XI. — Traitement
1° Les processus de guérison spontanée dans les suppurations parenchymateuses sont : d’une part l’aseptisation du foyer par la victoire de l’organisme sur l’agent pathogène et par le drainage bronchique ; d'autre part la cicatrisation qui est conjonctive avec disparition de la cavité ou épithéliale avec persistance de la cavité et qui peut être dans les deux cas facilitée par un processus physiologique de sclérose rétractile.
2° Dans les bronchiectasies les lésions sont inguérissables et nécessitent en principe, pour guérir, une exérèse radicale. Mais les troubles fonctionnels et généraux qu’entraînent ces lésions peuvent dans certains cas (bronchiectasies simples) être améliorés ou guéris sans exérèse (affaissement).
Par conséquent, aussi bien aux suppurations parenchymateuses et aux bronchiectasies on opposera d’une part des thérapeutiques conservatrices représentées par les méthodes médicales, les méthodes de drainage et les méthodes d’affaissement ; d’autre part, les méthodes d’éxérèse.
3° En outre, les indications thérapeutiques reposent sur un certain nombre de directives dont deux sont capitales : l’ancienneté et le siège des lésions.
En conséquence, les suppurations pulmonaires et les thérapeutiques se groupent de la façon suivante :
Dans les suppurations aiguës, se tenir d’abord dans l’expectative médicale (traitement médicamenteux). Si laggravation se poursuit irrémédiable, ou si l’évolution atteint sans s’améliorer les environs du 60° jour, on doit en venir à des interventions actives : bronchoscopie d’abord, pneumotomie le plus souvent, phrénicectomie dans les lésions de la base, pneumothorax dans les lésions hilaires.
Dans les suppurations chroniques récentes : bronchoscopie et parfois pneumotomie, mais souvent méthodes d’affaissements. Celles-ci ont croyons-nous trop de tendance à être actuellement abandonnées, on oppose radicalement les suppurations aiguës où un traitement conservateur agit aux suppurations chroniques où l’exérèse s'impose.
De nos observations, nous paraît s’isoler une catégorie intermédiaire de suppurations chroniques récentes où le drainage étant le plus souvent suffisant et l’infection réduite, un affaissement vient à
point pour mettre la lésion au repos et permettre à la sclérose rétractile de jouer avec profit.
Dans les suppurations chroniques invétérées et dans les bronchiectasies compliquées, le seul traitement est l’éxérèse par pneumectomie fragmentaire progressive précédée et aidée par des thérapeutiques adjuvantes ou palliatives : bronchoscopie et phrénicectomie.
Dans les bronchiectasies simples enfin, on a le choix entre les méthodes d’affaissement, pneumothorax, phrénicectomie et thoracoplastie (technique de Hedblom) et l’exérèse par lobectomie (technique de Brunn, de Sauerbruch et de Zaaïjer-Coryllos. Les premières, méritent peut-être actuellement d’être le plus souvent utilisées surtout chez l’enfant.
L'amélioration des résultats thérapeutiques doit être recherchée beaucoup plus dans la précision et la précocité des indications thérapeutiques que dans le perfectionnement de la technique.
Vu : Le Président :