CONCLUSION
Quelle conclusion pratique tirer de cette conclusion, sinon que le sarcome des os est d’une effrovable malignité, qu'il
récidive souvent in silu — c’est le fait des opérations parcimonieuses -—— qu’il donne très souvent des métastases échap-
pant à toute thérapeutique? Nous avons dit ce que nous pensons de la valeur du traitement conservateur. Le traitement radical, même appliqué d'emblée, n’est peut-être pas meilleur : nous avons trop peu d'éléments pour conclure. Mais, s’il en est ainsi, si ni l’un ni l’autre ne doivent donner la guérison vraie, On comprend quel esprit fut celui de Broca lorsqu'il écrivit sur le traitement conservateur des sarcomes les lignes suivantes :
« Comme, à notre sens, l'ostéosarcome vrai chez l'enfant est fatalement mortel, comme, quel que soit le radicalisme apparent de l'exérése, les cures définitives nous semblent en rapport avec des erreurs de diagnostic que nous sommes incapables d'éviter, la question est de savoir si nous ne sommes pas en droit de conserver le membre au sujet capable de guérir en échange de quelques mois de survie moins pénibles pris & des condamnés à mort. »
Broca admet donc le traitement conservateur, uniquement pour sauver le membre dans les Cas où une erreur de diagnoste eût fait amputer un membre non sarcomateux: pour les sarcomes vrais, pense-t-il, peu importe : la mort surviendra fatalement.
C'est le seul esprit dans lequel nous croyons admissible le traitement conservateur.
Cet esprit est également d’ailleurs celui de Foster : « Inuüle de se presser, dit-il; mieux vaut attendre un diagnostic sûr; en agissant ainsi, On sauvera quelques membres dont l’amputation n’eût pas été nécessaire; dans les cas véritablement malins, l'attente ne saurait aggraver le pronostic. »
NSQ
DPSSCN OS TLC
En présence de tumeurs avant une évolution si différente, comportant un pronostic qui, suivant les cas, sera soit bénin, soit d’une grande malignité, il est indispensable, pour proportionner l’acte opératoire à la gravité de la lésion, de tout mettre en œuvre pour établir un diagnostic exact. Si la nécessité de celui-ci se fait moins impérieusement sentir à ceux qui appliquent aux tumeurs malignes le traitement conservateur, pour nous, qui soutenons que celui-ci doit être réservé aux tumeurs bénignes et que l’on doit appliquer un traitement d’exérèse aux tumeurs malignes, la question a une importance capitale.
Il s’en faut d’ailleurs de beaucoup que ce diagnostic soit toujours facile. Malgré l'emploi combiné des divers modes d'investigation que fournissent la clinique et le laboratoire, des erreurs sont souvent commises; nos observations en apportent d’ailleurs des exemples. 4
Ce diagnostie comportera essentiellement deux temps :
1° Poser le diagnostic de tumeur osseuse en éliminant les affections susceptibles de donner le -change ;
2° Reconnaître si cette tumeur est bénigne ou maligne.
Trois modes d'investigation sont mis en œuvre pour nous conduire à ce résultat : la clinique, la radiographie, le laboratoire.