‹ Contribution à l'étude des tumeurs des os Analyse de 28 observations inéditesChapitre 21 sur 84 · DOULEUR · texte numérisé non relu

DOULEUR

De caractère et d'intensité variables, elle se présente le plus souvent comme signe initial, révélateur de la lésion. Tantôt sourde, elle est d’autres fois aiguë, lancinante; elle est généralement calmée par le repos, réveillée ou aggravée par la mobilisation, la marche, la fatigue, elle peut présenter des périodes de rémission. Elle possède en outre des caractères

pre

de localisation variables, susceptibles, semble-t-il, d’une interprétation différente suivant les cas.

Si les tumeurs centrales peuvent déterminer des douleurs précoces, véritablement osseuses, les tumeurs périostiques, à développement périphérique, excentrique, peuvent aussi, par la compression de filets ou de trones nerveux de voisinage, déterminer des douleurs; nos observations montrentque celles-ci peuvent être violentes, mais elles possèdent un caractère spécial : ce sont des douleurs irradiées; non localisées au siège de la lésion osseuse, elles s'opposent aux douleurs siégeant au niveau même de la tumeur que l’on observe dans les sarcomes centraux.

Notre observation 2 est à cet égard démonstrative : la radiographie montre le cubitus creusé d’une véritable géode, étendue jusqu’au tiers moyen de la diaphyse; la corticale est totalement détruite à la partie moyenne de la zone altérée, et à partir de ce point se voient dans les parties molles de l’avant-bras des plages opaques donnant à l’image un aspect gris pommelé. Il s’agit sans doute là d’un sareome périostique ayant rompu sa coque, envahi les parties molles et déterminé au bout d’un temps qui n’est pas précisé, mais en tout cas postérieur à l'apparition de la tumeur, des douleurs irradiées à la main; leur localisation permet de penser qu’elles étaient dues à une compression nerveuse.

L'observation 5 (sarcome fuso-cellulaire développé dans le périoste sacré) s’accompagne de même de douleurs irradiées par compression des racines d’origine du sciatique.

Notre malade n° 3, les opérées de MM. Mathieu (obs. 20) et Métivet (n° 21) présentèrent de même des douleurs irradiées.

Les douleurs ne sont donc pas l’apanage exclusif des tumeurs centrales; les tumeurs périostiques, même au début de leur évolution, sont susceptibles, par compression nerveuse ou par les troubles qu’elles apportent au jeu des articulations au voisinage desquelles elles sont situées, de déterminer des phénomènes douloureux parfois intenses.

Par contre, les douleurs in situ, surtout s’accompagnant de fracture spontanée (obs. 10), évoquent l’idée de tumeur centrale. Nous ne possédons malheuresuement pas la radiographie de ce malade,

Sans établir de différence entre ces divers types de phénomenes douloureux (locaux ou irradiés), Schwartz admet que la douleur, signe initial, existerait dans 61 % des cas de sarcomes centraux et 5 % seulement de sarcomes périostiques. Gross note par contre, à cet égard, une différence infiniment moins grande entre ces deux sortes de tumeurs : le pourcentage dans lequel la douleur survient comme premier symptôme varie de 60 à 75 % des cas de sarcomes centraux, de 55 à 62 % des cas de sarcomes périostiques, suivant leur

rariété histologique.

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