‹ Contribution à l'étude des tumeurs des muscles extrinsèques de l'œilChapitre 22 sur 39 · NO ES · texte numérisé non relu

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dans l'orbite et une douleur à la pression sur la voute orbitaire à la partie supéro-interne.

Le D° D... accuse une diplopie qui déroute ét ne permet pas de rapporter à un seul nerf ou à un seal muscle les phénomènes présentés. [l y a diplopie croisée dans les deux tiers droits du champ visuel et diplopie homonyme dans le tiers gauche. [l y a également diplopie en hauteur, l’image de l’œil droit étant toujours plus élevée que celle de l’œil gauche et la diplopie cessant quand la bougie est portée à 45 degrés à gauche et en haut.

L'examen ophtalmoscopique ne montre aucune particularité, aucun trouble circulatoire ; aucune lésion des membranes. Le D' D... est emmétrope et son acuilé visuelle est normale de chaque côté.

L'état général est d'ailleurs excellent; les commémoratifs révèlent un tempérament arthritique des plus nets, mais aucun symptôme que l’on puisse rattacher soit à la syphilis soit à la tuberculose, soit à l’alcoolisme, soit à une autre intoxication. Migraines pendant l'adolescence, puis disparaissant et revenant avec une grande intensité en 1890 et 1891. Maladies de l’enfance :'coqueluche, rougeole, fièvre typhoïde légère, mais ni chancre, ni blennorragie. À l’âge de vingt-deux ans, adénophlegmon du cou contracté en faisant une autopsie de péritonite puerpérale.

Pendant l’hiver de 1890-1891, premier accès de grippe infectieuse, Celle-ci revient presque chaque année vers la même époque, et s’est accompagnée plusieurs fois d’hypertrophie de la rate ou de congestion pulmonaire.

Vers 1893, lichen urticans de la paume des mains et des poignets, trailé sans succès par le D' Morel-Lavallée par le traitement spécifique et des emplâtres divers. Le Dr Besnier, consulté, affirme qu'il ne s’agit pas de syphilis. En 1897, abcès de la marge de l'anus, après des hémorroïdes. En 1898, premier accès de goutte; celle-ci, nettement caracté-

risée, revient une ou deux fois chaque année. Notre confrère

lui-même, qui nous a fourni des documents copieux, insisté beaucoup sur ses antécédents goulteux auxquels il attribue tout son mal; grippe et goutte lui paraissent expliquer suflisamment la pathogénie de son affection. En r9or, céphalées violentes, léger strabisme interne.

Au mois de mars 1911, le D' D..., qui habite la Creuse, vient à Paris et y contracte une forte grippe : frissons, fièvre, courbature, vomissements, toux, surtout céphalalgie et ose intense.

Les phénomènes généraux disparaissent assez rapidement et D... retourne en Creuse, mais le coryza persiste et s’accompagne d’un écoulement mucopurulent qui dure plus d’un mois.

Ea même temps, il sent des douleurs périorbitaires gauches, augmentées par la pression surtout au niveau du trou sus-orbitaire et du frontal externe. Il existe en même temps un léger gouflement des paupières et de la région temporale, puis de l’hyperhémie de la conjonctive, et même un peu de chémosise Des applications de compresses chaudes soulagent le malade, et les accidents s’atténuent peu à peu; cependant le bord orbitaire reste douloureux dans sa partie supéro-interne et le D' Duverger, de Limoges, consulté au mois de juin, ne trouve rien à l'examen de l’œil lui-même et conclut à la possibilité d’un sinusite ethmoïdale. h

Au mois d'août suivant, 1911, se montre un peu de diplopie, avec un léger strabisme en dehors et en haut. Les deux s’accentuent peu à peu et notre malade vient nous consuiter, ainsi que notre collègue Valude. L'examen oculaire donne les résultats indiqués ci-dessus. Valude et nous, nous pensons à une tuineur de l'orbite.

En février 1912, les sinus sont examinés successivement par MM. Lermoyez, Châtellier, Lombard et Belin. Tous concluene que ces sinus sont absolument sains.

Le 20 du même mois, le Dr Béclère fait une radiographie ; sur l'épreuve on voit une ombre masquant la partie supérointerne du rebord orbitaire et Béclère pense à la possibilité

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d’une nappe purulente appliquée contre la paroi de l'orbite et “consécutive à une sinusité grippale, suite elle-même du coryza intense constaté en mars et avril 1911. Quoique ce diagnostic mous paraisse très douteux, nous faisons au point indiqué, le 24 février, une ponction exploralrice qui ne donne aucun résultat el nous conservons notre opinion qu’il s'agit là d'une ‘tumeur de l'orbite,

Le malade n'éprouvait aucune douleur, mais l'exophtalmie augmentait lentement, le strabisme et la diplopie devenaient plus gênants. ;

Nous proposons une opération de Krônlein qui est immé- “diatement acceptée et que nous pratiquous à la Villa Marie- Thérèse, le 14 mars, avec Valude, avec l'assistance des D: Liégard et Pignal, celui-ci donnant le chloroforme, et en présence des D Béclère et Beurnier, Après avoir rabattu en dehors la paroi externe de l'orbite, nous introduisons l'index dans la cavité orbitaire et nous sommes surpris de ne trouver qu’une masse beaucoup plus petite que celle à laquelle nous nous altendions. Le long de la paroi interne, près du sommet, et sur le trajet du muscle droit interne, nous sentons une masse -assez volumineuse, mais aplatie et ne paraissant pas adhérente à la paroi orbitaire. Nous sentons de même, une autre masse analogue sur le plancher de l'orbite, sur l'emplacement du muscle droit inférieur, et c'est tout. Les autres parties de orbite paraissent saines. Nous procédons à l'ablation de ces deux masses, puis nous réappliquons le volet osseux, faisons la -suture habituelle et appliquons un pansement. Les suites de l'opération furent normales, très bénignes comme à l’ordinaire, sauf des vomissements chloroformiques qui durèrent près de vingt-quatre heures; puis, le cinquième jour, un gonflement -assez intense avec chémosis, cependant les fils étaient retirés le quatrième jour et le malade quittait la maison de santé huit jours après l’opération. Nous avions été étonnés de ne pas #rouver autre chose dans la cavité orbitaire et nous étions ‘surpris de même de constater qu'après cette opération l'exoph-

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