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CHAPITRE I

Etude Clinique

L'étude des complications pleuro-pulmonaires de la grippe nous à montré que dans ces formes respiratoires toutes les parties de l'arbre aérien pouvaient être touchées et que la grippe pouvait y provoquer tous les accidents inflammatoires possibles, de la bronchite à la broncho-pneumonie, de la congestion pulmonaire à la pneumonie, de la pleurésie sèche à la pleurésie purulente. Certains cas observés se sont même traduits par de

l'ædème ou de la gangrène pulmonaire,

Nous avons déjà insisté sur la diversité de la symptomatologie souvent frusté de ces complications, nous avons déjà montré combien leur évolution était souvent anormale, el ce sont précisément ces anomalies sur lesquelles nous avons voulu attirer l'attention.

Parmi toutes ces complications respiratoires, un cer-

lain nombre seulement nous intéressent ici, ce sont celles qui peuvent débuter par un point de côté suffisamment

intense, chez des malades dont les prodromes grippaux ‘ont pu passer inaperçus. 1

Or, ces complications sont encore assez nombreuses. Dans un article paru en 1919 (1) sur les principales formes pulmonaires de la grippe, 75 cas observés par M. Moutier comprennent :

24 bronchites généralisées ;

15 congestions pulmonaires ;

2 œdèmes aigus ;

934 broncho-pneumonies.

Ce sont ces broncho-pneumonies, et surtout ces congestions UE EDR ces fluxions de poitrine pouvant aller jusqu'à la splénisation et chez lesquelles la plèvre est souvent, sinon toujours {ouchée, que nous aurons en vue dans cefte étude succincte. ”

François Moutier, décrivant l'évolution de la grippe, dit ceci : « La grippe est une maladie cyclique et l’on ne peut s'empêcher de lui comparer la courbe classique de la pneumonie banale. Elle est essentiellement caractérisée par une poussée violente, une défervescence au troisième jour, enfin une reprise (2). La seconde partie du cycle grippal, succédant ainsi à une véritable accalmie traîtresse, dure en moyenne quatre jours. Îl est particulièrement important d’être familiarisé :avec la période sournoise du début, car c’est au quatrième jour des grippes ignorées que se prononcent les formes toxi-infectiouses graves, »

(1) Francois Moutier. La grippe : ses formes PU Ga zette des Hôpitaux, mars 1919.

(2) Signalée par le Professeur Teissier et son élève Menu : thèse de Lyon 189,2.

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C'est bien, en effet, vers le troisième ou le, quatrième jour que l’on voit apparaître les congestions pulmonaires grippales, soit qu'elles se présentent sous la forme de la congestion pulmonaire de Woillez, soit sous la forme de congestions pleuro-pulmonaires et de fluxions de poitrine, les plus fréquentes ; ce sont ces dernières dont nous nous occuperons plus spécialement ici. ;

Ces congestions pulmonaires peuvent encore se présenter sous une troisième forme, caractérisée par la splénisation, celle-ci étant généralement accompagnée de réaction cortico-pleurale, et cette forme entre également dans notre étude. Son diagnostic rapide est a’autant plus important qu'elle a une évolution souvent fatale, quand on intervient trop tardivement,

Par contre, nous n'aurons pas à envisager les cas de cette congestion aiguë massive et brutale, qui frappe la totalité des deux poumons et entraîne la mort en trois ou quatre jours.

Puisque nous considérons en particulier les fluxions de poitrine, il nous à paru intéressant de rappeler ici rapidement ce qu’en pensait Dupré, puis Grasset, lorsqu'ils les étudièrent, le premier en 1860, le second en 1874.

« La fluxion de poitrine, dit Dupré (1) (qui, du reste, est le premier à appeler ainsi cette forme de congeslion), est une affection catarrhale. » Et par calarrhe, il donne la descriplion de ce qu'on appelle actuellement la grippe. Il dit, du reste, plus loin, que cette affection catarrhale s'est également appelée grippe ou influenza.

(1) Dupré, Montpellier médical, 1860. T. IV, p. 1. Considérations cliniques sur les flurions de poitrine de nature catarrhale.

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Il insiste particulièrement sur cerlains signes permettant de dépister cette fluxion de poitrine et, en particulier, la fréquence du pouls et sa pelitesse, la présence de douleurs musculaires, Lui aussi parle de cette période prodromique pouvant passer inapérçue, l'existence de cette période élant un caractère que le diagnostic ne saurait négliger sans dommage.

Analysant les symptômes fonctionnels, il passe en revue successivement :

La toux, qui peut manquer et est souvent en rapport avec la douleur.

La douleur, chez certains malades d'une acuité extrême et telle que les moindres mouvements du tronc, les plus faibles inspirations, la percussion la plus légère el même la moindre pression provoque d’inexpressibles angoisses. (C’est bien là l’hyperesthésie cutanée, sur laquelle nous aurons à revenir plus loin.)

Les douleurs de ce genre, ajoute-t-il, n'appartiennent pas seulement à la plèvre, les fluxions envahissant les parois du thorax ou les bronches capillaires la présentent quelquefois au même degré. Son intensité tient à la nature de la maladie. Elle est étendue et mobile à la fois.

Et il conclut en disant que «la dominance des phénoimènes généraux, de quelques symptômes nerveux, des sympathies qui s'éveillent ou s’'exagèrent, rendent la latence organique infiniment commune. »

Grasset (1) présente un certain nombre d'observations

{1 Grasset. Montpellier médical, 1874. p. 214 et 295. Etude clinique sur les fluxions de poitrine de nature catarrhale.

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