‹ Contribution à l'étude des suppurations pulmonaires non tuberculeuses et en particulier de leur traitement chirurgicalChapitre 25 sur 92 · VUE D’ENSEMBLE SUR LES LESIONS DES SUPPURATIONS AIGUES · texte numérisé non relu

VUE D’ENSEMBLE SUR LES LESIONS DES SUPPURATIONS AIGUES

Si nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur l’anatomie des suppurations aiguës nous voyons :

1° Qu'aussi bien les suppurations putrides et les suppurations simbles sont caractérisées surtout par des lésions infiltrantes, suppuratives ou nécrotiques qui détruisent le parenchyme pulmonaire et peuvent aboutir à sa fonte totale et à la constitution d’une cavité. Ce sont bien là des suppurations liquéfiantes et destructives qui, parties de l’alvéolite suppurée ou nécrotique, aboutissent à l’excavation parenchymateuse.

2° Que lorsque le processus destructif & atteint un certain degré et tend à se limiter comme c’est le cas dans les abcès putrides et les abcès simples, les lésions fibro-vasculaires prennent une grosse importance et l’on retrouve du collagène et des néo-vaisseaux un peu partout : tout contre la lumière cavitaire où il forme une membrane pyogénique plus ou moins nette, autour des axes vasculo-bronchiques, enfin autour des alvéoles et dans les alvéoles.

ER

Ces lésions fibro-vasculaires sont constantes ; elles ne diffèrent en rien du processus fibro-vasculaire qui apparaît régulièrement autour d’un abcès de l’économie quel qu’il soit. Il faut y voir un processus en rapport avec l’arrêt de l’évolution extensive, en rapport avec les phénomènes réparateurs qui vont alors commencer et qui sont essentiellement vasculaires et conjonctifs. Ce collagène et ces néo-formations capillaires que l’on trouve dans la paroi cavitaire, qu’elle soit putride ou simple, sont le point de départ du bourgeonnement de cette paroi. Si comme le veulent Bezançon et ses élèves, Léon Kindberg et Kourilsky, la sclérose est beaucoup plus marquée lorsque les spirochètes sont en cause, il n’en reste pas moins que cette fibrose se retrouve à quel que degré que ce soit dans tous les abcès pulmonaires ; qu’elle y est en rapport avec des néo-formations vasculaires et que l’ensemble est en rapport avec un « effort de cicatrisation ».

Si les circonstances (bon drainage, affaissement possible) le permettent, la réaction fibro-vasculaire « remplira son but » et la guérison de la suppuration aiguë qui avait infiltré, liquéfié et détruit, sera réalisée. (Nous étudierons ce processus en détail au chapitre « guérison »).

Si les circonstances et c’est le cas pour nombre d’abcès du poumon (mauvais drainage, persistance de l'affection, affaissement impossible) ne le permettent pas les lésions vont devenir chroniques. Le processus fibro-vasculaire qui n’est pas suivi de cicatrisation s’exagère. Il aboutira progressivement à la constitution de la sclérose intense qui caractérise les suppurations chroniques.

B. -__ Les suppurations chroniques

Comme nous l’avons indiqué dans notre classification nous n’étudierons qu’une seule forme de suppuration chronique.

En terminant nous insisterons sur l'intérêt qu’il y a par contre à distinguer du point de vue thérapeutique des suppurations chroniques récentes et des suppurations chroniques invétérées.

Page 1