‹ Contribution à l'étude des syphilis viscérales méconnuesChapitre 7 sur 17 · LES ACQUISITIONS RÉCENTES CONCERNANT LES SYPHILIS VISCÉRALES · texte numérisé non relu

LES ACQUISITIONS RÉCENTES CONCERNANT LES SYPHILIS VISCÉRALES

Pour l'appareil cardio-vasculaire, l’étiologie spécifique domine déjà la clinique et la thérapeutique. En présence d’un malade atteint d’un anévrisme, d’une aortite, d'une insuffisance aortique, surtout s’il s’agit d’un sujet encore jeune, on ne peut plus ne pas penser à la syphilis. Nous laisserons donc cette question de côté, en rappelant toutefois qu’il peut exister des cas de localisation plus exceptionnelle où la syphilis a pu être facilement méconnue, comme le montre notre observation V (endocardite mitrale subaiguë avec embolies multiples chez un jeune homme de 16 ans).

La syphilis pulmonaire soupçonnée déjà par Ambroise Paré, a été décrite au xvir* siècle par Astruc sous le nom de phtisie vérolique. Admise par les uns (Baumès, Morton, Portal), contestée par d’autres (Hunter, Laënnec, Andral), son existence chez l’adulte n’a été définitivement démontrée que par les travaux relativement récents de Lagneau (1851), Ricord, Fournier, Lancereaux, Virehow, etc., puis de Dieulafoy, Darier, Marfan.

Chez le nouveau-né, la syphilis pulmonaire a été décrite pour la première fois par Depaul, Elle a été étudiée par Charles Robin, Virchow, Parrot, Balzer, ete, Chantemesse et Widal, Dieulafoy ont publié des

nm 09

observations de pleurésies survenant au stade roséolique de la syphilis. La nature syphilitique de ces pleurésies est discutée.

On connaît actuellement l’association de la syphilis et de la tuberculose (Sergent, Landouzy, Bezançon).

La pathologie digestive se réclame aujourd’hui, surtout pour l'estomac et le foie, de l’étiologie spécifique.

Après avoir nié la syphilis gastrique, de nombreux auteurs tendent à démontrer aujourd'hui sa fréquence. On peut signaler les travaux de Cornil, Galliard, Dieulafoy, Fournier, Hayem et Lion, etc., plus récents de Leven, Lœper.

Quant à l’action de la syphilis sur le foie, elle a été soupçonnée dès le xvie siècle. Uhlrich de Hutten, Fallope regardent la glande hépatique comme le foyer principal de la maladie. Au xvin° siècle Astruc, van Swieten, Portal décrivent les « engorgements hépatiques » chez les syphilitiques. Mais c’est depuis les travaux de Reyer, Ricord, Diettrich (de Prague) que la maladie est bien décrite. Virchow, Frerichs en Allemagne, en France Leudet, Lancereaux, Fournier, Talamon montrent la fréquence de la syphilis hépatique.

Après Gubler (1852), Hutinel et Hudelo ont bien étudié lasyphilis du nouveau-né. Diettrich, Lancereaux, Fournier, ont mis en lumière l’action de la syphilis héréditaire tardive. 3 :

Enfin l’on sait actuellement que le rein réagit envers la syphilis, comme d’ailleurs envers la plupart des poisons, et que ses lésions conditionnées par cette infection peuvent être très variables.

Wells et Blackhall, les premiers, au début du xix° siècle, signalent la coïncidence de la syphilis et de l’albuminurie, mais admettent que le traitement mercuriel est la cause de l’affection rénale. Rayer, en 1840, attribue nettement la maladie des reins à la «cachexie vénérienne », mais nombre de syphiligraphes n’ad-

ds OT Shen

mettent qu'une pure coïncidence. Frerichs croit que la syphilis a une action prédiposante. Cependant, des observations anatomo-cliniques s’accumulent : de nombreux travaux, en France, en Allemagne, en Angieterre, établissent l’histoire de la néphro-syphilose (Lancereaux, Charcot, Cornil et Brault, Virchow, etc.). En 1839, Drysdale, le premier, distingue nettement les néphrites précoces des néphrites tardives, jusqu'alors seules connues. Le cadre de la syphilis rénale s’élargit bientôt. Plus tard, on étudie les accidents rénaux de l’hérédo-svphilis : Klebs, Bradley, etc. décrivent les manifestations précoces, tandis que Hutchinson, Fourpier en font connaître les formes tardives.

La syphilis rénale est dès lors connue dans ses principales manifestations, et de bonnes descriptions en sont données par Dieulafoy, Brault, Chauffard, Darier, Castaigne.

Page 1