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Chez le veau N° 5, la dypnsée est énorme. Nous enregistrons jusqu’à 120 respirations à la minute. Les naseaux sont démesurément dilatés, mais l'appétit est conservé. Nous sommes frappés sur ce sujet, plus particulièrement, par un signe important que nous retrouverons par la suite chez tous les veaux : l’élargissement démesuré du cercle de l’hypocondre. Vu par derrière, l’animal paraît avoir un ventre énorme. Nous attribuons ce signe à l’emphysème pulmonaire très net dans la partie postérieure du poumon. t
Sur l’insistance du propriétaire et malgré nous, nous tuberculinons les cinq malades par intra-dermo, nous réservant d’examiner huit autres veaux du même âge encore au pâturage. Avant de partir, nous prélevons un peu de mucus, d’ailleurs très peu abondant, dans les naseaux de deux veaux, et une certaine quantité d’excré- : ments. L'examen microscopique direct ne donne rien pour le mucus. Dans les matières, nous décelons seulement quelques œufs de douves.
Le 23 Septembre, comme nous l’avions prévu, la tuberculinisation n’a donné aucune réaction. Le veau N° 5 est agonisant. Chez les veaux N°° 1, 2, 3, 4, aucun changement notable n’est survenu. La température oscille entre 39,2 et 40° et l’auscultation donne toujours les mêmes signes ; les râles cependant se sont encore déplacés pour la plupart.
Les huit autres veaux qui étaient au pâturage à notre
première visite présentent aussi de la toux et des signes
de bronchite, peut-être moins accentués que chez les autres malades. Nous procédons (après prélèvement de muceus et d’execréments) à un nouvel examen microscopique qui est encore négatif. Malgré de fortes présomptions de strongylose pulmonaire, le diagnostic ne saurait être nettement déterminé. Nous instituons cependant un traitement d’attente : révulsion sur le thorax par applications et frictions sinapisées, kermès dans la ration alimentaire et fumigations de goudron à l’étable.
Le 25 Septembre, 48 heures après, le veau N° 5 meurt « comme étouffé », selon l’expression du propriétaire.
AUTOPSIE. — L’autopsie pratiquée sur le champ, quelques heures à peine après la mort, montre des lésions gastro-intestinales légères, mais une inflammation intense de la muqueuse bronchique. Il y a un emphysème pulmonaire général, mais surtout très net dans les parties postérieures ; la partie antérieure, plus atteinte, présente une hépatisation avec nodules d’aspect pseudo-tuberculeux ; le poumon ne s’affaisse pas. La trachée est spumeuse, bourrée de strongles mêlés à des mucosités sanguinolentes. Les grosses bronches et les divisions bronchiques moyennes sont, elles aussi, obstruées par des pelotons de parasites plus ou moins volumineux, tassés, agglomérés comme du vermicelle. L'examen microscopique permet de reconnaître le Strongylus micurus (ou Dictyocaulus viviparus); mais le prélèvement de mucosités dans les petites bronches et
dans les dernières ramifications des bronchioles, reste