DOULEURS
La douleur, avec ses caractères variables suivant les cas, peut susciter de nombreuses erreurs.
Est-elle localisée au siège d’une lésion encore méconnaissable à la palpation ? elle peut évoquer l’idée :
— d’une ostéite chronique subaïigué ;
— d’une ostéomyélite chronique d’emblée;
— d’une ostéomyélite condensante névralgique.
Est-elle à prédominance nocturne ? elle fera penser aux douleurs ostéocopes de la syphilis.
Est-elle bien localisée sous forme d’un point douloureux à la pression, juxta-articulaire? elle évoquera chez un sujet jeune l’idée d’une localisation tuberculeuse à son début. Un de nos malades fut l’objet de cette erreur; dans les observations que nous avons retrouvées dans la littérature, cette erreur fut souvent commise : la mobilité de l’articulation, sans être, comme elle l’est au cours de l’évolution des ostéoarthrites tuberculeuses, limitée par une contracture musculaire, est souvent diminuée par la douleur que provoque la mobilisation; c’est là une nouvelle cause d'erreur; un signe clinique cependant — outre la radiographie sur laquelle nous reviendrons — a une grande valeur diagnostique; alors que l’immoôbilisation plâtrée calme en général en deux à trois jours les douleurs des arthrites, elle reste sans effet sur celles dues au développement des tumeurs.
Le diagnostic des douleurs à distance, irradiées, des troubles de compression est, en général, plus aisé. La reconnaissance de ce type de douleurs, la recherche de leurs causes sont faciles, d'autant plus qu’en général dans ces cas, la tumeur, cause des troubles, à acquis un certain volume. La seule question délicate peut être, dans certaines régions profondes, la détermination précise du siège de celle-ci: certaines
tumeurs des parties molles peuvent déterminer de pareilles compressions. L'examen clinique par les procédés usuels, la radiographie, suffiront le plus souvent à faire le diagnostic.