I. DIAGNOSTIC RADIOGRAPHIQUE
Les procédés cliniques, nous l'avons vu, sont souvent insuffisants pour permettre à eux seuls un diagnostic de certitude. La radiographie est susceptible aujourd’hui de leur apporter un appoint que l’on ne devra jamais négliger.
Les rapports de Pollosson et Bérard, plusieurs publications de Tavernier, le mémoire de Lecène et Lenormant précisent les caractères radiologiques qui permettent de différencier les sarcomes des os des lésions capables de les simuler.
Il est indispensable, avant toute chose, de préciser que l'image fournie par la plaque radiographique n’est pas toujours celle de la lésion elle-même ; qu’elle montre bien plus souvent le mode de réaction de Fos que la lésion qui détermine cette réaction. L'examen d’une radiographie n’est done pas une lecture au sens propre du mot, mais bien Pinterprétation d’une image. (Eising.)
Eliminons d’abord rapidement les Iésions inflammatoires susceptibles de prendre laspect de pseudo-tumeurs.
L'hypérostose syphilitique se caractérise par un apport en masse de substance nouvelle à los ancien sous forme de couches périostiques plus jeunes et plus claires.
L'ostéomyélile chronique se caractérise par des contours
cannelés gothiques de la partie centrale; los périostique nouveau moins calcifié, plus clair, l’inclut de toutes parts.
La tuberculose enfin conserve aux os raréfiés, perméables aux rayons X, leurs contours normaux; ils tranchent en blanc sur le reste du squelette. (Bérard et Pollosson.)
Ce qui caractérise donc ces lésions, ce sont bien plus les modes de réaction du tissu osseux que l’aspect de la lésion elle-même. Il en va être.autrement des radiographies de tumeurs.
Une fumeur centrale montre une perte de substance située dans le bulbe ou au-dessus du cartilage de conjuguaison; parfois elle érode la corticale, la découpe comme à l’emportepièce et s'étale sous le périoste (aspect de bouton de chemise); elle présente des tons dégradés jusqu’à la limite de la tumeur.
La forme térébrante infiltre tout l'os. Elle s’accompagne d’un renflement fusiforme de la diaphvse, au niveau duquel se voient des taches claires, en bandes, suivant la longueur de l'os.
Les fumeurs périostiques, au contraire, se montrent sous forme d’une masse plus opaque que les parties molles, moins dense que los sain; la tumeur aparaît soit englobant ce dernier, qui la traverse d’une ombre plus opaque, soit accolée simplement à l’une de ses faces. La corticale de l'os prend un aspect érodé, dentelé, caractéristique. La tumeur, enfin, est souvent traversée de traits plus sombres, implantés plus ou moins perpendiculairement sur la diaphyse et donnant l’image des spicules observées dans les sarcomes ossifiants: disposition qui les différencie de l’ossification stratique, parallèle à la corticale que l’on observe dans les ostéites.
Enfin, dans certains cas, l’os apparaît comme soufflé, ses parois sont amincies et son image est peu opaque; la coque ainsi constituée, ininterrompue, sauf dans les cas de fracture spontanée, limite une cavité que cloisonnent plus ou moins complètement des lames de refend : cette lésion, en général symptomatique des fumeurs à myéloplaxes, peut prêter à confusion.
L'image que fournit le kyste des os lui ressemble en effet un peu. Mais, dans ce dernier, l'expansion osseuse est plus réguliere. L’os n’est ni épaissi, ni déformé autrement que par une
PS
voussure plus ou moins évidente suivant les dimensions du kyste qui le refoule; il présente en son centre une tache claire à contours très nets et offrant souvent une forme ovoïde très spéciale. (Beck.)
Disons en terminant que, pour Tavernier, les tumeurs bénignes, en général, ont un contour plus ou moins arrondi; quand elles arrivent au contact de la corticale, elles la refoulent sans la perforer; leur diagnostic est, en général, facile avec les tumeurs malignes, qui sont diffuses tandis qu’elles sont limitées: il est, par contre, à peu près impossible de reconnaître entre elles les tumeurs bénignes.