‹ Contribution à l'Étude des Stérols des Algues marinesChapitre 7 sur 18 · EXPÉRIMENTATION SUR LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

EXPÉRIMENTATION SUR LES ANIMAUX

L’expérimentation se fait sur les rats, par une raison de commodité, et sur le rat blanc, qui est plus sensible et plus domesticable que le rat noir. L'expérimentation est prophylactiqué plutôt que curative. \ É

Mac Collum, de la John Hopkins University de Baltimore, Pappenheimer, de la Columbia University de New-York, furent les premiers à se servir des rats, qui, en effet, parmi tous les animaux, sont ceux qui paraissent le mieux convenir aux éxpériences sur le rachitisme. Les rats ont permis d’obtenir des résultats de grande valeur qui peuvent être appliqués presque intégralement au rachitisme humain. Comme on dispose de grandes quantités de ces petits animaux, il est facile de varier les essais et même de les conduire simultanément. On a été amené ainsi à constater que le rachitisme pouvait être provoqué à volonté par une alimentation pauvre en vitamine antirachitique et présentant une disproportion marquée entre la chaux et le phosphore, c’est-à-dire apportant une quantité insuffisante de chaux et un excès de phosphore, ou inversement,

de ce type, lés symptômes du rachitisme se mani-

‘épiphyso-diaphysaire des os longs paraît élargi et

: insuffisancé de phosphore etun excès de chaux. Sur ces données, fut bâti le régime rachitigène 84 \ sa de Shermann et Pappenheimer, pauvre en phos- Ne phore (moins de 110 mgr. par 100 grammes d’aliments) et dont voici la formule : a

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Le régime 3143 de Mac Collum est le suivant :

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Au bout de vingt à quarante jours d'un régime

festent comme suit: apparition d’un chapelet costal et d’un thorax en carène, un manque d'assurance dans la marche et un défaut d’ossification des méta- | physes, avec fractures spontanées des os longs : en Fa

fin de compte, une perturbation profonde du méta- ‘440 bolisme du phosphore ; aux rayons X, le cartilage |

clair pendant la maladie et devient opaque au mo- UT ER ment de la guérison : à l’analyse du sang, on note , un appauvrissement en chaux et en phosphore ; à l’examen histologique des os longs, la zone chon-

dro-calcaire est insuffisamment calcifiée.

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Tableau clinique qui, on le constate, correspond remarquablement à celui du rachitisme du nourrissOn.

En dehors de l'élément nourriture, résolu par ce régime spécial, entre en ligne de compte l'élément lumière lequel doit être éliminé. Il suffira pour cela de mettre à l’obscurité les cages en expérience. Cependant certaines précautions sont à prendre, car, Hume et Smith remarquèrent que le régime 84 ne donnait pas de rachitisme aux rats dont on avait au préalable irradié la cage pendant qu'ils avaient fait partir les occupants. D'autre part, Goldblatt et Soames, H. Steenbock et H. Black, constatèrent que le fait de vivre dans la même cage que des animaux irradiés, empêche les rats, soumis par ailleurs au régime sans vitamines, de devenir rachitiques : il fallait conclure de ces expériences que les rats trouvent dans les déjections d'animaux irradiés, soit encore dans la paille ou même le bois de leur cage de quoi compléter le régime carencé qui leur était donné au cours de ces expérimentations.

L’expérimentation se pratique sur de jeunes rats, ce qui oblige de la faire au printemps, seule époque où l'on peut se procurer ces petits animaux. On prend des rats de même poids (de 40 à 60 grammes) et on les soumet au régime privé de vitamine antirachitique.

Nous procédâmes de la manière suivante : nous avions quatre lots de rats, chaque lot comprenant trois rats.

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Le premier lot servait de témoin et était mis au régime rachitigène pur et à l’obscurité,

Le deuxième lot, également au régime rachitigène et à l'obscurité, recevait, en plus de sa ration, une dose d'extrait cytoplasmique de laminaire d'environ un gramme, un décigramme et un centigramme par Jour et par sujet.

Le troisième lot avait, outre son régime 84, en place d’extrait cytoplasmique, deux centigrammes, deux milligrammes et 2/10 de milligramme de liposoluble de cet extrait de laminaire, par jour et par sujet.

Enfin le quatrième lot, toujours au régime rachitigène, recevait la phytostérine pure de l’algue laminaire, l’insaponifiable du liposoluble, à la dose de 4J10 de mgr., 1/100 de mgr. et 4/1000 de mgr. par rat et par Jour, et ceci en solution huileuse.

Le tableau suivant résume les résultats que nous avons obtenus après environ quarante jours d’observations :

On remarquera donc qu’à partir d’une dose de 1 centigr. d'extrait cytoplasmique de laminaire, de 2/10 de mgr. d'extrait liposoluble et 4/1000 mgr. de stérine pure, on commence à voir apparaître des accidents de rachitisme.

Les doses de produit antirachitique servies aux rats ont été données à la suite de quelques essais préalables qui nous ont démontré que l'apparition du syndrome rachitique se faisait en général autour

d’une ration journalière de 1 centigramme d'extrait

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cytoplasmique.Les autres doses ont été calculées en équivalence, en se basant sur ce que 100 grammes d'extrait cytoplasmique donnent 2 grammes d’extrait liposoluble et 1 gramme de liposoluble donnant 2 milligrammes d’insaponifiable, c'est-à-dire de stérine pure.

On voit donc sur ce tableau précédent que les doses de 4/1000 mgr. de stérine pure journalières, sont insuffisantes pour empêcher l'apparition du rachitisme, alors que la dose équivalente d’extrait cytoplasmique, soit un centigramme est presque capable de juguler les accidents d’avitaminose D, le seul signe de rachitisme que présentait notre rat n° 3 du 2e lot étant des lésions radiographiques très discutables et peu typiques.

En somme ceci revient à dire que la poudre d’extrait cytoplasmique de laminaire serait proportion: nellement plus active, quant à sa qualité antirachitique, que le stérol de cet extrait. Tout se passe comme si la manipulation chimique avait retiré certaines qualités intimes à cette substance. En d’autres termes, le stérol ne représenterait pas intégralement l'extrait cytoplasmique. C’est assez comparable à ce qui se passe avec l’extrait de surrénale total et l’'adrénaline. Cela est tellement vrai que parmi les propriétés qui disparaissent du fait de la manipulation chimique, il en est une que le D" René Laroche a bien mis er évidence dans sa thèse (Paris, 4927). Etudiant l’action des divers purgatifs sur l'intestin des rats, il employa dans l’une de ses

per

expériences l'extrait cytoplasmique du Laminaria Flexicaulis, préparé selon les indications du D'Chamagne.

Il vit que cette substance, à l’instar de l'agar-agar, provoquait une abondante hypersécrétion des éléments muqueux et glandulaires de l'intestin du rat, et qu'elle agissait comme un eccoprotique ou exonérateur simple. Donc action en tout point semblable à celle de l’agar-agar et qui nous permettrait, si nous le voulions, de nous débarrasser de l’emprise de l'étranger pour l’obtention de cette substance, la flore algologique française étant suffisamment riche pour couvrir amplement tous nos besoins et même ceux de nos voisins. \

L’agar-agar d'origine japonaise provient en effet du gelidium corneum : elle a une action stimulante et régulatrice sur les fonctions du gros intestin. Chinois et Japonais, grâce à cette substance ignorent la constipation, car ils en font un emploi journalier dans leur alimentation. Cependant la propriété de l'agar-agar ou de l'extrait de Laminaria Flexicaulis employé par certaines maisons de spécialités, devient illusoire quand elle est renforcée par celle de violents purgatifs, comme l’aloès, aux défauts desquels l’agar-agar et l’extrait de laminaire devaient obvier.

Cette diminution de l'activité antirachitique du stérol marin, nous amena à irradier cette substance, qui était déjà naturellement irradiée, du fait de

l'action douce et continue des rayons solaires, Nous

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avions eu jusqu ici une constance absolue dans tous nos résultats, les extraits cytoplasmiques et liposolubles, de même que ce stérol, s'étant toujours montrés égaux à eux-mêmes, et leur propriété antirachitique ne se dégradant pas avec le temps. En introduisant ce nouveau facteur, irradiation artificielle, nous ne fûmes nullement surpris, alors, de constater exactement les mêmes résultats que ceux obtenus avec l’ergostérine tirée de la levure de bière.

C’est ainsi qu'on nota un optimum d’action pour 8 heures d'irradiation par la lampe à mercure. Et à partir de 52 heures d’exposition devant cette source d’ultra-violets, l’activité antirachitique semblait être

complètement anéantie.

Nos résultats peuvent donc se juxtaposer presque absolument à ceux obtenus par exemple par Hottinger de Bâle et publiés par lui dans le Zeztschrifft für Kinderheilkunde. Band 44. Heft 3/4.

Mais il est une chose excessivement intéressante à remarquer. C’est que l’optimum d'irradiation pour l’ergostérine de levure est de 12 heures, alors que celle de notre stérol marin, activé naturellement par la lumière douce et continue du soleil, tamisée par une assez grande épaisseur d'eau de

mer, puis soumis ensuite à l’action brutale d'une

lampe à vapeur de mercure est de 8 heures. Ce qui semblerait dire que le stérol marin a emmagasiné normalement une activité antirachitique correspondant à 4 heures d'irradiation à la lumière ultra-violette artificielle. De même, il y a une différence de

R. Piet-Lataudrie 3

quatre heures sur la disparition du pouvoir antirachitique entre les deux substances.

Nous avons consigné dans le tableau suivant le résultat de nos expériences personnelles effectuées uniquement avec le stérol d’algues, éliminant ceux obtenus avec l'extrait cytoplasmique et liposoluble, pour la clarté du tableau, et nous mettons en regard certains des résultats obtenus par Hottinger, et publiés, comme nous l’avons dit plus haut, dans Zeüschrifft für Kinderheilkunde. On remarquera que nous avons employé le stérol marin en solution huileuse, considérablement plus étendue que lors de notre première expérience, à cause de J'augmentation d’activité extrêmement importante de, notre produit : d'autre part, nous avons fait des dilutions exactement semblables à celles faites par Hottinger, de manière à pouvoir mieux comparer les résultats.

En résumé, l’action antirachitique de l’algue irradiée tant naturellement que d’une manière artificielle, tant dans ses formes extrait cytoplasmique et liposoluble que algostérine, est ainsi nettement démontrée.

Nous devons à l'obligeance de la Société Industrielle des Dérivés Organiques (S.1.D.0.), qui a bien voulu mettre à notre disposition les ressources de ses Laboratoires de recherches de La Rochelle, le cytoplasma, le liposoluble et lalgostérine qui ont servi à nos essais. Nous tenons à l’en remer-

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