INTRODUCTION
Il serait peut-être difficile de trouver dans la série des Dicotylédones un groupe de l'importance de celui des Térébinthacées (2) ayant fourni matière à plus de travaux et à plus de discussions. Pourtant, malgré toutes les publications dont cette famille a été l’objet, l'accord est loin d’être fait et les opinions sont encore très divergentes.
Si l’on essaie de se rendre compte des idées des auteurs modernes au sujet des limites de cette famille et de son existence même, on s'aperçoit qu'il règne actuellement trois opinions différentes.
Pour les uns, les Térébinthacées ont bien la valeur d’une famille; parmi ceux-ci nous citerons: Triana et J.-E. Planchon (3), M. Baillon (4), Le Maout et Decaisne (5), M. Van Tieghem (6) et M. Flahault (7); mais tous ces savants ne considèrent pas cette famille de la même manière. Triana et Planchon, M. Van Tieghem et M. Flahault
(1) Ce travail a été fait à l'Institut de Botanique de Montpellier.
(2) Je comprends toujours, sous le nom de Térébinthacées, les Burséracées et les Anacardiacées des auteurs. (Excl. Amyridées). UE
(3) Prodromus floræ Novo-Granatensis (Ann, Sc. nal. Bol., 5e série, L. x1v, 1872, p. 286).
(4) Histoire des Plantes, t. v, 1874, p. 257.
(5) Traité général de Botanique. 2me édition, 1876, p. 325.
(6) Traité de Botanique. 2me édition, 1894, p. 1616.
(7) Cours de Botanique, 1892-93. (Morphologie florale, tabl. lithographié, N° 27).
CAD EU comprennent les Térébinthacées, comme je les comprends ici, avec les Bursérées et les Anacardiées comme tribus, à l'exclusion des Amyridées. Le Maout et Decaisne y font rentrer les Amyridées. M. Baillon en exclut les Amyridées, mais y place les Mappiées et les Phytocrénées à titre de tribus.
Pour d'autres, les Térébinthacées n'existent pas en tant que famille unique, mais, se basant sur la position du raphé par rapport à l’ovule, ils y distinguent deux familles: les Burséracées à ovules pendants, avec raphé interne et micropyle supère (épitropes), et les Anacardiacées à ovules généralement pendants, avec raphé externe et micropyle supère (apotropes). Eichler (1) considère ces deux familles comme très voisines et les place l’une à côté de l’autre dans son ordre des Térébinthinées. M. Warming, qui tout d’abord avait accepté cette opinion (2), semble avoir modifié sa manière de voir en intercalant, dans la deuxième édition de son Traité de Botanique (3),entre les Burséracées et les Anacardiacées, les Zygophylla-
-cées, les Simarubacées etles Ochnacées; pourtant cesavant maintient l’ordre des Térébinthinées. M. Radikofer(4)les considère comme très voisines dans sa cohorte des Æutales, qui correspond à peu près à l’ordre des Térébinthinées et à celui des Æsculinées d’Eichler; voici, du reste, la classification proposée par cet auteur :
Conors IL. — RUTALES
Ovules épitropes, le plus souvent : Ovules apotropes, le plus souvent : Rutacées Cuspariées * Rutées Diosmées Boroniées Zanthoxylées Toddaliées Aurantiées Amyridées Simarubacées Burséracées Anacardiacées Méliacées Sapindacées Hippocastanées Acérinées
(1) Bluthendiagramme, vol. IT, 1878, p. 330, ‘etiam Syllabus, 5m° Éd., 1890, p. 49.
(2) Handbog i den systematiske Botanik, 1879, p. 257.
(3) Handbuch der systematischen Botanik. 2e Éd. trad. du Dr E. Knoblauch, 1890, p. 317.
(4) Ueber die Gliederung der Familie der Sapindaceen (Sifzungs. der malh.physik. Classe d. k. b. Akad. der Wissenschaften zu München, 1890, p. 355).