‹ Contribution à l'Étude des Stérols des Algues marinesChapitre 8 sur 18 · EXPÉRIMENTATION HUMAINE · texte numérisé non relu

EXPÉRIMENTATION HUMAINE

(Nourrissons, adolescents et adultes)

Encouragés par les résultats obtenus chez les rats, et par l’exacte similitude des effets thérapeutiques de l’algostérine et de l'ergostérine, nous avons été tout naturellement portés à essayer ces substances chez l'homme. Il n’y avait aucune raison pour que, par exemple,le nourrissonaffligé detares rachitiques, ne se trouve soulagé et même guéri par un traitement à base d’algostérine, convenablement conduit. Depuis des mois, nous avons poursuivi notre expérimentation sur l’homme, à chacun des âges de la vie, et les quelques observations qui suivent ont été

prises parmi les plus typiques.

A. — Expérimentation sur le nourrisson.

a) Le Rachitisme, affection fréquente du premier âge, devait retenir notre attention avant toutes choses, car cette maladie est en général le triomphe de la thérapeutique par les rayons ultra-violets et les substances riches en vitamine D.

ve L Le >

Pen ur

ee) 7 (RS / Le rachitisme expérimental quoique assez diffé-

rent du rachitisme humain, sont l’un et l’autre également influencés d'une manière bienfaisante par les phytostérines d’origine marine.

Cependant le rachitisme humain, à l'inverse du rachitisme expérimental, a une très grande multiplicité étiologique. Les controverses au sujet de ces

étiologies sont loin d’être éteintes. Cependant, on

‘admet actuellement parmi l’origine du rachitisme

des causes d'ordre digestif (abus des farineux, fautes de régime), soit des causes toxiques ou infectieuses (rougeole, grippe, coqueluche, diarrhées chroniques ou aiguës) soit enfin la carence de lumière dont Woringer a bien démontré le rôle en prouvant par des statistiques la recrudescence de l'affection pendant les derniers mois de l’hiver et les premiers mois du printemps, c’est-à dire à la suite d’une période pauvre en ensoleillement au cours desquelles on voit apparaître d’une manière concomitante un groupe d’affections qu’il nomme « héliophobes » (Tétanie, méningite cérébro-spinale, angines, broncho-pneumonies, oreillons). Huldschinsky (1919), puis plus tard Noël Patton, A.-F. Hess, Mac Collum et d’autres, attirèrent l'attention sur le rôle du soleil en montrant que l'obscurité favorise nettement le rachitisme, tandis que la lumière le prévient.

En 1923, Hutchinson et Murphy publièrent leurs observations si intéressantes et si remarquables d’où il résulte qu'aux Indes, le rachitisme se développe

exclusivement chez les femmes et les enfants mahométans enfermés dans l’ombre du harem, rigoureusement à l’abri des radiations solaires. On peut donc dire que.cette maladie est un produit de la civilisation. Elle sévit au maximum dans les régions industrielles peu ensoleillées tandis qu’elle est inconnue des populations qui vivent au Sud du 40 ou du 45° de latitude Nord (sauf quelques exceptions comme celle que nous venons de citer).

« Vers le milieu du xvu: siècle,en 1630, dit Trousseau, les tables mortuaires de l’Angleterre firent mention pour la première fois d’une maladie dont les anciens habitantset les vieux praticiens ne se souvenaient pas d’avoir vu jusque-là d'exemple : on l’appelait dans le peuple The Rickects, mot vraisemblablement dérivé de celui de riquets, par lequel on désignait, dans notre idiome normand, les indivi- . dus bossus et mal conformés ».

C’est par un médecin anglais, Francis Glisson, que le rachitisme fut décrit pour la première fois, et

c'est en Angleterre qu'il paraît avoir fait des ravages

‘plus considérables dès le xvin° siècle, c’est-à-dire

dès l’époque où, précisément, les grandes agglomérations crées par l'industrie moderne ont commencé à prendre un développement caractéristique (Lawson Dick) bien que, aux dires de Pariset, on aie vu une momie rachitique extraite des tombeaux de la ville de Thèbes où elle dormait depuis 2.000 ans.

Rappelons brièvement les symptômes cardinaux de cette affection, lesquels ont été bien mis en évi-

PRUONES dence par le professeur Marfan sous le nom de «syn-

drome rachitique ».

Cliniquement, quatre éléments principaux peuvent

ë . ël À .

exister seul ou bien coexister avec prédominance de

l’un ou de l’autre de ces symptômes :

19 D'abord des lésions osseuses à caractère surtout

inflammatoire, qui se ramènent le plus souvent à

une chondromyélite. Elles atteignent les cartilages

et peuvent se rencontrer aux membres (élargisse-

ment des épiphyses (nouüûres), déformation et incur-

vation des diaphyses), au thorax (chapelet costal,

déformation en carène de vaisseau, en poitrine de

dindon), et, dans certains cas, du crâne (déformation

craniennes, palatines, implantation irrégulière de

certaines dents, incisives inférieures particulière-

ment, et croissance anormale : craniotabes) ;

90 Une hypotonie musculaire générale (principale- AYp À S P P

ment sur les muscles abdominaux), pouvant jouer

un rôle dans la production des ptoses, des pieds

plats, des scolioses, des varices, et autres affections

relevant d’une laxité anormale des tissus de soutien.

Selon Carl Pearson, la myopie, quise rattache à une

perte de la tonicité de la sclérotique, est en relation

avec le rachitisme ; e

30 Une réaction des organes lymphoïdes (rate, ganglions) dont l’aprosexie de Cuye serait une

forme ; | 4° Une anémie globulaire, assez grande et en gé-

néral très résistante.

Page 1