‹ Contribution à l'étude des tumeurs des muscles extrinsèques de l'œilChapitre 23 sur 39 · SON · texte numérisé non relu

SON

talmie n’était pas sensiblement diminuée. Voici le résultat de l'examen histologique pratiqué au laboratoire des Quinze-Vingts.

Examen microscopique de la pièce 169, 29 mars 1912 :

1° Infiltration leucocytaire (lymphocytes et quelques polynucléaires) : infiltration discrète diffuse entre les fibres musculaires, en foyers cependant en quelques points ;

2° Dégénérescence partielle du tissu musculaire (dégénérescence vitreuse de Zenker) ;

3o Vaisseaux bien constitués ;

4° Par places, sclérose du tissu interstitiel ;

5o Recherche du bacille de Koch : négative.

ConcLusiow. Myosite. — Ainsi, il s'agissait simplement d’une hypertrophie musculaire par myosite ; malgré une exploration attentive de la cavité orbilaire, nous pensions qu'il y avait autre chose qui nous avait échappé. Le malade quittait Paris le 5 avril, mais il conservait une assez vive sensibilité cutanée et 1l devait revenir nous voir à la moindre alerte.

Vers le milieu du mois de juin, il se produit une poussée douloureuse analogue à celle que nous avions constatée cinq Jours après l'opération de Krônlein. La conjonctive est injectée, il y a du chémosis ; la pression de l’œil sur le fond de l'orbite provoque une douleur atsez vive et il semble que l’exophtalmie s’acceritue, P..., vient nous voir le 17 juillet et nous pensons qu'il va devenir nécessaire d'opérer de nouveau, cette fais en faisant l’exentéralion de l'orbite.

Le 15 août, P..., éprouve tous les malaises prémonitoires d'un accès de goutte, mais c’est sur l’œil que tous les accidents se portent.

L'exophtalmie devient plus considérabie, la conjonctive est très injectée ; la douleur est vive au niveau du rebord orbitaire externe, puis au fond de l'orbite, quand on exerce la moindre pression, Ces douleurs deviennent très violentes surtout pendant la nuit et l’insomnie est absolue. La liqueur de Laville calme rapidement ces phénomènes mais ceux-ci reparaissent dès qu’on cesse le traitement, D... se met au régime végéta-

JU GE Ve

rien absolu et ne boit plus que de l’eau. Les phénomènes s’amendent de plus en plus et lorsque D... revient nous voir le 15 novembre, nous écartons toute idée d'intervenir à nouveau.

L'examen ophtalmoscopique ne montre toujours rien d'anormal ; cependant sous l’influence d’une forte déviation en dedans par le fait de la section du droit externe pendant l'opération de Krônlein, l’acuité visuelle a diminué progressivement ; les milieux sont transparents.

Le mieux ne continue pas etle 28 décembre se produit un nouvel accès plus violent que dans les précédents, une céphalalgie atroce s'étend à tout le côté gauche de la tête, les douleurs s'irradient dans l'oreille et dans le maxillaire supérieur ; l'œil devient de plus en plus saillant, très rouge, et présente un chémosis énorme, l’insommie est absolue, l'inappétence complète ; la liqueur de Laville et les injections de morphine ne donnent aucun résultat. La cornée devient le siège d’une infiltration purulente, et c’est en cet état que D... nous arrive à Paris le 8 janvier dernier.

Cette fois l’œ1il gauche est bien complètement perdu, il n’y a ‘plus aucun ménagement à garder. Avec Valude nous tombons d'accord sur la nécessité d'intervenir à nouveau et cette fois de faire une exentération complète de l'orbite.

Cette opération est pratiquée à la villa Marie-Thérèse le 10 janvier, avec la même assistance que la première fois. Après l’énucléation nous pratiquons une exentération très complète de l’orbile et même, pour aller aussi loin que possible, nous enfonçons dans le trou optique un thermocautère de forme cylindrique sur unelongueur de 6 à 7 millimètres. Il nous paraissait impossible de faire davantage et nous faisons le pansement de notre ami en nous déclarant impuissant à rien tenter de plus s’il survient quelque chose de nouveau.

Les suites de cette opération ont été tout à fait normales. Il n’y à plus aucune douleur et l’état général est redevenu excellent.

De même l’état local ne donne lieu à aucune crainte : les

deux paupières se soft presque entièrement rejointes et le doigt, éxplorant au travers de la paupière supérieure la cavité orbitaire, n’éprouve que la sensation habituelle en pareil cas.

Nous n'avons relaté ci-dessus que le traitement médical quele D' D... s'était fait lui-même, Il va sans dire qu'avant tout traitement chirurgical et malgré l’absence de tout antécédent syphilitique, nous avions beaucoup insisté, Valude et nous, pour que notre malade fit un traitement mercuriel et ioduré sérieux. Mais les premières doses d'iodure lui ont causé, dit-il, un tel malaise que ce traitement fut à peine ébauché,

Les frictions mercurielles ont été faites avec un peu plus de constance, mais le D' D..., convaincu que tous ces accidents. étaient uniquement dus à la goutte et que le mercure n'avait rien à faire en la circonstance, n’a pris certainement que des doses insuffisantes pour que l’on puisse trouver là un élément de diagnostic éliologique.

Ajoutons d’ailleurs que la réaction de Wassermann avait. donné un résullat complètement négatif, ce qui le confirmait

encore dans son idée.

Recherches de laboratoire

Wassermann. — Négatif en seplembre 1911, mais positif, en mai 1913.

Analyse du sang :

Giobules rouges...........: 4.950.000 Éeucocyiles time Tor 5.000

Urine. — Ni sucre, ni albumine.

Séroagglutination sporotrichosique. — Négative,

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