CHAPITRE PREMIER
Notions générales sur les syndromes pédonculaires
Rappel anatomique
Il nous à paru utile de placer au début de cette étude un court aperçu anatomique. Ces notions serviront à éclairer la symptomatologie souvent complexe des affections des pédoncules cérébraux.
Les pédoncules cérébraux forment deux ponts jetés entre la protubérance et la base du cerveau. Dans leur court trajet se trouvent réunies: la voie sensitive qui s’'épanouira aüu-dessus de la couche optique et empruntera la capsule interne; la voie motrice qui, de la capsule interne, va gagner la protubérance; enfin la voie cérébelleuse représentée par le pédoncule cérébelleux supérieur.
Sur une coupe transversale, le pédoncule apparaît constitué par deux régions : l’une antérieure, l’autre
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postérieure, séparées par une masse de substance grise, le locus niger ou substance noire de Sæœmmering.
Dans l'étage antérieur ou pied se trouvent les voies motrices: fibres de la voie pyramidale, du faisceau géniculé et du faisceau de Turck. A la partie interne se trouvent aussi les racines du nerf moteur oculaire commun.
L'’étage postérieur ou calotte est de structure plus complexe. Nous y trouvons le noyau rouge de Stilling, aboutissant au pédoncule cérébelleux supérieur, et le noyau de la IIL° paire dont les fibres traversent la calotte pour émerger dans l’espace interpédonculaire. Il est important de noter que ces fibres sont destinées uniquement à la musculature externe de l'œil. Les fibres de la musculature interne ne traversent pas la calotte et émergent directement à la face interne du pédoncule.
Cette zone est en outre traversée par plusieurs faisceaux ; les rubans de Reïl médian et latéral, le pédoncule cérébelleux supérieur, le faiséeau central de la calotte et le faisceau longitudinal postérieur qui se différencie mal de la formation réticulée. è
Nous terminerons ce bref exposé anatomique en rappelant la topographie vasculaire, dont dépend souvent le groupement des éléments du syndrome pédonculaire.
Les artères des pédoncules naissent des cérébrales postérieures et accessoirement des choroïdiennes antérieure, communicante, postérieure et cérebelleuse supérieure. Ce sont : les artères centrales ou médianes sus-protubérantielles de Duret qui pénètrent par la région interpédonculaire, l'artère radiculaire de la
11° paire, et enfin les artères périphériques-qui forment le groupe nourricier.
Les divers syndromes pédonculaires
Le seul examen de ce schéma anatomique que nous venons de rappeler, nous permet de comprendre quels seront les éléments des syndromes pédonculaires.
Ils seront différents suivant que la lésion empruntera sa symptomatologie :
a) au voisinage du noyau de la III° paire et de son tronc d’origine qui traverse le pédoncule pour se rendre à l’œil du même côté ;
b) à la présence de fibres motrices et sensitives destinées à la face et aux menibres du côté opposé.
Nous envisagerons donc : 1° les syndromes du pied ; 2° les syndromes de la calotte.
A. — SYNDROME DU PIED DU PÉDONCULE OU SYNDROME DE WEBER, OU HÉMIPLÉGIE ALTERNE SUPÉRIEURE.
Ce syndrome, bien décrit par Weber, en 1863, reiève d’une lésion du pied du pédoncule, intéressant à la fois le noyau, ou les racines du moteur oculaire commun et les fibres des faisceaux pyramidal et géniculé avant leur décussation.
Une hémiplégie des membres avec paralysie faciale centrale, du côté opposé à la lésion et une paralysie périphérique partielle ou totale du moteur oculaire