SARCOME DE L’EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DE L'HUMÉRUS
Prép. "botte 269:
Le malade, âgé de dix-huit ans et demi, téléphoniste, entre dans le service de M. Lecène en septembre 1922 pour tumeur volumineuse “du bras gauche.
Le début de l’affection remonte à mai 1922 (quatre mois). Les mouvements de l’épaule gauche deviennent douloureux, tout en restant possibles.
En juin, ces mouvements deviennent limités.
En juillet apparaît un gonflement de l’épaule. Le 31 juillet, il est curetté en ville ; on pensait à une tuberculose de l’épaule. L’incision exploratrice faite à ce moment s’est cicatrisée.
On ne relève aucun traumatisme dans les antécédents. Le malade ne se souvient que d’une pleurésie à l’âge de deux ans et demi et n’a depuis lors présenté aucun signe pleuro-pulmonaire.
Actuellement, l’extrémité supérieure du bras gauche présente l’aspect du « membre en gigot » avec un volumineux gonflement fusiforme en avant. En arrière, au contraire, on peut constater une légère atrophie des muscles sus et sous-épineux.
A la palpation, cette tumeur, mal limitée, semble faire corps avec l'os ; elle est fluctuante à sa partie moyenne, non pulsaüile, non adhérente à la peau, qui n’est pas modifiée dans son aspect à ce niveau, mais qui cependant présente une certaine élévation de température locale. La palpation est extrêmement douloureuse.
Pas d’adénopathie axillaire. Les mouvements actifs de Particulation sont rendus impossibles par l'intensité de la douleur. On arrive cependant à obtenir une légère abduction passive.
OPÉRATION (P. LECÈNE), 29 septembre 1922. — Désarticulation de l'épaule, atypique, avec section première des deux pectoraux, puis ligature de lartère axillaire et de la veine ; section du qexus brachial.
Désarticulation vraie.
Finalement, résection de la saillie acromiale.
Hémostase, suture complète du lambeau deltoïdien sans drairage.
L'examen de la pièce ne montre pas de prolongements extracapsulaires. S'il n’y a pas de métastase pulmonaire, le cas semble devoir être favorable.
EXAMEN HISTOLOGIQUE (M. LECÈNE). — Aspect de sarcome très rasculaire. Les vaisseaux n’ont le plus souvent pas de paroi jropre ; ce sont des lacunes sanguines. On voit d’assez nombreuses cellules multinucléées ressemblant aux myéloplaxes ; mais le stroma est bien différent de celui des tumeurs à myéloplaxes. Tumeur certainement maligne.
Le 23 septembre 1923, MorT de métastases pulmonaires ; un noyau sous l’omoplate.