C. __ DILATATION DES BRONCHES
Le plus souvent, la simple radiographie ne permet pas de poser le diagnostic de dilatation bronchique (1). Parfois l’image radiologique est absolument normale ; d’autres fois on n’observe qu’un renforcement des traînées broncho-vasculaires ; d’autres fois, il existe. des opacités et des clartés irrégulières qu’il faut se garder d’interpréter comme Sergent l’a bien montré. Un radio-lipiodol seul peut permettre d’affirmer une dilatation bronchique ; il la révèle souvent ; c’est le « crucial test >» (Hedblom).
Le radio-lipiodol met en évidence les dilatations cylindriques par des images en doigts de gant, en régime de bananes, les dilatations moniliformes par des images en chapelets, les dilatations sacciformes ou ampullaires par des images en grappe de raisin, nids de pigeon, etc.
La plupart de ces images sont caractéristiques. Cependant : 1° les images cylindriques peuvent être à la limite de la dilatation. Bonamour, Badolle et Gaillard ont étudié ces images. Lorsque les alvéoles s’injectent mal ou pas du tout (aspect d’arbre mort), lorsque les ima-
( Avant l’utilisation de l’exploration lipiodolée on avait cherché à décrire des signes radiologiques de dilatations bronchiques. Ameuille avait décrit des images en rosettes, des images en rayons de ruche, des images annulaires avec renforcement des coulées bronchiques. Dans un article récent, Bordet estime encore que lorsqu’il « existe une visibilité plus grande des coulées brenchiques avec de-ci, de-là des nids d’images annulaires rappelant en plus grand celles des sections bronchiques, il y a toute chance pour ne pas se tromper ». Hartoung, enfin, pense que dans 60 % des cas le diagnostic est possible sur des clichés simples.
ges bronchiques se dessinent en creux ils parlent de dilatation bronchique et ils apprécient cette dilatation par une mensuration rigoureuse au mm. des calibres bronchiques. Après Sergent, Bezançon et Azoulay nous pensons qu’il faut rejeter l’opinion de ces auteurs. Pour pouvoir dire dilatation bronchique, il faut que l’on puisse lire sur le film une dilatation manifeste.
2° Les images en nid de pigeon, cuvette etc., peuvent reconnaître d'autres origines. Une bronche coudée par la sclérose ou saisie par des rayons parallèles, une poche emphysémateuse peuvent donner la même image. Cependant la confusion n’est possible que si l’image est unique. Lorsqu'elle est multiple ces causes d’interprétation erronée disparaissent.
Il nous semble qu’une autre cause d’erreur importante est l’abcès du poumon chronique. Nous avons déjà indiqué nos cas d’abcès chroniques injectés par le lipiodol. Ce qui doit être considéré comme Paspect vraiment caractéristique de bronchiectasie, ce sont des images cavitaires en cupule multiples et régulièrement disposées.
Les bronchiectasies peuvent parfois revêtir un aspect radiologique particulier pseudo-pleurétique.
En 1927, Rist, Jacob et Trocmé ont attiré l’attention sur ces images. Ils rapportent 7 observations de suppurations pulmonaires où la radiographie montrait simplement une opacité en équerre de pleurésie médiastine et où une injection de lipiodol mit en évidence des dilatations bronchiques. A leur tour, Sergent et Bordet, Tapie et Sorel, Gendron et Levesque, Leund et Carrare apportent des cas semblables. Rist, Jacob et Trocmé interprètent cette ombre comme une pleurésie adhésive ou même une pleurésie avec épanchement ; ils émettent aussi la possibilité de sa nature parenchymateuse. Bezançon et ses collaborateurs ont nettement prouvé en 1929 cette nature parenchymateuse en rapportant deux cas où l’opacité était apparue et avait disparu en même temps que la bronchiectasie subissait une poussée infectieuse. Cette ombre médiastine en équerre traduit donc bien une spléno-pneumonie de voisinage.
À vrai dire elle n’est que le cas particulier le mieux connu des états spléno-pneumoniques qui peuvent compliquer la dilatation des bronches. Nous avons vu personnellement un cas de spléno-pneumonie de tout le lobe inférieur dans une bronchiectasie compliquée du lobe inférieur (Obs. 40).