‹ Contribution A L'étude Des Toxines Chez Les AraignéesChapitre 56 sur 67 · C. — INOCULATION COMPARATIVE D'ŒUFS D'ÉPEIRIDES A DES ÉCREVISSES · texte numérisé non relu

C. — INOCULATION COMPARATIVE D'ŒUFS D'ÉPEIRIDES A DES ÉCREVISSES

Afin de voir s'il existait entre le venin des chélicères et l'arachnolysine, étudiée dans les chapitres précédents, une profonde différence de nature, j'injectai des macérations d'œufs d'Épeirides à des écrevisses.

20 œufs d'Epeira diademata sont broyés dans quelques gouttes d'eau salée. Le liquide centrifugé est injecté à une écrevisse.

Aussitôt après l'injection, l'animal est contracturé. Puis il manifeste une grande agitation.

Après 20 minutes, il cest encore un peu contracté, mais ila, quand on le touche, des mouvements très vifs,

Il reste ensuite bien portant et normal.

25 œufs de Zilla A-notata dans de l’eau distillée. Ils produisent sur l'écrevisse les mêmes phénomènes de contraeture suivie d’agitation. L'animal redevient ensuite normal.

50 œufs de Zilla X-notata dans de l'eau salée. Ils déterminent chez une écrevisse une paralysie immédiate, comme

le venin des chélicères. Après 1 h. 1/2, l'animal ne donne plus que quelques faibles signes de vie et le lendemain je le trouve mort.

20 œufs d'Épeire ne produisent donc point la mort. 25 œufs de Zilla non plus.

A la dose très forte de 50, les œufs de Zilla produisent la mort par paralysie, comme le venin des chélicères. Mais à dose faible, les œufs d'Épeirides produisent des phénomènes de contracture et d'agitation tout à fait différents.

I y à donc là une différence qualitative très nette qui s'établit entre la toxine des œufs et le venin des chélicères c'est un point que nous retiendrons comme important pour nos conclusions.

D. — Essars SUR L’ANTITOXICITÉ DU SANG DES ARAIGNÉES VIS-A-VIS DU VENIN DE LEURS CHÉLICÈRES.

Les animaux venimeux présentent fréquemment vis-à-vis de leur propre venin une immunité plus ou moins prononcée. Dans un certain nombre de cas, on à pu démontrer que l'immunité venait d’une propriété antitoxique du sang de l'animal.

Mercuxiorr (01) constale le fait pour le Scorpion (Scorpio afer et Androctonus d'Algérie). 0,1 de sang, mélangé à une dose de venin mortelle pour la Souris en une demi-heure, la rend inoffensive.

C. Prisazix et G. BERTRAND (95) montrent que le sérum de Vipère, chauffé 15 minutes à 589 pour détruire sa propre toxicité, puis injecté à un cobaye, protège celui-ci contre une dose mortelle de venin de Vipère. — Le sang de Couleuvre a des propriétés analogues.

C. DeLezexxe et Mile S. Lenesr (voir Lebegr |14]) montrent que le sérum de Naja haje (Cobra d'Afrique) et de Cerastes cornutus (Vipère à cornes) ont, par rapportaux venins des mêmes animaux, une action antagoniste qui les empêche d'engendrer par action diastasique des substances hémolytiques el (oxiques aux dépens des sérums où du vitellus de Poule. Cette action antagoniste est presque rigoureusement spécifique. Le sérum de Cobra africain neutralise en effet le venin du Cobra indien,

mais il est sans action sur ceux de Daboia, Trimesurus, Vipera aspis, elc. Le sérum de Vipère à cornes neutralise le venin de Cerastes vipera, espèce voisine, mais non ceux de Daboia el de Trimesurus.

Les Araignées étant systématiquement voisines des Scorpions, je voulus essayer si je retrouvais chez elles les résultats trouvés par METCHNIKOFF.

Je fis deux séries d'expériences, l’une sur les Tégénaires, l’autre sur les Épeirides. — J'essayai toujours l’anlitoxicilé du sang contre le venin de la même espèce.

Pour prélever le sang des araignées, je coupais une patte et j'aspirais avec une pipette de verre effilée les gouttes qui venaient sourdre à l'extrémité; je recommençais avec plusieurs pattes si cela était nécessaire. Je laissais ensuite reposer la pipette. Suivantles cas, il se formait ou non un caillot fibrineux très ténu. — Le volume approximatif de sang obtenu était donné par pesée ultérieure d'eau distillée, prélevée avec la mème pipette, Jusqu'au même niveau.

Je préparais ensuite le venin par la technique habituelle de tous les essais ci-dessus. Je tàâchais d’avoir une quantité de venin à peu près égale à deux doses mortelles pour l'Écrevisse.

Je divisais ce venin en deux parties, je laissais l'une intacte et Je mélangeais l'autre avec le sang d’Araignée. Sauf exceplions, je laissais reposer le mélange de 5 à 10 minutes.

J'injectais ensuite les deux lots de liquide à deux écrevisses aussi semblables que possible.

Pour quelques expériences, au lieu de mélanger le sang et le venin, J'injéctai le sang seul un certain temps avant d’injecter le venin.

a) T'égénaires. — Voici, donné avec détail, le procès-verbal d’une expérience :

Je réunis 5 femelles de T'egenaria atrica (longueur : 15 mm, 15 mro., 14 mm., 12 mm., 10 mm.).

Je prélève leur sang et j'en obliens Oce 035.

Je prépare du venin en faisant macérer les glandes de la troisième et de la quatrième (1% et 12 mm.) dans environ 1 ec. d'eau distillée.

Je divise le venin en deux parties. A l'une, j'ajoute le sang, à l'autre une quantité équivalente d'eau salée.

J’injecte le premier liquide, à 2h. 55, à l'Écrevisse V + S (longueur : 8,5, poids : 23 gr.).

Le . liquide, à 2 h.50, à l'Écrevisse V (longueur : 8 cm., poids 28 gr. }

D del parésie totale des deux écrevisses. Elles sont tout à fait immobiles (à part les mouvements buccaux) et ne réagissent que si on les pince.

> h. 1/4. — Si l’on place un objet entre les pinces de V, elle le serre. Si l’on pince la queue, elle se contracte.

ÿ + $ ne pince pas, mais sa queue réagit.

3 h. 1/2. — V ne pince plus. Le réflexe caudal subsiste.

V + S a de nouveau des mouvements spontanés, piétine dans la cuvette, pince un peu et présente un réflexe caudal lent, mais assez fort.

3 h. 40. — V est de plus en plus faible.

V +$ est de plus en plus vive. Si on la tient à la main, ses pinces ne pendent même plus. Elle se retourne quand on la met sur le dos.

4 heures. — V est morte.

V +S$S est normale.

Dans cette expérience, l’écrevisse qui a reçu du venin pur meurt avec le processus ordinaire. Celle qui à reçu le venin mélangé de sang semble d'abord devoir subir le même sort, puisqu'elle présente les mêmes symptômes, mais, après une dépression passagère, elle redevient normale.

Je donnerai tousles essais faits sur les Tégénaires (4 compris le précédent) dans le tableau qui suit (voir p. 210-211) :

Le mot «Meurt» indique que lécrevisse succombe en quelques heures, comme il à été décrit dans un paragraphe précédent.

Les résultats bruts 1 les suivants :

Tele MeULCNE LE EM a DIE de as 4 cas.

Las LOU ENTERREMENT Re JACASS NÉS ETUI NID OUT ER ccm career JNCAS:

A cause des peliles quantités de sang dont Je disposais, j'étais obligé de prendre, pour le venin, des doses évaluées comme très voisines de la dose mortelle minima. D'autre part, les quantités de sang étant petites, si elles étaient antitoxiques,

ANN. DES SC. NAT. ZO0OL., 40e série, 1916,;01, 14

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elles devaient aussi certainement se trouver au voisinage de la dose antitoxique minima.

Il était done à prévoir que, dans les conditions où J'opérais, je devais avoir des cas de double mort et des cas de double survie.

Sur 15 expériences, nous trouvons 6 cas rentrant dans ces cas négatifs prévus et 9 cas positifs de protection par le sang contre le venin. — Nous ne trouvons aucun cas de mort de l’écrevisse VHS avec survie de l’écrevisse V.

Nous pouvons donc conclure que le sang des Tégénaires étudiées possède, vis-à-vis du venin des chélicères de Ia même espèce, une propriété antitoxique très nette.

Il suffit de mélanger le venin et le sang pendant un temps qui peut être très court (5 à 10 minutes). On peut aussi injecter à l’écrevisse le sang avant le venin, même trois heures avant.

L’injection du mélange (sang + venin) détermine généralement un malaise analogue aux premiers symptômes de l’intoxication par le venin pur, mais le sujet guérit rapidement.

La quantité de sang d’Araignée capable de protéger une écrevisse contre la dosemortelle minima de venin est de l’ordre de grandeur de O0cc,050.

J'essayai de voir si l’action antitoxique du sang d'Araignée résiste à la chaleur. Je portai, avant de l'utiliser, le sang d'Araignée environ une heure vers 72e.

2 Tegenaria atrica © (longueur : 12 mm. et 10 mm.)

Je prends le sang des deux (0,025) et le venin de la première. Je mets le sang dans 1/2 ce. d'eau salée et je le porte, pendant

1 h.5, dans l'étuve à 720, — Après chauffage, le liquide est laiteux,

floconneux et épaissi. J'injecte à des écrevisses :

NES A SRE 1/2 du venin + eau salée. MA SUCER Te 1/2 du venin + sang chaufré.

Les deux meurent avec le processus ordinaire,

Même expérience.

3 Tegenaria parietina Q (longueur : 10 mm., 9 mm., 8 mm.). »}

Sang des 3 (0,015) dans Oce,4 d'eau salée. Chauffé 1 heure à

Te0-109,

Préparé le venin de la première,

Injections :

DES 1. «lle du,vehin eau salée.

NAS Le ce SORT 1/3 du venin + sang chauffé.

V + SC survit normalement après un malaise passager.

V commence par une parésie totale. Puis elle se rétablit à peu près, mais reste affaiblie. Elle s'affaiblit de plus en plus et meurt en six jours.

Même expérience.

4 Tegenaria parietina Q (longueur : 15 mm., 12 mm., 10 mm., 8 mm.).

Préparé le venin de la première.

Pris le sang des 4 (0cc070). Dilué dans 3/4 de cc. d'eau salée et divisé en deux.

Une part est laissée intacte. L'autre est chauffée 1 heure à 720. Injections :

NÉ TURR Se ENTRE PE 1/3 du venin + eau salée. eo gene ae 1/3 du venin + sang intact.

NAS A 2e te Lu sonate à 1/3 du venin + sang chaufré.

V meurt avec le processus ordinaire.

V + $S, après une parésie passagère, se rélablit un peu; mais elle reste affaiblie, s’affaiblit de plus en plus et meurt en trois jours.

V + SC, après un malaise passager, redevient normale.

Dans le premier cas, les deux écrevisses meurent rapidement. La dose de sang était probablement trop faible : nous ne pouvons pas conclure. É

Dans le deuxième, le sang chauffé a certainement une action protectrice.

Dans le troisième, son action protectrice se montre plus grande que celle du sang non chauffé.

Il semble que non seulement le chauffage à 720 n'altère pas la propriété antitoxique du sang de Tégénaire, mais encore qu'il augmente.

8) Epeirides. — Je fis avec des Épeirides des essais sur l'antrtoxicité du sang identiques aux précédents. — 11 expériences

avec Epeira diademata etune avec Zilla X-notala sont résumées dans le tableau suivant :

‘JINO NY

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