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Peu à peu, cependant, les symptômes s'amendent, et le malade entre en convalescence. Il quitte l'hôpital à la fin septembre.
2° PÉRIODE INTERCALAIRE (trois mois).
Pendant plus de trois mois : octobre, novembre, décembre, et première moitié de janvier, X.. paraît complètement guéri de sa méningite. Il sort quotidiennement, ‘essaye même de reprendre ses affaires commerciales et ne se plaint que d'une légère dépression générale pour laquelle il va passer quelque temps dans le Midi. Sa famille et ses amis ne s’aperçoivent que d’un certain état de demi-somnolence, d'ailleurs peu accentué.
8° PÉRIODE DE LOCALISATION CÉRÉBRALE (un mois). .. Vers le 15 janvier brusquement, dans la rue, le malade se sent pris d'un malaise général avec sensation de froid, nausées, maux de tête. Il rentre précipitamment chez lui se croyant atteint de grippe. A l'examen, on constate les symptômes suivants
1° Une température sub-fébrile atteignant 38°1 le premier jour, et se maintenant entre 37 et 38° les jours suivants. 2° Une grande faiblesse, sans symptômes paralytiques; pas de signe de Babinski, légère raideur, mais pas de symptômes méningés à proprement parler. Les réflexes rotuliens sont vifs.
3° Un état de somnolence sans perte de connaissance; le malade répond bien aux questions. Il accuse une sensation de lourdeur de tête, sans localisation précise et sans céphalée violente. La marche est difficile en raison de l'état de faiblesse et de quelques vertiges.
4° On note enfin des vomissements assez fréquents, du type cérébral, se produisant sans efforts, et un ralentissement du pouls qui bat à 52.
Une légère amélioration se produit au bout de queiques jours, lorsque, vers le 10 février, les symptômes s’accentuent de nouveau : céphalée, nausées et vomissements, ralentissement du pouls. Enfin, le 12 février dans la soirée, apparaît une hémiparésie gauche, prédominant du côté de la face et du membre supérieur. La ponction lombaire pratiquée par le Docteur Bériel ne montre pas d'hypertension notable au mano-
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mètre de Claude et le liquide céphalo-rachidien est clair. Pas de lésions apparentes à l'examen du fond de l'œil.
En présence de ces symptômes, on pense à une collection suppurée, séquelle de la méningite cérébro-spinale, située au voisinage de la région de Rolando à droite, mais à distance, probablement dans le lobe frontal.
On décide une intervention d'urgence, pratiquée par le Docteur Delore, le 14 février
Trépanation dans la région temporo-pariétale droite. Pour pouvoir aborder plus facilement l'abcès, on trace un orifice de trépanation de la largeur d'un doigt, horizontalement, sur une longueur d'environ six centimètres, la partie antérieure aboutissant à la racine des cheveux sur le front, l'extrémité postérieure située à peu près à un centimètre au-dessus du pavillon de l'oreille. Sur l'indication des médecins, et après avoir mis la dure-mère à nu, on fait une ponction avec une longue aiguille trocart, qui est enfoncée à 8 ou 10 centimètres de profondeur, obliquement en avant, et de dehors en dedans. En somme on pratique une ponction de l'extrémité antérieure de la trépanation, dans la direction de la corne frontale du ventricule latéral. À ce moment, l'extrémité de l'aiguille paraît libre dans une cavité assez large ; le trocart est retiré et il s'écoule du pus très épais. Sur l'aiguille, comme directrice, on incise la dure-mère et le tissu cérébral avee un bistouri ; la cavité laisse échapper un bon verre à liqueur de pus. Un drain est alors introduit dans la cavité purulente et l'aiguille retirée. Il semble bien que la cavité purulente était située dans la
corne frontale du ventricule latéral.
4° PÉRIODE DE GUÉRISON (trois mois).
Les suites opératoires sont remarquablement simples, avec absence complète de température. Le drain est retiré au bout de sept jours sans avoir presque donné de pus. Le malade se rétablit complètement, sa plaie est cicatrisée au bout d'un mois. Il se déclare guéri, ne se plaint de rien, mange beaucoup et reprend du poids et des forces. Il fait même chaque jour plusieurs kilomètres à pied. L'intelligence est absolument normale, l’état de somnolence et le ralentissement du pouls ont complètement disparu.
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5° PÉRIODE DES CRISES ÉPILEPTIQUES (deux mois).
Le 14 mai 1920, c’est-à-dire après une période de trois mois depuis l'intervention, le malade, par un jour de forte chaleur, ayant bu un verre de vin blanc, tombe brusquement à terre dans la rue, présente quelques mouvements convulsifs et perd connaissance.
Le lendemain, l’état était revenu normal, et pendant un mois encore X. présente les apparences d’une santé parfaite.
Subitement, le 14 juin, après une période de 48 heures au cours de laquelle le malade était redevenu sombre et se plaignait d’une reprise des maux de tête, il présente des crises épueptiformes subintrantes, avec perte de connaissance absolue pendant deux jours. Au sortir de cette période, une hémiparésie gauche s'installa progressivement, le malade tomba dans un état de somnolence et d’indifférence complète, sans température ; la faiblesse s’accentua peu à peu, l'appétit disparut; le malade ne se plaignait que de lourdeurs de tête.
La mort survint le 29 juillet, sans nouvelles crises épileptiformes.
Examen du pus retiré lors de l'intervention :
Le pus retiré le 14 février fut envoyé au Laboratoire de médecine expérimentale de la Faculté pour être analysé. Voici la réponse donnée :
Il s'agit d'un liquide purulent, très hématique et déjà coaz gulé en partie : l'examen, après coloration à l'hématéineéosine et au bleu de méthylène, y montre de très nombreux globules rouges, des filaments fibrineux abondants, des leucocytes, polynucléaires à peu près exclusivement, assez altérés : On voit à l'intérieur des globules blancs et libres dans le liquide de très nombreux cocci, ne gardant pas le Gram, se présentant sous forme de diplocoques en grains de café accolés par leur hile, ou isolés, ou en petits amas; pas de chaïinettes. La culture est très impure, en raison des conditions de récep= tion du liquide, et on ne peut en retirer des conclusions. Mais, l’origine du pus, les caractères morphologiques et les affinités colorantes des cocci trouvés dans le pus, permettent d'affirmer qu'il s’agit très probablement de méningocoques.