OBSERVATIONS D’AUBERT
Cet auteur intitule ainsi sa publication :
Deux observations d'herpès tonsurant survenant chez des malades en cours de traitement pour un favus.
I. — Fille de 10 ans. « En divers points de la tête, écrit Aubert, mais surtout à la région occipitale, je constatai un certain nombre de points noirs, rappelant l’aspect d’un comédon et ne s’effaçant pas sous une friction pratiquée avec un linge. Un examen plus attentif, fait à la loupe, permet de constater que ces points sont dus à un court fragment de poil enroulé sous l’épiderme, et l’examen microscopique révèle dans ces poils une infiltration complète par des spores ayant de 5 à 8 millièmes de millimètre de diamètre. »
Puis l’auteur décrit, car nous sommes en 1876, le poil trichophytique de la façon la plus nette : « Excessivement friable, se détachant avec la lamelle épidermique qui le recouvre, et ce fragment de poil, mou, impuissant à réagir garde sa petitesse et sa forme première.
(4) Lyon Médical, 1876. *
Quelques inoculations furent alors pratiquées, pour rechercher si les points noirs devaient être rapportés au favus ou à l’herpès. Sur la malade elle-même, deux inoculations au bras restèrent négatives; alors que chez l’enfant le favus prend le plus souvent. Deux autres inoculations pratiquées en même sur le bras de l’interne de service, DURAND, donnèrent les résultats suivant : le septième jour, prurit et petite tache érythémateuse au niveau de la piqûre ; le huitième jour, apparition de quelques vésicules très fines au niveau de l’une des plaques. Les jours suivants, les plaques s'étendent par la périphérie, sans que le centre guérisse. Un mois et sept jours après l’inoculation, la plaque est toujours malade, la périphérie est plus rouge et plus irritée, l'examen des lamelles épidermiques recueillies par raclage au bistouri, montre trois fragments de poils complètement infiltrés de spores. Pas de godets. Puis sans traitement, l'extension cesse, la guérison arrive en quelques jours.
Deux rats furent enfin inoculés sans résultat.
IT. — Fille de 16 ans. Affeinte également de favus. Porte des lésions identiques : sept points noirs présentant des caractères absolument semblables à ceux donnés dans lobservation précédente, à la loupe et au microscope.
Une inoculation également pratiquée sur un rat fut négative, résultat habituellement constaté chez cet animal, qui est au contraire très réceptif pour le favus.
Et l’auteur conclut par ces réflexions : « Les points noirs observés chez nos deux malades et constitués par l'enroulement sous-épidermique d’un poil infiltré de spores, doivent être rapportés à l'herpès tonsurant el non au favus, au Trychophyton tonsurans et non à l'Achorion Schônleinit. » s