‹ Contribution A L'étude Des Toxines Chez Les AraignéesChapitre 29 sur 67 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

APPLICATION DES NOTIONS ACQUISES A LA PRÉPARATION DE SÉRUMS ANTIHÉMOLYTIQUES.

Les auteurs qui se sont occupés des toxines d'Araignées et en particulier de l’arachnolysine ont tous envisagé la question de l’immunisation contre ces toxines.

Kogerr (01), dans ses essais sur la toxine de la « Karakurte » (Latrodectus Erebus Aud.) constate chez le Chien et le Chat la possibilité d’une accoutumance leur permettant de supporter, après plusieurs injections faibles, des doses qui auraient été mortelles en première inoculation.

I immunise également un chat contre la toxine d'Épeire.

Sacas (02) démontre la nature « toxine » de l’arachnolvsine en préparant avec le Cobaye (dont le sang est d'ailleurs insensible à ce poison) un sérum antihémolytique. 0€,0025 de ce sérum suffisent pour protéger 0,05 de sang de Lapin contre la dose minima d’arachnolysine capable de donner une hémo- Iyse complète.

BeLono wskt (07) fait des essais plus poussés.

Un Lapin de 1370 gr. recut des injections d'arachnolysine aux dates suivantes : 3, 9, 12, 16, 20, 23 mars — 2, 12, 25 avril.

Belonowski éprouvade temps en temps la puissance antihémolytique et antitoxique du sérum de l'animal.

Le 20 mars, 1/20 de ec. protégea 1 cc. de sang de Lapin dilué à 9 p. 100 contre la dose hémolytique minima d'arachnolvysine.

Le 23 mars, la dose limite protégeantcontre l'hémolyse fut 1/40 de ce. La dose minima qui protégea un animal contre une dose double de la dose mértelle fat 0ce,5.

Le 26 mars, aucun changement dans l'activité. Le 1° mai, dose minima antihémolytique : 1/40 de ec.; dose minima antitoxique : 1/30 de cc.

I y a, dès le début de l'immunisation, manque de parallélisme entre la croissance des deux propriétés antihémolvytique et antitoxique du sérum. L'antihémolvtique atteint rapidement son maximum et n'augmente plus. L'antitoxique continue à croilre.

Au début des expériences, le sang de l'animal immunisé se montra normal au point de vue de la résistance à l'hémolvse par l'arachnolysine, même lorsque les propriétés antihémolytiques du sérum avaient déjà atteint leur maximum. Vers la fin, da résistance augmenta : la dose d’arachnolvsine nécessaire pour un même degré d'hémolyse dut être décuplée.

Ayant acquis sur le mécanisme d'action de l’arachnolysine des données nouvelles, je fis des expériences d'immunisation en tenant compte de ces connaissances.

J'avais préparé, en traitant une macération d’arachnolvsine par un acide, une substance inactive {«sensibilisatrice d'Épeire ») capable d'être réactivée au moyen d'une macération d'œufs inactifs de Meta segmentata (« complément de Meta »). J'avais donc à ma disposition trois substances, arachnolvsine, « sensibilisatrice d'Épeire », « complément de Meta », présentant entre elles au point de vue hémolytique des liens certains de parenté. Je fis des immunisalions au moyen de ces trois subslances et j’essayai les sérums obtenus sur les divers mélanges hémolytiques que je pouvais former avec elles.

De telles immunisations devaient me fournir des renseignements sur la spécificité des sérums obtenus et m'éclairer peutôtre un peu sur les rôles respectifs des trois substances considérées. Elles présentaient un certain intérêt par leur parallélisme avec les essais, d’ailleurs fort controversés, que fit Bordet (00), dans son étude des sérums antiglobulaires, sur la possibilité de l'obtention d'antisensibilsatrices et d’anticompléments.

$ 1. — Plan des expériences et technique.

19 Préparation des animaux.

J'opérai sur des lapins. Je préparai des animaux : L. — Aux œufs d'Æpeira diademata.

IL — Aux œufs de Meta segmentala.

IL. — A la « sensibilisatrice d'Épeire » (préparée à l'acide chlorhydrique et dialvsée).

Tous les liquides furent ramenés à la salure 9 p. 1000. Les œufs d'Épeire ou de Meta furent soigneusement lavés à plusieurs reprises à l’eau stérile et broyés dans l’eau physiologique : les macérations étaient filtrées sur papier Berzélius.

Je préparai la sensibilisatrice toujours de la même façon :

20 œufs d'Épeire par ce. d'eau physiologique. Broyage, filtration sur papier Berzélius. Addition, par ce., de 1/3 cc. d'HCI du commerce (22° Baumé, à peu près normal) dilué à 1 p. 100 par de l’eau physiologique. Dialysé au sac de collodion pendant un temps variant de dix-huit à vingt-quatre heures. Repos, décantation, addition d'eau distillée jusqu'à amener le volume au double du volume primitif. Resalage.

Le lieu d'injection fut toujours la veine marginale de l'oreille.

J'espaçais les injections d'au moins 6 jourset, lorsque j'avais dû interrompre les injections pendant un temps prolongé, je réveillais l’immunité par deux injections faibles.

Les animaux engraissèrent et ne souffrirent nullement, sauf toutefois de quelques accidents locaux à l'oreille, dus à l'infiltralion d’un peu de liquide à travers la paroi veineuse. Je n'eus aucun accident anaphylactique.

Les prises de sang furent faites à la veine marginale de l'oreille, au moyen d'une seringue, au moins 6 jours après la dernière injection. Le sérum était décanté après 24 heures et conservé, s'il v avait lieu, en tube scellé à la glacière.

2 Essai des sérum.

Afin de voir ce que chacun de mes sérums neutralisait exactement dans le mélange hémolytique, je les essayai, suivant les cas, sur les liquides suivants :

Page 1