‹ Contribution à l'étude des tubercules des pédoncules cérébrauxChapitre 7 sur 18 · PHOTOS · texte numérisé non relu

PHOTOS

commun du côté de la lésion, en constituent les caractères les plus saillants.

L’hémiplégie est en général complète et totale. Brissaud fait remarquer qu'elle est d'ordinaire plus prononcée à la face qu'aux membres, cela du moins dans le cas de lésions localisées à la partie interne du pédoncule.

La paralysie faciale concomitante est de type central comme dans l’hémiplégie vulgaire ou croisée.

Quant à l’ophtalmoplégie, elle peut être soit partielle soit totale à cause de là dissémination des noyaux de la IIT° paire, d’où : paralysie partielle ou totale des muscles droits supérieur, inférieur, interne ; petit oblique, releveur de la paupière supérieure, sphincter pupillaire et muscle ciliaire (ces deux derniers étant sous la dépendance du noyau pupillaire annexé au noyau de la IIT° paire). Il peut donc en résulter les signes suivants : strabisme divergent, c’est-à-dire déviation du globe oculaire en dehors et en bas, ptosis, mydriase, abolition des réflexes accommodateur et photo-moteur, diplopie horizontale croisée avec fausse image surélevée et, de plus, par hypotonie des muscles rétracteurs du globe oculaire, exophtalmie légère.

Cette ophtalmoplégie peut être bilatérale en raison des connexions des deux noyaux et de leurs fibres. Les observations de Lenoble et Aubineau, Zosin, Raymond et Français sont caractéristiques à ce sujet.

Ce syndrome de Weber peut s'accompagner, très rarement d'ailleurs, d’hémianopsie homonyme, par suite de l’extension de la lésion pédonculaire aux corps genouillés et à la bandelette optique.

re ea

Signalons enfin qu'il existe des cas de syndrome de Weber bilatéral.

B. — SYNDROMES DE LA CALOTTE PÉDONCULAIRE.

: Nous savons que la calotte pédonculaire contient surtout des fibres sensitives, nous ne serons donc pas surpris de voir dans ces syndromes l’hémiplégie remplacée par de l’hémianesthésie ou plus fréquemment par l'hypoesthésie.

De plus la présence de fibres cérébelleuses dans la calotte (pédoncule cérébelleux supérieur) justifie l’association possible de’phénomènes cérébelleux.

Enfin le siège du noyau de la Ile paire dans le segment postérieur de la calotte explique la fréquence des ophtalmoplégies.

1 Syndrome de Fowille pédonculaire.

C'est le type Foville du syndrome de Weber, bien décrit par Grasset.

Il consiste en une paralysie de la face, des membres et du système oculogyre du côté opposé à la lésion, car aucun des faisceaux oculogyres, géniculés et pyramidaux ne sont entrecroisés.

Une lésion de la calotte du pédoncule cérébral droit, par exemple, déterminera une hémiplégie et une paralysie faciale gauches, et une paralysie des muscles droit externe de l’œil gauche et droit interne de l'œil droit; d’où paralysie des mouvements de latéralité des yeux vers le côté gauche, c’est-à-dire du côté opposé à Ja

lésion.

2° Syndrome de Benedikt.

Ce syndrome, dû à une lésion siégeant aux confins du pied et de la calotte pédonculaires, est constitué par la substitution ou l'association à l’hémiplégie croisée du syndrome de Weber, de certains mouvements Involontaires. Décrit.-par Benedikt, en 1899, ce syndrome a fait l’objet de recherches nombreuses, de Gilles de la Tourette, Jean Charcot, Raymond...

Il est caractérisé par une paralysie du moteur oculaire commun du côté de la lésion et une hémiparésie avec tremblement particulier des membres du côté opposé à la lésion.

Il s'agit d’ailleurs plutôt de mouvements choréiformes que de tremblement. Ces mouvements peuvent apparaître en même temps que la paralysie ou, au contraire, plus tardivement, un ou deux ans après. Ils sont des plus variables, et dans leur forme, et dans leur intensité. Le plus souvent continus, comme dans la paralysie agitante, ils siègent dans les membres surtout, mais peuvent gagner le cou et le tronc.

La pathogénie de ce syndrome de Benedikt est encore mal élucidée. Il est probable qu'elle relève de divers facteurs. Claude et Lévi-Valensi pensent qu'on peut expliquer les mouvements choréo-athétosiques, dans un grand nombre de cas, par l’atteinte du noyau rouge. D'après Combe, il y aurait seulement irritation et non destruction du faisceau pyramidal.

3° Syndrome de Monakotw.

Ce syndrome est causé par une lésion de la calotte pédonculaire proprement dite.

PT

Il est caractérisé par les symptômes suivants : para- Iysie du moteur oculaire commun du côté de la lésion, et hémianesthésie, hémitremblement, hémiparésie du côté opposé.

Comme dans le syndrome de Weber, et pour la même raison, la paralysie de la IIT° paire peut ne pas être complète.

La lésion des fibres sensitives entraîne l’hémianesthésie ou plus fréquemment l’hypoesthésie. L’hémitremblement peut être remplacé par de l’hémiathétose ou de l’hémiataxie. Quant à l’hémiparésie, elle est très inconstante, mais il n’y a pas hémiplégie complète, car la lésion est éloignée du faisceau pyramidal.

Il s’agit donc en somme d’un syndrome de Benedikt avec association de troubles de la sensibilité.

4° Syndrome de Grüner et Bertolotti.

C'est un syndrome rare que nous trouvons décrit par Grüner et Bertolotti, dans l’/conographie de la Salpétrière, en mars 1905.

Il consiste en une hémiplégie alterne, avec troubles de la sensibilité, de la coordination et de la synergie musculaire, et une paralysie des mouvements associés des veux (élévation, abaissement, convergence) avec atteinte de la musculature interne. Cette paralysie des mouvements associés des yeux est élective puisqu'elle n'intéresse que les mouvements d’élévation, d’abaissement et de convergence des deux globes oculaires, laissant absolument intacts les mouvements de latéralité.

. Des lésions nucléaires ou radiculaires sont insuffi-

Me

santes pour expliquer de pareils faits. Il faut faire intervenir l'existence de fibres d'association entre les noyaux oculo-moteurs, fibres qui semblent suivre le trajet du faisceau longitudinal postérieur, altéré dans un cas suivi d’autopsie mentionné par Grüner et Bertolotti. )

A ces grands syndromes pédonculaires sont quelquefois associés des symptômes cérébelleux, auditifs, hémianopiques, psychiques.

Les troubles cérébelleux ont été mentionnés dans de nombreuses observations. Ils sont liés à une lésion du pédoncule cérébelleux supérieur. Si la lésion siège audessus de la commissure de Wernekink, le syndrome est croisé ; dans le cas contraire, il est direct. Si la commissure est atteinte, il peut être bilatéral. Nous rappellerons, en ce qui concerne ces troubles, les observations de Raymond et Français, Souques et Vincent (Soc. de neurologie, 1907), Grüner et Bertolotti (Nouv. Iconog. de la Salpétrière, 1905).

Les troubles de l’ouîe, signalés par Weinlang, Henschen, Jacob semblent reconnaître pour origine une altération des tubercules quadrijumeaux postérieurs et du corps genouillé interne, concomitante à celle du pédoncule.

L'hémianopsie homonyme peut accompagner le syndrome de Weber ; nous avons déjà vu que le fait était très rare. D’après Raymond, elle peut aussi coexister avec le syndrome de Benedikt.

Des troubles psychiques ont été observés par Claude et Quercy, dans un cas assez curieux de lésion du pé-

doncule avec manifestations dans la sphère intellectuelle (Rev. neurol., 1914). Il s'agissait d’une lésion en foyer de la partie inférieure de la calotte pédonculaire ; seul le contingent des sensations visuelles était correctement reçu et utilisé, alors que la malade ne présentait aucun signe d’affaiblissement intellectuel et que rien ne pouvait faire incriminer une atteinte de la corticalité.

Diagnostic différentiel

Si le diagnostic s'impose lorsque se présente dans sa pureté le syndrome de Weber, par exemple, il devient plus délicat lorsqu'on a affaire à des syndromes complexes. Dans ce cas, on fait généralement le diagnostic de lésion pédonculo-protubérantielle. Cependant, ces lésions complexes peuvent reproduire des paralysies alternes supérieures, organiques, sans qu'il s’agisse pour cela de lésions pédonculaires.

Par exemple un syphilitique peut présenter une hémiplégie droite par artérite cérébrale, avec une paralysie de la IIT° paire gauche par méningite syphilitique.

Dans un cas de Rendu, une paralysie du moteur oculaire commun d’un côté, dû à la compression par des exsudats, était associée à une paralysie des membres de l’autre côté par foyer de ramollissement cérébral.

Une paralysie alterne par encéphalomacie et tubercule de l’orbite concomitant, a été signalée par Perroud.

Page 1