‹ Contribution à l'étude des tumeurs des os Analyse de 28 observations inéditesChapitre 39 sur 84 · FRACTURE SPONTANÉE · texte numérisé non relu

FRACTURE SPONTANÉE

L'apparition d’une fracture spontanée, par contre, est d'interprétation parfois plus délicate.

Nous n'’insisterons pas longuement sur celles liées à une fragilité idiopathique du tissu osseux et dues à l’ostéo-psathyrose, maladie héréditaire et familiale, connue sous le nom de maladie de Lobstein, ni à celles des neuropathies : tabés, paralysies, paraplégies, celles observées au cours des ostéites diverses : syphilis, tuberculose, mycoses, sont rares ; celles des maladies parasitaires : kystes hydatiques également.

Une lésion peut, chez l'enfant comme chez l'adulte, se révéler par une fracture spontanée dont la cause a été jusqu’à ces dernières années bien souvent méconnue : ce sont les kystes

eyes

non parasttaires des os, dont le mémoire de Lecène et Lenormant constitue à l'heure actuelle la meilleure description.

Le Gac, dans sa thèse, dit qu’il est à peu près constant que la fracture spontanée soit le premier signe du kyste, alors qu’elle est en général plus tardive dans la tumeur à myéloplaxes; la radiographie montre des aspects différents dans l’un et dans l’autre cas; mais c’est de toute facon un diagnosüc difficile que l’histologie même n’a pas toujours permis de porter avec certitude.

Les fractures spontanées peuvent encore —- et c’est là leur cause habituelle — survenir au cours de l’évolution de

tumeurs malignes du tissu osseux.

Signalons que, pour M. Delbet, elles seraient plus fréquentes au cours de l’évolution des épithéliomas secondaires métastasiques qu’au cours de celle des sarcomes osseux, à ce point que cet auteur considère la présence d’une fracture spontanée comme un élément en faveur du diagnostic d’épithéhoma secondaire de l'os.

En ce qui concerne nos observations, la seule concernant un épithélioma secondaire (obs. 27) donna lieu, en effet, à une fracture spontanée, mais elle ne présenta pas dans ce cas particulier le siège diaphysaire que M. Delbet considère comme habituel à ces sortes de tumeurs.

Par contre, plusieurs de nos malades porteurs d’authentiques sarcomes (voir figures et examens histologiques de M. Lecène) présentèrent des fractures spontanées (obs. 10, 16. 27).

En présence d’une fracture spontanée liée à l'existence d’une tumeur, — ce dont, outre l'examen clinique, la radiographie fournirait la preuve, —— le premier soin du chirurgien sera de rechercher au niveau des organes dont les tumeurs sont connues pour donner des métastases osseuses s'il n'existe pas une tumeur primitive : sein, corps thyroïde, prostate, surrénales sont les lieux d'élection de ces tumeurs à métastases. Il s’en faut d’ailleurs que celles-ci soient toujours aisées à dépister ; elles peuvent être latentes encore longtemps après l'apparition de la tumeur osseuse secondaire (obs. 28).

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cnfin, il est un cas où plusieurs signes réunis concourent à faire commettre une erreur grave de conséquences : c’est: le cas où une tumeur chaude, douloureuse, volumineuse (sié-

- Seant habituellement à l'extrémité inférieure du fémur), sou-

vent accompagnée de phénomènes fébriles et parfois d’une fracture spontanée, orientent vers le diagnostic erroné d'ostéomyélite aiguë. Dans ces cas, de diagnostie souvent très difficile, l'examen attentif de cette masse, qui simule l’ancien « tvphus des membres » de Chassaignac, permet parfois de déceler l'existence de crépitation parcheminée. L'examen radiographique, l'absence de signes d'infection dans la formule sanguine pourront utilement intervenir pour redresser l'erreur.

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