‹ Contribution à l'étude des Suppurations intra-encéphaliques à méningocoquesChapitre 23 sur 32 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Méningite cérébro-spinale aiguë propagée aux ventricules latéraux. Ependymite et choroïidite aiguës suppurées. Méningite basilaire en voie de quérison. — Mort. (M. F. Ramond, Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 17 mars 1916.)

Un jeune soldat de 23 ans nous arrive au troisième jour d'une méningite cérébro-spinale à méningocoques, avec tout son cortège classique de symptômes. Nous injectons tous les jours, par ponction lombaire, et pendant quatre jours, les hautes doses de sérum antiméningococcique, le liquide céphalo-rachidien s’éclaircit et la température tombe à 37°.

On pouvait croire la partie gagnée; il n’en était rien, malheureusement; après trente-six heures d’apyrexie, la température remonta rapidement, et les accidents cliniques réapparurent avec intensité. Le sérum, injecté à nouveau, n'amend aucune amélioration; le malade fut repris d’une céphalée intense, puis de délire violent, avec opisthotonos, raideur de la nuque, rétention d'urine, incontinence fécale. La mort survint huit jours après; mais huit heures auparavant, nous avions injecté dans l'espace sous-arachnoïdien 5 centigrammes de bleu de méthylène, incorporé au sérum curateur.

L’autopsie prouva que la méningite cérébro-spinale était à peu près guérie; à peine rencontrait-on quelques lambeaux fibrineux au niveau du chiasma et du vermis inférieur. Mais l'ouverture du cerveau révéla l'existence d'une ventriculite aiguë : présence de liquide abondant et louche dans tous les ventricules, épendyme recouvert d’une couche fibrino-purulente assez épaisse, plexus choroïdes aplatis et décolorés.

Le bleu de méthylène colorait tout l’espace sous-arachnoïdien et respectait complètement l’espace central ventriculaire; il n’y avait donc plus de communication réciproque entre ces deux confluents; les ventricules, ne pouvant plus recevoir le sérum curateur, avaient continué leur inflammation propre, cause de la mort de notre malade.

PCA

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