PREMIÈRE PARTIE
LOCALISATION DE L'ARACHNOLYSINE, TOXINE HÉMOLYTIQUE DES ÉPEIRIDES
Dans la partie de son travail relative à ses essais sur la loxicité de Latrodectus Erebus Aud. (Karakurte), Kogerr (01) souligne l'identité, au point de vue des propriétés toxiques sur les animaux, des macérations faites avec l’araignée adulte, avec de jeunes araignées fraîchement écloses ou avec des œufs non développés. Les essais sur l’'hémolyse et la coagulation du sang furent, entre autres, faits avec de jeunes araignées nouveau-nées.
Kogert fait la même constatation en ce qui concerne Æpeira diademata Clerck: Le poison se trouve aussi bien dans les œufs ou dans les araignées venant d'en sortir que dans les grosses araignées.
Les grosses Épeires dont se servait Koserr étaient toujours des femelles, et des femelles adultes, c'est-à-dire contenant des ovules déjà avancés; d'autre part, les araignées fraichement écloses contiennent encore dans leur abdomen une très forte quantité de vitellus provenant de l'œuf qui leur à donné naissance. Aussi, au début de mes recherches sur la toxine hémolytique de l'Epeira diademata (arachnolysme de Sachs), en vins-Je à me demander si la présence de cette hémolysine n'était pas indissolublement liée à celle des substances de l'œuf, substances contenues déjà dans les ovules avancés et contenues encore dans les araignées fraîchement éeloses.
Si mon hypothèse était exacte, elle devait être vérifiée par un certain nombre de faits :
19 Les araignées dépourvues de substances ovulaires ne devaient pas contenir d’arachnolysine. Dans cette catégorie nous pouvons ranger d’une part les mâles et d'autre part les femelles venant de pondre leur cocon.
29 Les jeunes araignées devaient contenir de l'arachnolysine tant qu’elles possédaient du vitellus et devaient perdre la loxine au moment où les réserves étaient complètement
consommées. Les araignées sorties de cette phase postembryonnaire devaient rester dépourvues d’arachnolysine, jusqu'au moment où leurs ovaires se développaient.
30 En séparant, dans une Épeire, la masse ovarienne du reste de l'animal, on devait trouver une différence entre les deux lots formés, au point de vue de la teneur en arachnolysine.
Je tentai des expériences suivant ces divers ordres d'idées el mes prévisions furent pleinement confirmées. Je pus acquérir la ceruütude sur ce fait que l'arachnolysine de l'Épeire est localisée dans les ovules et qu’elle suit ceux-ci lors de la ponte.
En outre de l'Epeira diademata Clerck, j'employai pour ma démonstration deux autres espèces du genre Epera : E. cornuta Clerck et Æ. wmbratica Scop., ainsi qu’un Épeiride très voisin : Zilla X-notata Clerck. Ces trois espèces contiennent de l’arachnolysine, tout comme l'£peira diademata. — Les araignées étaient utilisées le plus tôt possible après leur capture. Tout au plus étaient-elles conservées quelques jours dans des verres et bien nourries avec des mouches.
Il ne sera question dans cette partie que des propriétés hémolytiques de l’arachnolysine. La localisation de l’arachnolysine considérée comme toxine générale sera traitée dans une autre partie. — J’employai comme réactif, pour l'hémolyse, des globules de Bœuf bien lavés ; les hématies de cette espèce présentent vis-à-vis de l’arachnolysine une sensibilité sutfisante et surtout très régulière. Toutes les doses de liquides hémolysants étaient amenées au volume de 1 ce. et J'ajoutais dans chaque tube 1 ce. d’une émulsion de globules à 5 p. 100.
Les tubes étaient laissés à la rite ordinaire ou dans une étuve à 38°. Je distinguais, pour l'évaluation des résultats, un certain nombre de degrés dans l’hémolyse : Traces, léger début, début, fort début, hémolyse assez avancée, avancée, très avancée, presque complète, léger louche, hémolyse complète.