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CHAPITRE PREMIER

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DE L’'ARACHNOLYSINE, TOXINE HÉMOLYTIQUE DES ÉPEIRIDES.

$ 1. — Travaux antérieurs. — Préliminaires.

Les premiers essais hémolytiques faits avee des toxines d'Araignées sont dus à Kogerr (01).

En ajoutant à du sang défibriné de Chien (étendu par de Peau salée) une macération de jeunes individus fraîchement éclos de Latrodectus Erebus Aud. (Karakurte), il constata une action hémolytique.

En dosant la matière organique contenue dans la macération, il vit que l’hémolyse était encore perceptible pourune concentration de cette matière organique égale à 1/127.000. I vit également que cette macération, ajoutée à du sang de Cheval, en aclivait la coagulation et empêchait la rétraction du caillot (mème à la concentration : 1/60.000).

KogerT répéta les mêmes essais de coagulalion avec des macérations d'Epeira diademata (jeunes individus). Il constata les mêmes effets sur le sang de Cheval : accélération de la coagulalion et empêchement de la rétraction du caillot. Un essai destiné à rechercher l’action hémolytique de l'extrait d'Épeire montra qu'il en existe bien une, mais qu'elle est inférieure à celle des extraits de Latrodectus. — Kogerr ne dit point quelle espèce de globules fut employée. Chien? Cheval? IL Y à lieu de remarquer en tout cas que ces deux espèces de globules se classent, comme nous le verrons, parmi les globules insenstbles à la toxine d'Épeire.

Kogert n'étudia pas ses toxines en les considérant comme hémolysines ; il s'attacha presque uniquement aux effets d'intoxication sur des animaux. C’est donc au début de la 3° parte de ce travail que je donnerai le détail de sa technique. Je crois cependant utile d'indiquer ici ses essais sur les propriétés chimiques de ses toxines :

Une macération de Karakurte faite à l'eau physiologique, bouillie une demi-minute, acidulée par une trace d’acide acétique et bouillie à nouveau, est filtrée ; le coagulum est bien lavé à l’eau. Le filtrat, neutralisé et injecté, ne produit aucune

intoxication. — Même résultat par ébullition sans addition d'acide. — Un excès d'alcool absolu altère puis détruit Ia propriété toxique. — KoBerr essaie de purifier sa toxine par les

procédés usuels de précipitation des albuminoïdes et par précipitation au sel de Saturne : toujours grand affaiblissement. Des essais par digestion peptique et par diffusion échouent à cause de l'infection microbienne. — Des araignées desséchées à 100° ne contiennent plus de toxine. La simple dessiccation à l'air détruit la toxine très lentement (plusieurs années).

Des macérations d'œufs de Karakurte sont inactivées presque complètement par un chauffage de 7 heures à #%° el complètement par { heure à 50° ou une minute d’ébullition. Les œufs exposés, à sec, pendant 2 heures à 100° perdent tout pouvoir toxique. — En précipitant une solution par l’alcool-éther et en filtrant, on obtient un filtrat inactif. — Des digestions trvptiques, mal faites à cause des bactéries, semblèrent cependant affaiblir les solutions.

Des macérations d’Æpeira diademata sont additionnées d’un grand excès d’eau distillée. Il se précipite une globuline qui, bien lavée, redissoute dans l’eau salée à 10 p. 100 et étendue pour l'injection, est tout à fait inactive : tout est dans le filtrat. — Des précipitations sont effectuées dans ce filtrat avec du ferrocyanure de potassium et de l'acide acétique ; d'autres fois on opère par saluralion au moyen de sel de cuisine et précipitalion au moyen d'acide acétique. En agissant rapidement, on arrive à avoir un précipité qui, redissous, est encore toxique pour des chats, quoiqu'il y ait perte d'activité. — KoBerr pense que le support du poison est une albumine ; après précipitaion le filtrat ne contient rien. — Le poison d'Épeire est moins sensible à la dessiccation par le vide à froid ou par l’étuve que celui de Karakurte. — Il n'est point dialysable.

Sacus (02) étudie l'hémolysine de l'extrait d'Épeire et lui donne le nom d’arachnolysine,

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Un individu d’£Zpeira diademata (poids : 18,4) est broyé dans 5 cc. de NaCl à 10 p. 100 contenant un peu de toluène. — 24 heurës à la glacière. Puis addition d'eau jisqu'à 25 cc.et centrifugation.

Les essais hémolytiques ont lieu en ramenant toutes les doses à 1 ec. et en ajoutant 4 ce. d’une émulsion à 5 p. 100 de globules lavés. Les tubes à essais restent 2 heures à l'étuve à 379 et sont mis à la glacière jusqu’au lendemain.

Avec des doses fortes, l'effet hémolytique est immédiat sur les globules sensibles.

Les essais de Sacus sur divers sangs sont résumés dans le tableau ci-dessus (voir page #1) :

L'auteur considère l’arachnolysine comme très active et tend à la classer parmi les toxines. Cette opinion est confirmée par la thermolabilité de l'hémolysine; il faut, pour la détruire, une température plus élevée que pour les autres toxines hémolytiques :

LOPMINULES AD DORE PERTE TETE Rien.

40 » COPA RENTREE AR Affaiblissement léger. 40 » TOC ORNE Destruction.

L'arachnolysine se conserve très bien dans la glvcérine.

Les sérums, chauffés à 56°, d'Homme, de Lapin, de Cheval, de Porc, de Chien, de Rat, de Cobaye, de Chèvre, de Mouton, de Bœuf, d'Oie et de Pigeon n'ont, d'après Sacas, aucune action empêchante sur l’hémolvse par l’arachnolysine.

Sacus étudie ensuite, guidé par la théorie des chaînes latérales d'Enriica, la fixation de la substance par les globules sensibles où insensibles.

Les globules insensibles ne la fixent nullement. — Pour les globules sensibles, l'épreuve est plus difficile, à cause de la solubilité mème de ces globules : il faut des globules assez stabilisés pour échapper à l'hémolyse, mais ayant conservé leurs propriétés chimiques.

SACUS prépare ces stromas globulaires en chauffant du sang 1/2 heure à 540-600 et en étendant ensuite par 6 à 10 volumes d'eau. I resale et centrifuge. Après lavage, les stromas sont prêts à être employés. De tels stromas conservent leurs « récepteurs ». Ils fixent l’hémolysine des sérums et

peuvent donner, par inoculation, des anticorps. Des témoins élaient faits avec un sang insensible.

Dans ces conditions, des stromas de Cobaye ne fixent nullement l’hémolysine, landis que ceux de Lapin l’absorbent. L'auteur (03 — note infrapuginale) considère d'ailleurs cette fixation comme une simple liaison, sans emploi de l'arachnolysine : si l'on fait digérer à 40° des stromas fortement chargés d'arachnolysine avec du sang neuf de la même espèce, il y à hémolyse. Sacus considère tous ces faits comme en accord avec la théorie d'Enrcicn.

Sacusdémontre encorela nature « toxine » de l'arachnolysine en iImmunisant un cobaye et en obtenant un sérum antihémolytique (0€,0025 protègent 0c,05 de globules de Lapin contre la dose minima donnant hémolyse complète).

Sacus identifie son hémolvsine avec la « toxalbumiue» définie par Kogerr (voir début de la 3€ partie) dans son Lehrbuch der Intorikalionen (édition de 1893).

Dans un article ultérieur (03), Sacs étudie la sensibilité des globules aux divers àges de l'animal qui les fournit.

Des globules de fœtus de Vache et des globules de jeunes Lapins nouveau-nés se montrèrent, à des degrés divers, moins sensibles que les globules d'animaux adultes de même espèce. Chez la Poule, la différence n'est pas seulement quantitative : les globules de poussin fraichement éclos sont tout à fait insensibles à l’arachnolvsine (aucune action par 0€,1 de toxine alors que 0€,0002% hémolvsent complètement le sang de l'adulte). Les globules non sensibles de poussin ne fixent pas la toxine. — SacHs pense à un manque de « récepteurs ».

Déjà au 4° jour de la vie libre, iln°y à plus résistance absolue. De fortes quantités de toxine donnent une hémolyse, après une assez longue ineubation. Puis suit une période de six Jours pendant lesquels, à la même concentration que pour des hématies adultes, la toxine agit plus ou moins fortement sur les jeunes globules ; même avec de fortes doses, 11 reste toujours une part de globules qui est tout à fait insensible. Sacus pense qu'il s’agit là d'hématies initiales qui ont subsisté, tandis que les hématies de nouvelle formation sont sensibles. — Après quinze jours ou trois semaines, aucun

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