EXPÉRIENCES PERSONNELLES SUR LE VENIN DES CHÉLICÈRES
Mes expériences sur le venin des chélicères sont moins nombreuses et surtout moins suivies que celles faites avec
(4) = Argiope Bruennichi Scop.
ANN. DES SC. NAT. ZOOL., 10° série, 1916, 1, 13
les toxines d'œufs. Un grand nombre d’entre elles datent d'ailleurs du moment où j’abordais la question de la toxicité des Araignées et où je ne m'étais pas encore particulièrement attaché à l'un des aspects de la question.
Les résultats que j'ai obtenus sont cependant assez précis et assez nouveaux pour que je les expose ici en quelques pages. Je chercherai surtout à voir si l’on peut, au moyen de ces résultats, établir un rapport quelconque entre le venin des chélicères et les toxines des œufs.
$ 1. — Mode opératoire.
J'utilisai uniquement des Araignées très communes :
Des Épeirides : Æpeira diademata Clerck, ÆEpeira cornuta, Clerck, Zilla X-notata Clerck.
Des Agélénides : T'egenaria atrica C. Koch. et Tegenaria parielina Fourcroy.
Un Dictynide : Amaurohius feror Walck..
Je dois dire tout de suite que les résultats donnés par ces diverses espèces furent, qualitativement, absolument identiques. Dans la répartition des résultats en divers paragraphes, je ne tiendrai donc compte que secondairement de l'espèce utilisée.
Je vis également que les quelques mâles que je pus me procurer furent tout aussi venimeux que les femelles et que, pour les espèces que je pouvais avoir toute l'année, la saison n'influait nullement. Je reviendrai d’ailleurs sur ces points.
Qu'il s’agit d'hémolyse ou de toxicité, le venin était toujours préparé de la même façon, par broyage des glandes.
Je séparais d’un coup de ciseaux rapide le céphalothorax de l'abdomen et, par des piqüres d'épingle dirigées vers le centre de ce céphalothorax, je m'efforçais d'effacer le plus rapidement possible les dernières traces de vitalité. J'évitais ainsi toute perte de venin qui aurait pu se produire par contraction de la paroï des glandes, si l'araignée s'était débattue et défendue.
Ayant épinglé le céphalothorax sur un liège, sous la loupe binoculaire, je l'ouvrais d'arrière en avant et je voyais bientôt apparaître, distendues par le venin, les deux glandes cherchées. Saisissant doucement l’une d'entre elles entre les mors d’une pince fine, J'opérais une légère traction. La glande venait toujours avec tout son canal excréteur ; pas une parcelle de venin ne s’échappait.
Plaçant les glandes ainsi extraites dans un petit mortier <le cristal, Je perforais leur paroi de facon à laisser s’écouler le venin et je dilacérais ensuite cette paroi avec des aiguilles. J’arrosais le tout d’une petite quantité d’eau distillée ou d’eau physiologique. Après décantation à la pipette effilée, le liquide était prêt à être employé. Toutes les opérations étaient bien entendu faites aseptiquement.
Il est difficile d'évaluer exactement la quantité de venin recueillie. Les quantités mises en œuvre avant toujours été extrêmement petites, la dessiccation rapide rendait {toute pesée illusoire. On peut simplement avoir un ordre de grandeur en donnant par quelques exemples les dimensions des glandes.
Une glande venimeuse d'Araignée à à peu près la forme «d'un cylindre, arrondi à l'extrémité antérieure et effilé à l'extrémité postérieure. — On peut avoir une limite supérieure -de la quantité de venin contenue, en assimilant la glande à un -ylindre et en négligeant l'épaisseur des parois.
Espèce et longueur Longueur” Diamètre Limite supérieure de l'araignée. des maximum de la quantité glandes. des glandes. de venin.
Tegenaria atrica-18 mm..........:.. 54111) 00 0e EL © a nat 2mmey/3 | 4 mm. 3/4 mm. tume1)3 Épeira diademata-14 mm. envir..... 3,1/3 2/3 mm. Ame} DA 2/3 mm. jument Epeira diademata-12Mm,5.,,,,...:... 2mm,5 omm,5 1/2 mme. 2 mm. Oum 5 2/5 mme.
Epeira diademata-10 mtmn............ 1 mm. omm,5 1/5 mme, 1 mm. Om, 1/5 mme.
Amaurobius feroz-12 mm........ SR RS) omm ; 1/2 mme. 3 mm. omm,6 4/5 mmc.
Pour des individus de la même espèce et de la même lonægueur, on trouve d'ailleurs de très grandes différences dans la
taille des glandes. — Cependant, dans les grandes lignes, la taille des glandes est en rapport avec celle des individus et diminue très rapidement avec elle.
On voit aussi qu'une araignée, mème de très grande taille comme la Tégénaire ci-dessus, ne fournit en somme qu'un très pelit volume de venin.
Quand je parlerai du « venin d'une araignée », je voudrai toujours désigner la macération de ses deux glandes venimeuses gonflées de venin, crevées et dilacérées dans de l'eau distillée ou salée.
Je réunirai dans un premier groupe tous les essais hémolytiques faits avec le venin des chélicères.
$ 2. — Essais hémolytiques.
Je pris comme réactifs des globules de Cobaye (réfractaires à l'action des toxines d’œufs) et surtout des globules de Bœuf (sensibles).
J'essayai l’action directe du venin, mais souvent, après constatation d’un résultat négatif, j'ajoutai divers adjuvants présumés.
19 — Epeira diademata. — 3 femelles (long. : 13 mm., 10 mm., 10 mm.).
Venin total des deux premières et 1/2 du venin de la troisième dans quelques gouttes d'eau distillée. Ajouté 7 ec. d'une émulsion légère de globules de Cobaye. — Rien.
29 — Epeira diademata. — 3 femelles (12 mm., 11 mm., 10 mm.).
1/2 de leur venin dans quelques gouttes d'eau distillée. Ajouté 2 ec. d’émulsion de globules de Cobaye à 2,5 p. 100, — Rien.
39 — Tegenaria atrica. — Une femelle de 14 mm.
Venin total dans 1 ce. d’eau salée. Ajouté 8 cc. d'émulsion de globules de Bœuf à 1 p. 100. — Rien.
49 — Tegenaria atrica. — Une femelle de 18mm,5,
Venin total dans 1/2 centimètre cube d’eau salée. Ajouté 1/2 centimètre cube de lécithine à 1/5000. Mis 1 centimètre cube d'émulsion de globules de Bœuf à 5 p. 100. Rien.
59 — Æpeira diademata. — ? femelles de 12mm,5 et {{mm 5,
Venin total dans 1/2 ce, d'eau salée. Ajouté 1/2 ec. de lécithine à 1/5000. Mis 1 ec. d'émulsion de globules de Bœuf à 5 p. 100. Rien.
G° — Æpeira diademata. — 3 femelles (1imm 5, 10mm5, 10 mm.).
Venin total dans 1 ce. d’eau salée. Mis 1 ce. d'émulsion de globules de Bœuf à 5 p. 100. — Rien après 12 heures.
Ajouté 1/2 ce. de lécithine à 1/5000. — Rien.
79 — Epeira diademata. — ? femelles (13 millimètres, 13 mm.).
Venin total dans 1/2 cc. d'eausalée. Ajouté 1 ce. de globules de Bœuf à » p. 100. — Rien.
Ajouté ensuite 1/2 ec. d’eau salée contenant 10 œufs de Meta segmentata (œufs « complémentaires »). — Rien.
Je n'ai donc pu déceler aucune propriété hémolytique dans le venin des deux espèces étudiées, ni action directe, ni action indirecte (avec un adjuvant).
Trop peu nombreux pour donner lieu à une conclusion générale, ces quelques résultats, tous négatifs, obtenus avec deux espèces dont les œufs sont fortement hémolytiques, méritent cependant d’être retenus.
Ils tendraient plutôt à la négation d’un rapport entre le venin des chélicères et les toxines des œufs.
$ 3. — Essais de toxicité.
A. — EssAIS DIVERS D'INTOXICATION.
Je parlerai d'abord des expériences faites sur le Lapin par injection intraveineuse. Ces expériences sont, en effet, les plus directement comparables aux essais exécutés avec des toxines d'œufs.
Je réunis 6 individus de T'egenaria atrica (longueur et sexe : { 3nm ee 42mm 0: 42mm Ge {0mm œ, 40mm , {mm GR
Tout leur venin est mis à macérer dans quelques gouttes d'eau distillée. — J'ajoute de l’eau physiologique et j'injecte le tout (1 ce. environ) dans la veine marginale de l'oreille d’un lapin. — Rien.
Essai identique avec 6 individus d'£peira diademata, tous @ (longueur : 42 mm., 11 mm., 11 mm., 10 mm., 10 mm., 10 mm ).
Une des glandes de la 2° et toutes les glandes des 5 autres sont macérées et le liquide est injecté dans la veine d'un lapin. — Rien,
Le venin de 6 Tégénaires ou de 6 Épeires ne produit donc rien dans ces conditions.
Pour voir s'il y avait une forte action locale, je fis des injections sous-cutanées à une souris et à une grenouille :
3 © de T'egenaria atrica (longueur : 15 mm., 15 mm., 15 mm.)
Broyé leurs glandes venimeuses avec du sable. Décanté et injecté sous la peau du dos d'une souris blanche, Une demi-heure après, la souris se lèche un peu à la place piquée. — Rien d'autre.
a Q@ de Tegenaria parietina (longueur : 9 mm., 9 mm., 8 mm.. 8 mm.).
Macéré tout le venin dans quelques gouttes d'eau distillée. Ajouté de l’eau physiologique ; en tout 3/4 cc..
Injecté sous la peau du dos d’une grenouille, Rien,
En somme, je n'ai rien observé qu'un léger signe de gêne, peut-être locale, chez la souris. Peut-être encore n'était-elle due qu’à la piqûre.
Pensant que les animaux essayés jusqu'ici étaient trop gros, je pris comme sujets des têtards de Crapaud accoucheur (Alytes obstetricans Laur.).
9 © d'Æpeira cornuta (longueur : 13 mm., 12 mm., 11 mm. 11 mm., 11 mm., 10 mm., 10 mm., 9 mm., 8 mm.)
Broyétoutle veninavec dusable dans quelques gouttes d'eau distillée.
Pris 8 têtards ayant déjà les pattes postérieures formées et injecté à chacun 1/18 du total. L'injection est faite avec une pipette effilée, sous la peau du flanc, à la naissance de la queue.
Injecté également 1/9 du total à un tètard plus gros.
Après l’injeelion, deux des petits ont une nage particulière, avec de: grands coups de queue saccadés, rappelant un peu la nage des larves de Chironome. Cette particularité disparait et tous restent bien portants.
2Q de T'egenaria atrica (longueur : 17 millimètres et 14 millimètres).
Broyé tout le venin dans quelques gouttes d'eau distillée. Injecté 1 /+ et 1/3 à 2 têlards dont les pattes commencent à apparaitre.
Immédiatement, ils nagent en tournant autour de leur grand axe et s'engourdissent, Sion les touche, ils ontdes tressaillements de la queue.
1/2 heure après la piqûre, ils ne réagissent plus que très faiblement.
1 heure après, ils sont morts.
Lavé le résidu du broyage avec un peu d'eau distillée et injecté à 5 têtards (à chacun 1/10 du lavage). L'un reste normal, les autres pré-
sentent des troubles de la nage (nage à coups saccadés ou nage
rotative). Ils s'engourdissent ensuite tous. Le lendemain, ils sont guéris et survivent.
6 témoins à l’eau distillée pure restent normaux.
À faible dose, nous observons donc sur les tétards des troubles moteurs. — À forte dose, engourdissement et mort.
Le venin des chélicères est donc toxique pour de très petits Vertébrés comme des têtards. Environ 1/15 du venin d’une forte Tégénaire produit des troubles. 2/3 du venin sont rapidement mortels. |
Je voulus surtout essayer l’action du venin des chélicères sur des Arthropodes. — Les proies habituelles des Araignées sont, en effet, surtout de petits Arthropodes, principalement des Insectes, et Jes observations les plus fréquentes que l’on ait faites sur la toxicité des Araignées sont relatives à la mise à mort, par morsure, des proies capturées.
J'essayai donc d’inoculer des insectes relativement gros, comme des Blattes ou des Hannetons. L’injection était faite avec une pipette très effilée, entre deux anneaux de l'abdomen. S'ilest vrai que les animaux intoxiqués moururent plus vite que les témoins inoculés à l'eau pure ou à l’eau salée, le nombre de ces derniers qui succombèrent fut néanmoins trop grand et les résultats observés furent trop irréguliers pour que je tienne compte de ces essais. |
Une expérience faite sur un scorpion (Buthus europæus L.) ne fut pas plus démonstrative.
J'eus alors l’idée de prendre un Arthropode relativement grand, auquel l'injection pourrait être faite sans traumatisme appréciable et qui posséderait une quantité de sang suffisante pour que la masse injectée devienne négligeable vis-à-vis d'elle. Je choisis l'Écrevisse, sujet relativement robuste et facile à conserver dans de bonnes conditions.
B. — Essais D'INTOXICATION SUR L'ECREVISSE.
J'opérai sur les deux espèces communes dans nos marchés : le plus souvent sur Astacus fluviatilis Fabr., parfois sur Astacus
leptodactylus Esch. Les sujets mesuraient en moyenne 8-9 cm. du rostre à l'anus et pesaient une trentaine de grammes.
L'inoculation avait lieu à l’articulation située entre la hanche et le fémur. Je perçais la membrane articulaire avec la pipette effilée et, en soufflant doucement, j'injectais le liquide. En retirant la pipette, je n’observais aucune perte de substance. Je choisis toujours la quatrième patte ambulatoire afin de ne risquer de léser aucun des appareils génitaux.
Des témoins inoculés à l’eau pure ou à l'eau salée me démontrèrent l'innocuité parfaite de ces liquides, à des doses deux et lrois fois plus fortes que celles que j'injectais habituellement.
J'oblins des effets d’une grande régularité et si comparables que je pus faire des essais très suivis. — Voici deux exemples d'expériences :
Les glandes venimeuses d’une femelle de 7Tegenaria parietina (longueur : 12 mm.) sont broyées dans quelques gouttes d’eau distillée.
La moitié de la macération est injectée à une écrevisse (longueur : 8em1/2, poids : 25 gr.) à l'articulation coxo-fémorale de la quatrième patte ambulatoire.
Presque aussitôt l'écrevisse est atteinte de parésie totale : aucun mouvement locomoteur spontané. Si on la tient à la main, les pattes pendent inertes.
Après 20 minutes, on ne perçoit plus que quelques mouvements spontanés des pièces buccales. Si l’on pince la queue, faible réaction. Si l'on place le doigt dans une pince, l'animal serre très faiblement.
Après 35 minutes, la queue ne réagit plus, la pince encore un peu.
Après 1 h. 50, mort.
Même expérience avec la totalité du venin d'une © d'£Epeira diademala (longueur : 12 mm.). — Sujet : écrevisse (longueur : 8cm,1/2, poids 28 gr.).
Après dix minutes, l'animal est très affaibli; quand on le prend à la main, les pinces pendent.
Après 1 h.20, affaiblissement considérable. Plus que quelques faibles mouvements spontanés. Les réflexes de la queue et de la pince subsistent.
Après 2? heures, plus de réflexes. Comme signes de vie, plus rien que quelques faibles mouvements buccaux.
Le lendemain, l’écrevisse est trouvée morte,
On observe, dans ces deux cas, une paralysie motrice progressive, d’abord des mouvements volontaires, puis de tous les mouvements. Ce processus aboutit à la mort.
Mes essais ayant été très nombreux, je les rassemblerai. y compris les deux précédents, dans les tableaux qui suivent. — J'employai le venin de deux Agélénides : T'egenaria atrica C. Koch et Tegenaria parietina Fourcroy, de deux Épeirides : Epeira diademata .Clerck et Zilla X-notata Clerck, d'un Dictynide : Amaurobius feror Walk.
L'indication : « Meurt » signifie dans les tableaux que l’écrevisse succombe dans des conditions analogues à celles des exemples précédents : apparition rapide de la paralysie et exitus en quelques heures, un jour au plus.
Comme indications de la quantité de venin, je donnerai la longueur des araignées employées et la fraction utilisée de leur venin total. « 1/n de p » signifiera 1/n du venin total de p araignées.
TEGENARIA ATRICA
Quantité de venin Résultat de ({/n du venin total Longueur et sexe l'injection du venin à N° de p araignées). des araignées. l'Écrevisse. Melo lee. 45 mm. © Meurt en 1/2 heure.
145 mm. © ù 10 mm. © eAlotal de 22. 2 MATOS Meurt en 5 minutes.
1m MO Jar Æider te. cure 18 mm. 9 Meurt en 2 jours. 13 mm. 9© 42 mm Q 11 mm. 9 PME CNET AN PE 44 mm. 9© Meurt.
1280. 6 500 te HP OR ER RACE 14 mm. © Meurt.
12#mm-0 Cal 2er men 42 mm. 9 Meurt.
12=mMmmMm. © HN CONCERTS LARTMN- 0 Meurt.
AMMINNO 8 1 glande de 1.... 18 mm. © Survit2 jours sans troubles. DOM CS EE HemmMne Meurt.
ROMA dE LE RE er 16 mm. © Meurt.
AA de A, 13 mm. © Meurt.
ANT ONE ET TERRE 10 mm. 9© Meurt en 1 jour.
REA PAT LE PE ANT 10 mm. © Meurt en 2 jours.
d'OS AMEL MERE 10 mm. © Survit 9 jours sans troubles. En EG ON LATE 18 mm. 9 Meurt.
TEGENARIA PARIETINA
Quantité de venin Résultat de (L/n du venin total Longueur et sexe l'injection du venin à de p araignées). des araignées. l'Écrevisse.
PUS a dodo 14 mm. © Meurt.
8 mm. © à 8 mm. © 1 DRE Se 13 mm. © Meurt.
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1Stde rer 140 mm. © Meurt.
8 mm. 9 HMS Re 45 mm. © Meurt.
LU ES ASUS cor 43: mm. Meurt.
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13e MRC 45 mm. 9© Meurt.
RGO Es oc 43 mm. © Survit affaiblie.
DÉC ER AR ONE rite. LC Survit après un fort malaise.
18 dede 15, mo Meurt en 3 jours (affai-
blissement rapide).
EPEIRA DIADEMATA
Quantité de venin Résultat de ({/n du venin total Longueur et sexe l'injection du venin de p araignées). des araignées. à l'Écrevisse. lotal dense ini € Meurt.
HSM 0 (PAG RER 0e 15AMmME NO Meurt.
19 mm. © LA r2 228786 14 mm. © Meurt.
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12mm APS de RE Te 43 mm. © Meurt.
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Total deterse 13 mm. © Survit après malaise passager.
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Totalidentr. T2 MMS Meurt.
Total de "7" 11 mm. © Meurt.
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4 glande de 1.... 13 mm. © Meurt.
l'en etsre 12imm 00 Meurt.
PAC ER STE 12:mm. © Survit. Affaiblissement passager.
l/2r des en 12 mm. © Meurt.
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PE ON RE PA tin LS Survit sans troubles.
Quantité de venin . Résultat de (4 n du venin total Longueur et sexe l'injection du venin à No de p araignées). des araignées. l'Écrevisse. 19 1 glande de 15... 12 mm. © Meurt.
20 1 glande de 1.... 12 mm. © Meurt.
PRE dele ee Al mm. © Meurt.
MR de Lens 11 AC Survit 3 jours après un malaise passager.
23 DEA OPA RAR 10 mm. © Survit. Affaiblissement très passager.
24 Lodel er re 14 mm. 9 Meurt.
25 dde 12 mm. 9© Survit. Malaise très passager.
ZILLA X-NOTATA
Résultat de
Longueur et sexe l'injection du verin No Quantité de venin. des araignées. à l'Écrevisse. de NAIOEREEe 9 mm. 9Q Meurt en 1 bh. 1/2.
8 mm. 9Q At der ere 10mm. © Meurt en moins mm. 0 de 12 heures.
9 mm. ©
AMAUROBIUS FEROX
Résultat de
\ Longueur et sexe l'injection du venin N° Quantité de venin. des araignées, à l'Écrevisse. EFotalde tt: A1 mm. © Meurt en moins de{2heures D'mtotalide dress: Snm € Affaiblissement très intense
pendant #jours. Se ranime peu à peu et survit paralysée.
Dans le plus grand nombre des cas, l'écrevisse mourut en quelques heures avec paralysie progressive, comme dans les exemples donnés en détail. — Parfois la mort fut extrèmement rapide. — D'autres fois, elle fut au contraire très lente : la paralysie apparaissait alors plus lentement et Ja mort ne sur-. venait qu'au bout de deux ou trois jours.
On peut attribuer les cas de survie, suivant les cas, soit à la vigueur du sujet, soit à l'insuffisance de la dose de poison. — Dans ces cas de survie, l'animal ne présentait quelquefois aucune espèce de troubles. Dans d’autres expériences, l'écrevisse était frappée de paralysie tout comme dans les cas mortels, mais, quelques heures après, on voyait les mouvements renaitre peu à peu et le sujet revenait à l’état normal.
Dans deux cas, l'écrevisse survécut très affaiblie, avec des phénomènes paralyliques résiduels.
Le processus est toujours le même : paralysie progressive, mais nous le trouvons à des degrés divers, depuis l'absence de tout trouble jusqu’à la mort rapide, en passant par le malaise passager, la paralysie permanente et la paralysie s’aggravant lentement jusqu’à la mort.
L'évaluation de la dose mortelle minima est assez illusoire. Nous pouvons cependant la situer à peu près à :
1/3 du venin total d'une Tégénaire moyenne (14-15 mm.).
1/2 du venin total d'une Épeire diadème moyenne (12- 13 mm.).
Nous avons vu que ces doses peuvent correspondre, en complant très largement, au plus à une quantité de venin liquide comprise entre 1/2 mm° et { mm.
Ces venins sont donc très toxiques pour l'Écrevisse.
Les expériences n° 5 du tableau relatif à T'egenaria parietina et n°2 du tableau relatif à Amaurobius feror nous montrent que le venin des mâles à les mêmes propriétés que celui des femelles.
La moitié du venin total de la Tégénaire produisit une paralysie immédiate avec mort 2 h. 3/1 après.
Le venin total de l'Amaurobius G produisitune paralysie immédiate. L'écrevisse resta 4 jours en ne présentant que quelques rares mouvements volontaires, puis son état s'améliora un peu. Cependant la paralysie persista pour une grande part et, douze jours après, l'animal ne pouvait encore pas se relourner seul quand on le placait sur le dos.
Il peut sembler étonnant de voir une écrevisse succomber à l'injeetion du venin d'une femelle d'Amaurobius de 11 mm. et survivre, malade il est vrai, à l'injection de celui d'un mâle de 42 mm.
L'explication nous est donnée par la mesure des glandes venimeuses :
2mm } : Ÿ (mm r 1 2 cPeLonpie due Diamètre" en us È RUES mm. (mme maximum 4/5 mme.
2mm 95 l " Qum ?; f mme FLO Diamètre : 5 foomes S 129 PUR (omm,4 maximum 1/3 mme.
Il n’y à pas là différence de qualité, il n°v a qu'une différence de quantité. — Le venin du mâle est identique à celui de la femelle. La quantité était seulement insuffisante pour produire la mort et les phénomènes d'intoxication, d'abord identiques à ceux produits par le venin de la femelle, n’ont abouti qu'à une paralysie chronique.
Ayant pu me procurer des Tégénaires toute l’année, je pus constater que la saison n'’influait nullement sur la toxicité du venin de leurs chélicères. — Elle est la même, par exemple, en juin et en février. |
Il faut noter comme un point très important que lesglandes venimeuses de Tegenaria parietina contiennent un venin aussi actif que celui des autres espèces alors que ses œufs ne contiennent aucune toxine.
L'Écrevisse étant un sujet commode, donnant des résullats tout à fait comparables, c'est sur cet animal que je fis la plupart des expériences concernant le venin des chélicères ; notamment celles relatives à l'action de divers agents physiques.
Étude de quelques actions physiques sur le venin des chélicères. — Le venin résiste parfaitement à la dessiccation. J'ai pu conserver quelques jours des glandes desséchées sur lame et constater que leur macération avait les mêmes propriétés que la macération de glandes fraiches.
J'étudiai l'action de la chaleur :
Le venin de 4 femelles de Tegenaria atrica(longueur : 12 mm., 11 mm., 11 mm., 11 mm.) est macéré dans quelques gouttes d'eau distillée et enfermé dans un tube scellé que je plonge 5 minutes dans l'eau bouillante. Je l'injecte ensuite à une écrevisse qui n’en souffre
nullement.
Dans une autre expérience, je divise en 4 portions égales le venin de 4 T'egenaria atrica Q (longueur : 18 mm., 13% mm., 12 mm.,11 mm.) et je porte ces portions à diverses températures.
Une est maintenue à 150.
Une est portée 40 minutes à 52°.
Une est portée 40 minutes à 70°.
Une est portée 15 minules à 100°.
J'injecte ces divers liquides à des écrevisses de même taille, Toutes survivent, la dose de venin étant probablement trop faible. Mais tandis
que les deux premières présentent de façon identique des phénomènes passagers de paralysie, les deux autres ne souffrent nullement.
Le venin est donc détruit par la chaleur, vers la température de coagulation des albuminoïdes.
Je voulus voir si le venin était sensible à l’action des rayons ultra-violets.
Le venin de 2? Æpeira diademata Q (longueur : 14 mm. et11 mm.) est macéré dans de l'eau distillée. La moitié reste intacte, l’autre est irradiée 5 minutes, par une lampe à mercure, à petite distance. Les deux ont une action identique sur des écrevisses (mort avec processus normal.)
Mème essai. Venin de 2 Æpeira diademata © (longueur : 13 mm. et 10 mm.). Irradiation de la moitié du venin pendant 1 heure. Aucune atténuation. Les deux écrevisses meurent de facon identique.
Le venin des chélicères n’est donc pas sensible à l'action des rayons ultra-violets.