III. — La thrombose œdémateuse
Si le traitement des deux premières formes est d'ordre chirurgical, le traitement de la thrombose œdémateuse est d'ordre physiothérapique. Il ne faut pas en effet, inciser cette thrombose. On aurait du mal à enlever les nombreux petits caillots disséminés au sein d’une masse de tissus infiltrés d’œdèmes, on. n’obtiendrait ce faisant qu’une aggravation de l’état local : douleur, œdème, écoulement séreux, pouvant
De GR imposer au malade la cessation, temporaire d’ailleurs, de ses occupations.
Enfin, et c’est là, la raison majeure qui doit faire renoncer à cette thérapeutique, les résultats de la physiothérapie lui sont bien supérieurs, en tout point comparables aux excellents résultats que la méthode chirurgicale obtenait avec les deux formes précédentes. Il sera bon d’y associer un traitement médical analogue au traitement habituel bien classique de cette affection.
a) TRAITEMENT RADIOTHÉRAPIQUE.
C’est un incontestable progrès qu’a fait réaliser Raoul Bensaude en indiquant comment on pouvait par ce procédé obtenir de parfaits résultats.
Nous nous retrancherons ici derrière les termes mêmes de Bensaude, Solomon et Marchand (1) :
« Nous irradions avec un champ couvrant la lésion et nous donnons une première dose de 150 à 225 R. A la suite de cette première séance le malade accuse parfois une recrudescence de la douleur et l'anus semble être le siège d'une poussée inflammatoire suraiguë. Mais le plus souvent il n’y a aucune réaclion immédiate. Le malade est revu quatre jours après la première séance et si le résultat a paru insuffisant,
une deuxième application est effectuée. Dans un cer-
1. Les indications de la Rœntgenthérapie dans les affections bénignes anorectales. Congrès d’Electrothérapie de Zurich, août 1934, in Bensaude : Maladies intestin, t. IV.
— Re tain nombre de cas, la guérison définitive n’a été obtenue qu’après six applications ».
On voit qu’il s’agit là d’un traitement qui conserve du point de vue de la simplicité autant d’avantages qu’en comportait dans l’ordre chirurgical le traitement indiqué plus haut des formes banales de thrombose hémorroïdaire.
Il est bien rare qu’il faille compléter chirurgicale
ment la cure de cette thrombose et qu'après résorption de l’œdème on doive procéder à l’ablation des caillots. Ceux-ci en règle de petit volume, se résorbent en effet spontanément.
Deux restrictions néanmoins semblent découler des
lignes de Bensaude Solomon et Marchand que nous venons de citer. Aussi, revenons-nous sur ces points qui ne sauraient constituer une critique à cet excellent procédé.
«) La réaction qui suit parfois la première application, n’est pas fréquente. De toute façon, elle est très passagère et serait calmée par quelques prescriptions médicales que nous verrons plus loin ;
8) La nécessité de nombreuses séances és loin d’être la règle et dans notre pratique, restreinte il est vrai, nous avons toujours vu, en règle générale que, deux ou trois séances suffisent à la cure de cette thrombose œdémateuse. Notre Maître le D' Jean Rachet nous a confié dans une communication orale qu’il partageait cette façon de voir.