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CHAPITRE IV

Étude synthétique des syndromes protubérantiels.

Le bulbe et la protubérance, avons-nous vu, sont des régions de passage des grandes voies motrices el sensitives en même temps que les centres des dernières paires craniennes. L’alteinte de ces différents éléments va donner lieu aux syndromes bulbo-protubérantiels dont nous avons vu les éléments analytiques dans un précédent chapitre.

Les groupements symptomatiques ne relèvent pas du hasard, mais bien souvent sont en rapport avec la systémalisation vasculaire. Les troubles vasculaires jouent en effet un rôle de premier plan dans la pathologie nerveuse en général et cérébrale en particulier. Tel syndrome complexe, de Wallenberg par exemple, n’est qu'un syndrome antérieur, de la cérébelleuse inférieure dans le cas choisi. Mais il n’en est pas toujours ainsi et la complexité clinique se joue souvent de la simplicité de la systématisation vasculaire. Le facteur vasculaire n’explique donc pas tous les cas. On a fait jouer un rôle, pour expliquer les associations symplomatiques, aux analogies histologiques, phylogéniques, elc., tel processus, de nature intime inconnue d’ailleurs, s’attaquant de préférence aux tissus de même parenté cellulaire.

Enfin, dernier facteur rendant très délicate l'interprélalion des troubles observés, l'obscurité qui s’at-

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lache au fonctionnement et aux relations de certains éléments bulbo-protubérantiels (régions de la calotte, olives bulbaires) et aussi leur complexité.

Quoi qu'il en soit, il existe cependant un certain nombre de faits acquis permettant d'isoler quelques lypes très nets.

Syndromes protubérantiels.

On peut, d’une manière quelque peu schématique, distinguer les syndromes du pied, essentiellement moteurs, des syndromes de la calotte, surtout sensitifs et nucléaires. |

ÏJ. — SYNDROMES ANTÉRIEURS (OU DU PIED).

1° Hémiplégie totale croisée, syndrome de Foville prolubérantiel supérieur. La lésion siègeant en un point supérieur aux décussalions géniculées, les troubles moteurs sont entièrement croisés. Le sujet est dans limpossibilité de regarder sa lésion.

20 Syndrome de Millard-Gubler. Ici la lésion touche les fibres du facial déjà croisées (ou le noyau luimême) et le faisceau pyramidal non encore croisé; on aura donc

Une hémiplégie croisée des membres;

Une paralysie faciale directe de type périphérique.

Ce syndrome pur ou schémalique est très souvent modifié par des associations diverses, el cest ainsi que l’on peut décrire

a) Des jormes alypiques dans lesquelles à Ia paralysie faciale périphérique se substliluent soil une paralysie faciale centrale, explicable par une lésion su-

SP ne

pranucléaire (comme dans notre observalion), soit un spasme facial; on a alors l’hémispasme facial alterne de Brissaud et Sicard.

b) Des formes associées : Au Millard-Gubler pur peuvent s’adjoindre

Soit une paralysie oculogyre directe, c’est le Foville de lype protubérantiel inférieur ;

Soil une paralysie directe du VI (strabisme interne el diplopie), type assez fréquent:

Soit une paralysie des Vime et Vme paires. Aux signes précédents se surajoutent les symptômes de lésion trigéminale (plus ou moins dissociée d’ailleurs, comme dans notre observation); paralysie el atrophie du temporal et du masséter, anesthésie faciale el cornéenne. La dissociation est assez fréquente, la lésion n’intéressant électivement que le noyau mas- Uicateur ou le noyau gélatineux ;

Soit une atteinte de la VITIme paire avec troubles cochléo-vestibulaires ;

Soit une atteinte de la corde du tympan entraînant des troubles du goût (Raymond et François);

Soit une lésion du pédoncule cérébelleux moyen, provoquant l'apparition d’un hémisyndrome cérébelleux du côté hémiplégié (Combe) ;

Soil une paralysie de lhypoglosse, réalisant un syndrome bulbo-protubérantiel.

Enfin il existe aussi des formes bilatérales que nous ne ferons que signaler.

90 Hémiplégies allernes d'un nerf cranien autre que le facial. — Ce sont essentiellement le VI-où le VIII qui se substituent au VII,

On observera dans ces cas

Soit une paralysie directe du VI, associée à une hémiplégie croisée ;

Soit un syndrome acoustique alterne de Gellé.

40 Paralysies allernes excluant les membres.— Cas absolument rares, telle l'observation de Schlesinger (paralysie du V d’un côté coexistant avec une paralysie du VII du côté opposé).

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