‹ Contribution à l'étude des Suppurations intra-encéphaliques à méningocoquesChapitre 2 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis le début du siècle passé où l’étude de la méningite cérébro-spinale à méningocoques est entrée dans une phase scientifique, et surtout depuis le magnifique essor de la bactériologie moderne, cette malad#e a donné lieu à un nombre considérable de travaux, qui en ont fait l’une des affections les mieux connues et nous ont pourvus d’une arme efficace pour la combattre en nous munissant des sérums antiméningococciques. |

Néanmoins l’analyse des observations recueillies se continue toujours et de nouvelles notions viennent ainsi s’ajouter aux autres. Parmi celles-ci il en est une sur laquelle l’attention mérite d’être attirée plus particulièrement et dont nous pouvons donner une observation originale, présentant plus d’un point intéressant, grâce à l’obligeance de M. le professeur-agrégé Savy : il s’agit des suppurations intra-encéphaliques à méningocoques. Mais ces suppurations sont d'ordre divers et d'intérêt variable.

Le pus peut se localiser soit dans les ventricules cérébraux, ce qui est de beaucoup le plus fréquent, soit dans la substance cérébrale elle-même. Dans le premier cas, il s’agit d’une épendymite suppurée et, dans le second, d’un abcès cérébral. |

L’épendymite suppurée, à son tour, comprend des faits très distincts au point de vue clinique. En effet, la méningite cérébro-spinale s'accompagne, en règle générale,

d’épendymite à la période aiguë de son évolution ; Netter

RON et Debré ne décrivent-ils pas les lésions des ventricules cérébraux parmi celles rencontrées habituellement au cours des autopsies ? Mais le plus souvent, la coexistence de méningite, la rapidité d’évolution, la persistance de la communication entre les ventricules et les espaces sousarachnoïdiens, font que le syndrome épendymaire n’est pas pur. Il évolue en même temps que le syndrome méningé, mais il ne se manifeste qu'à l’état d’ébauche, de telle sorte que le diagnostic d’épendymite ne peut être fait pratiquement, à peine peut-il être soupçonné quelquefois, et la guérison s'obtient avec la méthode classique des injections intra-rachidiennes.

A côté de ces cas il en existe une série, d'importance numérique bien moindre, mais qu’il n’en est pas moins aussi indispensable de connaître, dans lesquels la présence de pus à l’intérieur des cavités ventriculaires donne lieu, par suite le plus souvent de cloisonnement, à un tableau clinique particulier, comme nous le verrons ultérieurement, qui permet un diagnostic précis et commande une thérapeutique spéciale. D’autre part ces épendymites suppurées accompagnent la méningite cérébro-spinale ou surviennent lorsque celle-ci est guérie ou en voie de guérison. Nous insisterons surtout sur cette dernière forme, en nous basant sur l’observation de M. Savy. Nous laisserons de côté l’épendymite suppurée banale latente, accompagnant habituellement Ia méningite, ainsi que l'épendymite séreuse, sans pus, et nous décrirons en deux

chapitres distincts, pour plus de clarté :

1° L’ÉPENDYMITE SUPPURÉE A MÉNINGOCOQUES ;

2° L’ABCÈS CÉRÉBRAL A MÉNINGOCOQUES.

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