TOITS
malade était un tuberculeux pulmonaire ; il présentait des signes de bacillose bilatérale, prédominante à droite. Or les hémiplégies survenant chez les malades de ce genre peuvent être classées en trois catégories (?) :
u) Hémiplégie par méningite tuberculeuse en plaques ou tubercules cérébraux.
b) Hémiplégie par oblitération artérielle (artérite), les thromboses des artères cérébrales n'étant pas exceptionnelles au cours de la tuberculose.
c) Hémiplégie sans lésions appréciables à l’autopsie.
Chez notre malade l’hémiplégie était certainement organique, mais fallait-il penser à un foyer de ramollissement du pédoncule par oblitération artérielle, ou à un tubercule ?
On admit cette dernière hypothèse en raison des signes d’hypertension intracranienne: céphalée, vomissements, lésions discrètes du fond d'œil à l’ophtalmoscope, sans atrophie optique véritable, et surtout hypertension du liquide céphalo-rachidien (35 cm. d’eau au manomètre de Claude, en position couchée).
Ce fut donc le diagnostic de tubercule du pédoncule cérébral qui fut porté.
Sans doute, on a pu constater parfois la coexistence d’une tuberculose pulmonaire et d’un gliome cérébral (tel le cas de Sutton, que nous avons déjà signalé) et également la coexistence possible d’une gomme. Mais chez notre malade la réaction de Wassermann était
(1) Lurcer, De l’hémiplégie chez les tuberculeux pulmonaires. Thèse, Lyon, 1924.
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négative et dans le sang et dans le liquide céphalorachidien.
Le malade mourut à la suite d'accidents méningés et l’autopsie vint confirmer le diagnostic de T'ubercule du pédoncule cérébral gauche.
L'examen des centres nerveux permet de constater la présence de trois tubercules :
1° L'un situé sur la face inférieure de l'hémisphère droit, au niveau de la partie moyenne du lobe temporooccipital; il est sous-pie-mérien et des dimensions d’une noisette.
2° Le deuxième situé sur la paroi du 4° ventricule; il présente également les dimensions d’une noisette.
3° Le troisième enfin situé à la partie supérieure et postérieure du pédoncule cérébral gauche.
Les deux premiers sont de dimensions réduites et siècent l’un dans une zone latente de la corticalité, l’autre sur le plancher du 4° ventricule, mais ne détermine pas de compression apparente de l’axe nerveux.
Seul le tubercule pédonculaire doit intervenir dans la genèse des troubles présentés par le malade. Son volume est en effet considérable (il atteint les dimensions d’une petite mandarine), ce qui est tout à fait exceptionnel: seul le cas de Bruns, dont nous avons parlé précédemment, est comparable au nôtre à ce point de vue.
Ce tubercule, qui fait une forte saillie dans la partie postérieure de la cavité du ventricule latéral, et intéresse toute la région de la calotte pédonculaire gauche, comprime le pied du pédoncule par le haut. Dans tout le tissu nerveux avoisinant, et particulièrement
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dans le pied du pédoncule, il existe de petites zones de ramollissement.
Rappelons que dans l’une des deux observations de Grüner et Bertolotti, l’autopsie montra la présence d’un tubercule dans la calotte pédonculaire. L’analogie de notre observation avec celle de ces auteurs, qui est, nous l'avons vu, assez marquée au point de vue clinique, se poursuit donc sur le terrain anatomopathologique.
Toutefois, dans le cas de Grüner et Bertolotti, le tubercule a des dimensions beaucoup moindres, et, chez notre malade, on peut s'étonner qu'une lésion aussi volumineuse n'ait pas engendré des troubles encore plus considérables, et qu'on n'ait pas constaté chez lui des troubles de la sensibilité objective, non plus que les mouvements involontaires et l’hémitremblement, qui sont habituellement notés dans les syndromes de la calotte pédonculaire.