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de fluxion de poitrine d'origine calarrhale (nous dirons grippale).
Ces observations (V, VII, VIH) ne rentrent pas dans le tableau classique des affections de poitrine.
Il décrit les prodromes, qui sont en somme des prodromes grippaux :
Le malade présente tout d’abord un peu d'angine, du coryza, une très légère affection, apyrétique parfois, qui ne le fera pas interrompre ses occupations, qu'il ne se rappelle même que difficilement plus tard, quand son attention y sera ramenée.
Entré au deuxième ou au troisième jour de la maladie, les matades disent en général qu'ils souffrent de partout, ils sont courbaturés. Dans l’observation V, le malade se plaint de toute la poitrine, surtout du creux de l'estomac, avec de la fièvre, une mauvaise figure. On reste deux jours indécis sur le diagnostic.
Grasset à noté des frissons superficiels, des nausées, des vomissements, souvent de la constipation, alors ensuile apparaît la fluxion.
Il insiste lui aussi sur la latente fréquente des fluxions de poitrine compliquant une maladie antérieure.
Dans l'observation VII, une pneumonie catarrhale (nous dirons toujours grippale) n'a été diagnostiquée qu'au dixième jour.
Dans l'observation IX, on fait le diagnostic la veille de 1 mort du malade, alors que l’aulopsie révélera une lé- Sion pulmonaire d'un âge déjà avancé. |
A côté de ces congestions pleuro-pulmonaires aiguës, nous devons signaler ici certaines formes de pleurésies
Loge
purulentes grippales à streplocoques, évoluant comme une affection qui semble primitive, la lésion infectieuse pulmonaire ayant passé pour ainài dire inaperçue. Et si celte pleurésie est diaphragmatique, on peut avoir, dans ce cas, ce qu'on à appelé la forme phréno-péritonéale, ce qui égare le diagnostic dans le sens de cholécystile, d’appendicite, de perforation d’un ulcus ou même d’obstruction intestinale.
Passons-en rapidement les symplômes en revue, tels qu'ils ont été décrits par M. Courcoux (1) : « Le début est. brusque, subit, avec douleur abdominale, nausées, vomissements. La douleur occupe tout, l'abdomen, ou est localisée soit dans la région vésiculaire, soit dans l’épigastre, soit dans les fosses iliaques, surtout à droite. Comme on trouve de l’hyperesthésie cutanée dans ces régions, une contracture intense, qu'il y a des vomissements, de la fièvre, on porte le diagnostic d'affection abdominale.
L'hésitation peut durer et ce n’est que par une étude très fouillée des divers symptômes et de leur évolution qu'on peut arriver à fixer un diagnostic. »
Qu'il s'agisse de congestion pulmonaire, pleuro-pulmonaire ou de pleurésie purulente, pour que le diagnostic soit difficile deux conditions sont indispensables : 1° la grippe est méconnue ; 2° Les complications pleuro-pulmonaires sont ignorées, parce que latentes.
(1) Courcoux. Article Pleurésies enkystées, p. 225. Appareil respiratoire, T. II. Traité de pathologie médicale. Sergent, Ribadeau- Dumas, Babonneix.
1° Nous avons déjà dit que l'infection grippale avait une allure souvent insidieuse, que la période de débui pouvait passer complètement inaperçue, el nous avons montré comment, au quatrième jour, on pouvait se lrouver devant un accident aigu sans soupçonner l'infection causale. Dans le prochain chapitre, nous verrons précisément comment on peut arriver à dépister cette grippe latente, et quels en sont les signes parfois très délicats à saisir qui la décèleront et montreront qu'elle est bien la . coupable ;
2° D'autre part, les lésions pleuro-pulmonaires peuvent-elles passer inaperçues ?
Nous verrons qu'il existe des cas où les signes physiques et fonctionnels d'une complicalion pleuro-pulmopaire peuvent manquer, au moins pendant un certain temps.
En effet, si nous nous en référons aux auteurs qui ont étudié particulièrement la dernière épidémie de srippe et ses manifestations pulmonaires (1) et d'accord avec eux d'après les différents cas de grippes compliquées que nous avons pu voir, -—le début de ces manifeslations est très souvent insidieux, quant aux symplômes les révélant, et en même temps se caractérise par sa brusquerie et l'intensité avec laquelle l'organisme parait souvent atteint.
(1) Jacquet. La grippe à Bourges, thèse Paris 1920.
Würtz et Bezançon. Bul. de l'Acad. de médecine, octobre 1918.
Rathery, Manifestations pulmonaires au cours de La grippe. Paris Médical, mars 1919.
Lereboullet, Grippe en 1918, Paris Médical, 1919. etc., etc...
Il résulte de ce que nous venons de voir que l’on peut se trouver en présence d'un malade grave, chez lequel on ne (trouve pas traces de lésions pleuro-pulmonaires, et chez lequel la grippe est méconnue. e
Ajoutons à ces deux négations une réaction douloureuse abdominale accompagnée d'hyperesthésie culanée marquée, un facies grippé qu'on pourrait prendre pour un facies péritonéal, un pouls hvpotendu, parfois rapide el dissocié par rapport à la température, ef voilà tout naturellement le diagnostic aiguillé vers une affection aiguë abdominale,
Ainsi les signes fonctionnels et les signes physiques indiquant que le poumon ou la plèvre sont touchés peuvent manquer ou sont difficiles à reconnaître. Quand ils existent, quels sont-ils: ?
Il s’agit, bien entendu, toujours de cas où le symptôme point de côté douloureux est bas situé.
Le frisson, apparaissant en même temps ou précédant ce point de côté, est rare est souvent remplacé par de petits frissons répétés qui n’ont aucune valeur diagnostique.
La toux, souvent pénible, sèche, peut être attribuée à un phénomène réflexe et provoquée par la douleur.
La dyspnée, paraît être le symptôme le plus fréquent, mais qui, isolé, n’a rien de pathognomonique.
L'expectoration est bien rare et manque presque toujours au début. Elle a les caractères de l’expectoration de la congestion simple, crachats blancs, aérés, mousseux, IL est évident qu'elle peut changer de caractères si la congestion évolue vers la splénisation, mais en général, à ce moment, le diagnostic sera déjà fait.
La fièvre ne présente aucune courbe typique ; la courbe, quand ‘elle est entière, présente cependant, en général, le caractère du cycle grippal, ce qui pourra Servir au diagnostic. 1
Ajoutons à ces signes fonctionnels des signes physiques ou bien absents ou très banals :
La respiration peut être simplement diminuée au niveau de l’une des deux bases. Les vibrations peuvent être diminuées, parfois elles sont légèrement augmentées. On peut également entendre quelques râles de bronchite disséminés, parfois des frottements pleuraux. Mais rien ne permet de supposer que c'est là qu'est le danger, et ce n'est que quelques jours plus tard que l’on verra s'élabhir les signes incontestables d’une congestion ou bien mème d'une pneumonie.
En somme, on peut être amené à examiner d'urgence un malade qui ne présente que le symptôme douleur, poinf de côté, point de côté bas situé, abdominal.
Peut-on trouver chez ces malades d'autres signes physiques ou fonctionnels pouvant égarer davantage le diagnostic vers une affection des organes abdominaux ? -— Non seulement ces signes existent, mais ils sont fréquents. <
Les différentes thèses (1) et les articles publiés sur les pneumonies à début appendiculaire ont passé en revue celle symptomatologie pseudo-abdominale.
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(1) Mirande, Syndrôme app'ndiculaire sans lésions de l'appendice dans les affections thoraciques. Thèse Paris 1900.
Daussy. Rapports de l'appendicite et de La pneumonie. Thèse Paris 1912.