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La troisième opinion est bien différente: elle donne à la position duraphé, par rapport à l’ovule, une importance capitale et tout à fait primordiale. Elle fait table rase de l’ordre des Térébinthinées ; elle éloigne complètement les Burséracées des Anacardiacées, les plaçant dans deux ordres distincts. C’est dans le savant ouvrage de MM. Bentham et Hooker (1) que l’on trouve énoncée pour la première fois cette manière de voir; pour eux, les Burséracées (incl. Amyridées) sont placées dans les Geraniales (Cohors VIT) et les Anacardiacées dans les Sapindales(Cohors X). Peu de temps après la publication du Genera, M. Marchand (2), reprenant l'étude des deux familles, se rallie entièrement à cette manière de voir et les considère comme très distinctes. Il exclut cependant les Amyridées des Burséracées.
Enfin, M. Engler (3), qui a fait une étude approfondie de ces plantes, se range à cette manière de voir; tout enreconnaissant les nombreuses affinités qui unissent les Burséracées et les Anacardiacées, il croit devoir les placer dans deux ordres différents. Dans son Syllabus (4), il met les Burséracées dans son 15%° ordre (Geraniales), et les Anacardiacées dans son 16° ordre (Sapindales).
La diversité de ces opinions m'a semblé autoriser une nouvelle étude des Térébinthacées.
Toutes les idées émises jusqu'ici sont basées presque exclusivement sur la morphologie florale. Suivant les tendances de tel ou tel auteur sur la valeur qu’il faut attribuer à l'épitropie ou à l’apotropie de l’ovule, on voit réunir les Burséracées et les Anacardiacées dans une même famille, ou les rapprocher comme des familles distinctes, mais voisines, dans un même ordre, ou bien les éloigner dans deux ordres différents.
Ces divergences semblent démontrer que, dans ce cas particulier,
(1) Genera plantarum, vol. [ (1862-67).
{2) (a). Recherches sur l’organisation des Burséracées. Paris, Baillière, 1868, 56 p., 6 pl.
(b). Revision du groupe des Anacardiacées. Paris, Baillière, 1869, 198 p., 3 pl. {e). Histoire de l'ancien groupe des T'érébinthacées. Paris, Martinet, 1869, 51 p.
et 5 tab.
(3) Monographiæ Phanerogamarum, prodomi nunc continuatio, nunc revisio edito-, ribus et pro parte auctoribus A. et GC. De Candolle. vol, IV. — Burseraceæ et
Anacardiaceæ, auctore Engler. Paris, Masson, 1883. (4) Syllabus der Vorlesungen über spec. und med.-phar. Botanik, 1892, p. 128 et 132).
| — 8 — la morphologie florale ne peut ‘pas fournir des caractères suffisants pour rallier tous les savants à la même opinion. J'ai pensé qu'il serait bon de rechercher si l'anatomie pourrait ici, comme elle l’a fait ailleurs, aider à fixer la place de ces plantes, en
s’ajoutant aux caractères tirés de la morphologie florale. Les points”
de vue qui m'ont plus particulièrement encouragé sont les suivants:
1° La morphologie florale n’y donne pas toujours des résultats :
satisfaisants ;
9° La variabilité de la fleur étant extrême, cette variabilité retentit-elle sur les caractères anatomiques?
3 Les échantillons rapportés par les voyageurs sont quelquefois
incomplets ; la détermination basée sur les caractères extérieurs n’est :
plus certaine alors; on hésite non seulement sur le nom du genre, mais encore sur la famille où il faut placer la plante;
4° Existe-t-il un caractère anatomique constant? Est-il exclusif à cette famille?
Déjà plusieurs plantesde cette famille avaient été étudiées au point de vue anatomique.
Dès 1808, Brisseau-Mirbel (1), pour appuyer sa théorie de l’organisation végétale, décrit et figure des coupes transversales et longitudinales de quelques tiges de Térébinthacées (Pistacia Terebinthus, Schinus molle, Rhus typhina et semialata).
Bien plus tard, Lestiboudois (2), M. Trécul (3) et M. Van Tieghem (4), s'occupant de la question des canaux sécréteurs, décrivent anatomiquement plusieurs genres (Rhus, Schinus, Pistacia, Spondias). M. Marchand (5) décrit trois Burséracées appartenant aux genres Balsamodendron et Protium.
Jusqu’alors, la question n’était étudiée qu'incidemment. Il faut arriver aux mémoires de M. Engler pour trouver une étude ayant
(1) Observations sur l'origine et le développement des vaisseaux propres et du liber, insérées dans: Exposition et défense de ma théorie de l’organisation végétale. La Haye, 1808. ;
(2) Deuxième note sur les vaisseaux propres, etc. C. R. Acad. Sc., t. LVI, 1863;:p- 821.
(3) Des vaisseaux propres dans les Térébinthacées. C. R. Acad. Sc., t. LXV, 1867, p. 17-25 etiam. Ann. Sc. Nat. Bot., 5e série, t. VII, 1867, p. 112-121,
(4) Mémoire sur les canaux sécréteurs des plantes, Ann. Sc. Nat. Bot., 5e série, t: XVL, 1872, p.73.
(5) Loc, cit. (a), pl. I, IL, TI.
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