Wortstammassoziationen) tandis que d’autres manquent et parmi eux surtout les pararéactions. Notons encore que Klæsi dont nous avons reproduit la définition de la stéréotypie a encore classé ces phénomènes en différents groupements :
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1° mouvements de défense ;
2° mouvements autistes visant un but ;
3° cérémonies ;
4° reliquats ou restes ;
5° productions verbales. .
Si nous voulions comparer notre cas avec ces différents groupes de stéréotypies catatoniques nous ne pourrions prendre en considération que le groupe un ou le groupe deux. Encore faudrait-il savoir si en 10921 le malade avait des hallucinations ou des idées de persécution. Comme le malade à cette époque n’a jamais accusé une idée de persécution et n'avait jamais une affectivité correspondante nous ne croyons pas être obligés d'admettre cette possibilité. Il n’entrerait donc en question que le groupe deux c'est-à-dire « stéréotypies autistes visant un but », mais voici pourquoi nous devons rejeter cette classification. L’autisme est un symptôme purement catatonique. Un malade autiste ne donne aucune réponse et présente une inaccessibilité absolue. L’inaccessibilité constatée chez notre malade ne sort pas du cadre de l’autisme parce qu’elle n’était que. temporaire et parce que quand elle se montrait au cours d’un examen le malade nous prévenait toujours que maïntenant il voulait dormir et qu'il ne répondrait plus. Ce phénomène d’inaccessibilité subite serait plutôt à comparer à l'enfant recalcitrant ; un facteur inhibiteur intervient certainement encore chez notre malade : l’égocentricité. Ce seraient donc plutôt des mouvements visant un but mais non autistes.
Il y aurait encore à étudier les stéréotypies séniles. Celles-ci ont un sens au début et ne s’automatisent que progressivement. Les stéréotyples de notre cas ont pro-