J. Rachet. Les hémorroïdes, Doin Editeur
AS
Nous avons cherché sur de très nombreux malades à la consultation de proctologie de l'hôpital Boucicaut à vérifier cette distinction proposée par Jean Rachet et André Busson, et qui était jugée inutile par les classiques qui doutaient de l’existence de la thrombose vraie ou tout au moins la considéraient comme très rare.
Il ressort de nos recherches que la thrombose vraie ‘endoveineuse, non seulement existe, mais encore est fréquente, plus fréquente même et de beaucoup, nous semble-t-il, à l’hématome sous-cutané jusque-là considéré comme seul en cause.
Quelle que soit la variété de thrombose, le traitement ne perd en rien de sa simplicité. Il reste à la portée de tout médecin, enfin c’est un Traitement véritable- | ment ambulatoire, permettant au malade de poursuivre le jour même ses occupations habituelles, il partage donc cet avantage considérable avec les autres méthodes médicales de traitement des hémorroïdes en général.
Enfin, c’est un traitement efficace et cela d’une manière immédiate et totale. Il s’agit donc non pas seulement d'une simple sédation, mais d’une véritable
<Juérison.
ÉTIOLOGIE. PATHOGÉNIE
La cause de cette complication des hémorroïdes est assez mal connue. La stase veineuse locale, le renversement du courant sanguin d’une part, les microtraumatismes locaux, l'infection locale ont été invoqués, et même opposés en deux théories l’une mécanique,. l’autre infectieuse, tout de même que pour les hémorroïdes elles-mêmes. Mais nombreux sont les hémorroïdaires connus et chez qui, la thrombose survient brusquement, inopinément sans qu'aucune cause puisse être décelée et cela, même chez des malades qui s observent bien.
Dans certains cas il semble qu’il faille incriminer un effort violent, ou plus simplement un effort de toux, de défécation à l’origine de la thrombose et ces cas seraient pour nous plus volontiers, mais non obligatoirement, en rapport avec la forme à type d’hématome sous-cutané par rupture veineuse.
Dans d’autres cas au contraire, l’inflammation locale, l’anite précédant la phlébite, est à l’origine de tous les phénomènes et notre Maître Rachet pense après Bensaude et Oury que c’est là, le cas le plus habituel. La poussée infectieuse explique à elle seule:
MOIRN eVD et la thrombose intravasculaire et la forme œdémateuse, simple mode de réaction vasculaire, passé au premier plan, autour d'un léger foyer infectieux. Mais là encore nous nous garderons d’être absolu et nous ne nierons pas que des thromboses intravasculaires puissent être le fait d'une simple stase,
néanmoins le cas nous paraît rare.
Faut-il enfin, par esprit d’électisme, penser qu’il -est des cas où les deux facteurs s’associent et que le rôle de l'effort, du traumatisme local se trouve favorisé par une fragilité vasculaire d'ordre infectieux ? C'est possible, mais il nous semble que l’un ou l’autre de ces deux facteurs puisse suffire, et pour notre part, nous attribuons la première place à l’infection, encore qu'il soit impossible de préciser laquelle. Somme toute, la pathogénie reste la même que celle des hémorroïdes en général, et la complication n’en serait qu’une poussée évolutive.