‹ Contribution à l'étude des tumeurs des os Analyse de 28 observations inéditesChapitre 54 sur 84 · EN RES · texte numérisé non relu

EN RES

de ses souffrances à mai 1922, où des douleurs au niveau de ÎJa jambe droite apparaissent à la fin de la journée pour disparaitre dans la nuit. Aucune tuméfaction n'existe à cette date. Deux æois environ avant l’apparition de ces douleurs, en mars 1922, le malade avait subi un choc sur le tibia droit et il rattache ces douleurs à cet accident.

Vers la fin de juin 1922 apparaît une petite tuméfaction qui s'accroît peu à peu et qui siège à la face interne de la partie inférieure du tibia. La douleur, à cette date, a augmenté ; le malade boite légèrement, mais ne s’arrête cependant pas dans sen travail et continue à marcher.

Le 26 juillet 1922, étant debout, il ressent un craquement dans sa jambe ; depuis, il marche très difficilement avec une canne et souffre beaucoup plus qu'avant l'accident.

Il consulte à Beaujon ; on le radiographie et on l'envoie à la consultation du D' Louste. Par suite d’une confusion dans les tubes de Wassermann, on l’envoie à Saint-Louis, comme spécifique. Ici, deux Wassermanns négatifs. Il subit cependant un traitement de six semaines (huile grise, novar, cyanure). Aucune amélioration, au contraire. Finalement, il entre dans le service de M. le professeur Lecène le 21 septembre 1922.

À cette date, l'examen montre à l’union des tiers inférieur et moyen du tibia droit une tuméfaction légère, prédominant sur la face interne. I n’y a pas de changement de coloration de la peau.

La tumeur, de Ia largeur d’une pièce de 5 francs, fait corps profondément avec l’os, dont on ne la sépare pas. La pression en est douloureuse et détermine une crépitation parcheminée.

En dehors, on sent une pulsation nette qui ne peut pas être attribuée à la tibiale antérieure, car on note également de l’expansion.

La mobilisation du membre montre une solution de continuité eu niveau de la tuméfaction avec crépitation osseuse. A la radiographie, on note, du reste, une raréfaction, ou mieux une disparition du tissu osseux sur quatre travers de doigt et le trait de fracture spontanée.

La ponction de la tumeur donne issue à un peu de sang.

L’état général est excellent.

OPÉRATION (P' LECÈNE), 25 septembre 1922. — Bonne rachianesthésie à la novocaïne.

Compression de l’artère fémorale.

Résection de la diaphyse tibiale sur une étendue de 12 centiiètres environ en dehors des limites de la tumeur avec scie de Gigli.

Puis section du péroné au-dessus du niveau de la section übiale supérieure. On taille le bout du péroné en pointe ; on le

Tumeurs des os.

met dans le moignon de tibia sectionné. Grâce à un jeu de redressement avec engrènement, on peut maintenir ce péroné engrené avec force dans le tibia, sans aucun appareil de contention, fil d'argent ou plaque.

Suture cutanée avec soin, pansement de gaze iodoformée, cellophane. Plâtre mettant le pied en bonne attitude.

EXAMEN HISTOLOGIQUE (M. LEGÈNE). — Aspect de sarcome avec nombreuses lacunes sanguines sans paroi propre. Cellules rappelant parfois les myélocytes, mais sans granulations. Nombreux noyaux monstrueux et divisions indirectes. Malignité certaine.

SUITES OPÉRATOIRES. — Depuis l’opération du 25 septembre, le malade continue à souffrir énormément de la cheville au genou ; douleur continue à paroxysmes surtout nocturnes.

A j’examen, on constate que les bords du lambeau présentent du sphacèle. En même temps, on constate une grosse mobilité des deux parties de la jambe.

OPÉRATION (P' LECÈNE). — 16 octobre 1922. — Désarticulation du genou par le procédé elliptique. Réunion avec un drainage tiliforme.

L'examen de la pièce montre un hématome (aseptique : culture), entre les deux bouts du tibia réséqués. Le péroné, qui a été adapté au fragment tibial inférieur, est mobile et il s’est produit une angulation.

Malgré toutes nos recherches, nous sommes restés sans nouvelles de ce malade.

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