RON
En résumé, notre attention est attirée :
— par le caractère gravidiqce de cette HT.A. : apparition lors d’une grossesse gémellaire, réapparition au cours des grossesses ultérieures, j
— par son aggravation progressive deux ans après le derréer épisode puerpéral et sa traduction alors par des épistaxis, ces troubles visuels et un caractère rebelle à la thérapeutiques,
— par la prédisposition familiale certaine qui entre dans le cadre de cette « prédisposition angiopathique hypertensive héréditaire et familiale » (VIGNES, BALARD et CHASTRUSSE),
— enfin par le syndrome associé de dysendocrinie, dominé par une hyperæstrogénie, ce qui soulève à nouveau le problème de l'intervention des hormones génitales dans le mécanisme régulateur de la TA.
S.. Fatma
Jeune indigène de 19 ans, présente actuellement un syndrome de Sheehan.
— L'interrogatoire, bien que difficile, apprend que cette Jeune femme, autrefois et depuis l'âge de 14 ans, parfaitement réglée, a accouché il y a 4 mois. Quoique relativement lscile, l'accouchement semble avoir été très hémorragique (la melade aurait saigné pendant deux jours).
— Cette malade entre en Octobre à l'hôpital de Mustapha pour un état fébrile asthénie douleurs de la FI.D. Dès son entrée, le diagnostic est porté de phlegmon du ligament Lkrge gauche avec phlébite du ligament utéro-sacré gauche et de la corne droite. Quelques jours p'us tard on note un utérus très largement augmenté de volume avec une masse à gauche, collée à la paroi mais assez libre en arrière. Plus en arrière encore on constate une seconde masse mobile et
nn
indépendante. Cette dernière persiste un mois plus tard alors aue la première a diminué de volume sous l'influence d’un traitement de 15 jours à la pénicilline - streptomycine - héparine d’abord, puis au propidon.
.. — Cependant, en dehors de cet épisode thrombophlébitique, l'attention est attirée sur l'appareil endocrinien par
— une aménorrhée persistante depuis son accouchement.
— une agalactie précédée d’hypogalactie (l'enfant n'a été guère nourri que pendant deux semaines).
.— une disparition de la toison pubienne.
— un état de maigreur : 35 kg pour 1m. 43 qui s'associe à un aspect infantile frappant.
Les examens de laboratoire alors demandés révèlent uns anémie à 3.575.000 Gr. une lymphocytose à 56 % — une cholestérolémie à 1,40 et une glycémie à 0,83. Par ailleurs les 17 céto-stéroïdes sont abaissés à 4mgr. 6, les phénostéroïdes sont à 90 gammas et le prégnandiol à 3 mgr.
— Les investigations n'ont malheureusement pas pu être poursuivies mais cependant il est possib'e d'affirmer qu'il s’agit là d’un syndrome de Sheehan, déclenché, comme cela à d’ailleurs été déjà signalé, à la suité d’une infection puerpérale, ici une thrombo-phlébite pelvienne.
OBSERVATION N° 15 (Pr. LAFFONT et Pr. Ag. BONAFOS)
M.D... Marcelle, 36, ans, institutrice
— Consulte le 7 Juillet 1950 pour troubles multiples et variés du post-partum.
Après une mauvaise grossesse (vomissements notamment), cette femme accouch® le 17 mars 1950. Accouchement très rapide et « sans douleurs ». Bonne moaitée de lait mais intrrüption de l'allaitement dès les prémiers jours par le médecin traitant. Lever le Sème jour. Mais en raison d’une faiblesse des membres inférieurs et de violentes douleurs pu-
biennes, sacro-iliaques et lombaires, la femme s’alite définitivement.
Plusieurs médecins sont consultés qui objectivent successivement
— une aménorrhée persistante. Alors que les lochies ont persisté rouges puis « sales » pendant longtemps, le retour de couches est survenu 64 jours après l’accouchement. Ultérieurement les règles se sont réduites à un « simple filet noirâtre ».
L'examen gynécologique découvre d’ailleurs
— un vaginisme avec prurit périnéal (avec dyspareunie as- sociée)
— un vagin œdémateux avec vaginite séreuse, un nodule cicatriciel intéressant tout le dôme vaginal gauche — un nodule douloureux au niveau de la corne droite — un eol déchiré, petit — un état congestif de la muqueuse de l’endovol avec état adénomatoïde de la lèvre antérieure — un utérus sub-normal un peu augmenté et anteversé — « une très vive douleur à la palpation des ligaments utéro-sacrés ».
— des douleurs diffuses au niveau du rachis — des membres — et des articulations, d'allure rhumatoide — des doulours au niveau de la voûte plantaire. L'impotence est considérable; incapable de se tenir debout ni même assise, la malade n'est soulagée que par le décubitus dorsal.
A l’examen neurologique
— hypotonie et douleur à la pression des masses museuiaires abdominales, crurales, périnéales, faisant porter le diagnostic de névralgie abdomino-génitale.
— une sensibilité normale
— des réflexes cutanés et tendineux normaux
— une nette hypersympathicotonie avec élévation du ré- Îlexe oculo-cardiaque.
Les radiographies du squelette objectivent une décaleilication diffuse notamment au niveau du pelvis et le diagnostic d’ostéomalacie est avancé.
Par ailleurs, le calcium total atteint 0,1000 mgr/litre, le calcium ionisé 0,042 mgr/litre, les protides totaux 75 gr/litre.
et les urines contiennent des phosphates et du carbonate ie
chaux.
— L'état général est altéré ; l’amaigrissement est considérable. L’insomnie tenace, la T.A. basse (9 1/4 - 7 1/2).
On note :
— un hirsutisme généralisé et plus particulièrement marœqué au niveau des membres inférieurs, du pubis, des seins, de la lèvre supérieure et des régions masseterines.
__ des taches pigmentaires grosses et nombreuses, recouvrant la moitié du corps, qui seraient apparues en cours de grossesse. D'ailleurs le chlossma persiste après l’accouclement.
— une extinction de la voix.
__ d'ailleurs, le psychisme s'en ressent : la malade est anxieuse de façon permanente, obsédée par l'idée du cancer. Il s'y associe : une psychasthénie avec hypoidéation et perte de la mémoire et de la volonté — une tendance à l’auto-comtemp'ation hypocondriaque — des cyclothymies avec impulsions coléréuses et hyperémotivité — des paresthésies (sencations de « bêtes dans l'abdomen ») — et des tics multiples.
En outre l'examen des autres appareils révèlent
__ une colite chronique spasmodique avec constipation opiniâtre — ptose colique — lenteur de progression du transit baryté — parfois selles sanglantes. Cependant l'examen parasitologique ne décèle ni kystes ni œufs.
— une pyorrhée alvéolo-dentaire avec gingivite hypertrophique.
— une ptose rénale avec hypotonicité pyélocalicielle, hydionéphrose, pyélite, cystite, urétrite.
— enfin le laboratoire ajoute encore
— cephalin-test +
— Mac Lagan +
-— Takata Ara +
— Test de Gros 1,38 au lieu de 2.
La note endocrinienne :
— évoquée par l’hirsutisme, l'extinction de la voix, l’hémisyndrome pigmentaire, l'aménorrhée, mais aussi par un certain éclat du. regard, un tremblement, une hyperesthésie générale, malgré une très faible augmentation de volume du corps thytoïde,
— est encore affirmée par le taux du prégnandiol à 25 mgr. alors que les 17 céto- stéroïdes sont à 9,5 mgr. et les phénolstéroïdes à 54 gammas.
Cette observation nous a retenu longuement, du fait de :
— la survenue simultanée après un accouchement normal de troubles génitaux, généraux, métaboliques et psychiques.
— alors que la note endocrinienne est multiple, faite d'hyperthyroïdie, d'hyperépinéphrie et d'hyperovarie.
Nous avons tenu à terminer sur cette observation en raison de son extrême complexité qui illustre bien le caractère difficile de l'étude de ces troubles endocriniens.
ADDENDUM 2