R. Bensaude : {oco citato
IL. — La thrombose phlébitique endoveineuse « intrasacculaire ».
C’est là la {krombose vraie. Bensaude la jugeait très rare. Nous pensons, au contraire, que c’est le cas de beaucoup le plus fréquent. Notre opinion est basée sur l'examen de nombreux malades à la consultation de proctologie de l'hôpital Boucicaut.
Ici, le caillot n’a pas fait irruption hors du vaisseau, il à une paroi propre, un «sac » que lui forme la paroi veineuse et il semble logé dans un diverticule de celle-ci. DNA
Il est donc nettement individualisé, bien limité. Et c’est ainsi que si, lors de l’incision, on prend la précaution de n’intéresser dans celle-ci que le seul plan cutanéo-muqueux on ne tombe pas directement sur le caïllot qui vient « baver » entre les lèvres de la plaie tendant à s’extérioriser spontanément comme dans la forme précédente. Mais on aperçoit un « sac » de couleur bleue foncée qui bombe dans la déhiscence cutanéo-muqueuse et dont on peut faire le tour pour l’arracher en bloc à l’extérieur en clivant veine et tissu conjonctif environnant. Le pédicule par lequel ce sac est rattaché à la veine est obturé et le sac n’a plus de rapport avec la lumière vasculaire.
Mais il est dans la pratique inutile de se livrer à cette distinction, le but n’étant pas d’enlever le sac après avoir placé une ligature sur son pédicule. Il suffit d’inciser la paroi du sac et on évacue le sac
comme précédemment. Et c’est là, la raison de la confusion dans laquelle on a tenu jusqu'alors ces deux formes cliniques. à
On incisait du même coup, plan cutané et paroi vasculaire et dans l’un comme dans l'autre cas on tombait, ce faisant, directement sur le caillot.
Notons qu’au point de vue thérapeutique cela ne prêtait pas à grosse conséquence, mais la notion que nous apportons ici, quoique d’ordre avant tout théorique, présente croyons-nous un intérêt. C’ést qu'en effet, le seul argument mécanique explique mal cette thrombose vraie, l’étranglement même du vaisseau sans lésion infectieuse n’amènerait pas plus la thrombose que la ligature d’un tronc veineux en deux points. D’où la raison qui nous fait croire ainsi que nous l’avons exposé plus haut, que l'infection locale joue le rôle principal ; en tout cas l'explication qu’elle permet est plus satisfaisante.
Nous ne traiterons pas de l’évolution anatomique de cette thrombose : elle est en tout point comparable à celle de la forme précédente.
IT. — La thrombose œdémateuse.
Cette forme individualisée par Raoul Bensaude reste telle qu’il l’a décrite et nous ne ferons que reprendre ici l’esprit sinon la lettre du tableau qu'il en a brossé.
L'aspect extérieur est très différent des deux formes précédentes. C'est en présence d’une petite tumeur blanchâtre que l’on se trouve, molle, douloureuse, |
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appendue à la région anale d’une façon plus ou moins sessile, au sein de laquelle on devine parfois quelques points bleutés. Ce sont autant de petits caillots « truffant » la boule d’œdème réactionnel. La réaction œdémateuse est d’ailleurs parfois si marquée par rapport au petit volume des caillots qu’elle les masque complètement et on ne les retrouverait qu’à l’incision. A la coupe, on apercevrait, au sein d’un tissu infiltré, plusieurs caillots de faible volume occupant comme autant de petites logettes. La plaie créée par l’incision, montre deux tranches de section comparable à celles d’une grenade mûre; les caillots représentant les fruits de la grenade dont la pulpe serait les tissus œdématiés.
Vouloir évacuer tous ces petits caillots serait difficile et nous verrons au chapitre du traitement que celui-ci adopte une autre méthode: la radiothérapie qui très rapidement va faire disparaître tous ces phénomènes.
L'évolution de la thrombose œdémateuse abandonnée à elle-même se ferait suivant les deux mêmes
possibilités que nous avons envisagées précédemment.