‹ Contribution à l'étude des tumeurs des os Analyse de 28 observations inéditesChapitre 6 sur 84 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Sans viser à entreprendre ici l'étude complète de Phistoire des tumeurs des os, il ne nous semble pas inutile de passer sommairement en revue ses étapes principales. Un tel exposé nous montrera comment, du groupe confus où étaient rangées toutes les altérations de los, se différencièrent peu à peu les tumeurs vraies de ce tissu.

Avant Femploi systématique du microscope dans létude des tissus pathologiques, leur classification d’après la seule anatomie macroscopique, où d’après la clinique, était dépourvue de précision. Des lésions grossièrement comparables étaient assimilées les unes aux autres ; pourtant elles avaient une évolution différente ; en présence d’un cas donné, le pronostic restait hésitant, les indications opératoires difficiles, ou même impossibles, à poser avec certitude.

J.-L. Petit décrit sous les noms divers de «€ carnification des os », « d’exostoses », de « spina ventosa », de « carie », des cas où Schwartz reconnaît plus lard des sarcomes osseux.

C’est à Boyer et Richerand (1803) que semble revenir le

NO

mérite d’avoir fait une classe à part des ostéo-sarcomes : encore celle-ci ne comprend-elle que les tumeurs molles, charnues du squelette, cet auteur maintenant dans la classe des spina ventosa les sarcomes ossifiants d’aujourd’hui et peut-être les tumeurs à myéloplaxes.

Nélaton (1817) ne regarde l’ostéo-sarcome de Boyer que comme une variété du cancer des os ; à côté de lui, sous les noms de tumeur fongueuse du périoste, de cancer à coque osseuse ou spina ventosa, de cancer infiltré ou diffus, il en décrit d’autres modalités anatomo-cliniques ; mais l’ensemble constitue en réalité le groupe de tumeurs malignes primitives des os, désigné, jusqu’à il v a peu de temps encore, sans grande division, sous le nom d’ostéo-sarcomes.

Ainsi constitué, un tel groupe était trop vaste, et surtout trop disparate ; il comprenait des lésions de pronostic variable ; aussi les auteurs qui suivirent cherchèrent-ils à établir dans cet ensemble des divisions dont le point de départ fût la clinique, et auxquelles ils cherchèrent à donner comme base la structure histologique de ces tumeurs.

La découverte, au niveau de ces lésions, de certains éléments analogues à ceux de la moelle osseuse, leur étude par Ch. Robin, permirent à Eugène Nélaton d’individualiser une affection spéciale qu’il décrivit sous le nom de tumeurs à myéloplaxes. Cependant quelques cas, mal observés ou avant fait l’objet d'erreurs d'interprétation microscopique, récidivèrent et se généralisèrent. L'opinion d’Eug. Nélaton, qui avait reconnu à ces tumeurs un caractère bénin, souleva de vives critiques, et peu à peu, sans tomber dans l'oubli, son travail ne rencontra plus le crédit qu’en réalité il méritait.

Nélaton lui-même, dans son travail, critiquant avec soin les observations dans lesquelles la récidive était survenue, conclut qu’elles ne rentrent pas dans la catégorie des tumeurs à myéloplaxes telles qu’il les a décrites. Ces erreurs d’interprétation devaient pourtant se multiplier.

En France, aux Etats-Unis, en d’assez nombreuses publi- ‘ations, divers auteurs s’étonnent d’avoir observé des récidives et des métastases dans des cas de tumeurs que, sur la seule constatation de quelques cellules géantes multinucléées, ils avaient cru bénignes. Eug. Nélaton, pourtant,

ae AR

avait admis que « la bénignité habituelle des lumeurs à myéloplaxes de la variété type ». I déclare n'oser se prononcer sur le pronostic des autres variétés.

Nous verrons, en étudiant les observations que nous apportons au débat, qu'il s’agit là de lésions dont Pinterprétation histologique n’est pas toujours aisée. L'opinion de Nélaton reste vraie en ce qui concerne les véritables tumeurs à mycloplaxes : celles-ci sont bénignes et ne donnent pas de métastases. Mais l’on peut rencontrer par contre, au sein de tumeurs véritablement malignes, des éléments multinucléés dont la présence ne doit infirmer en rien le sombre pronostic de l'affection. Nous en apportons iti quelques observations.

Ainsi eût done dû se trouver démontrée la nécessité de dissocier du groupe des sarcomes osseux, tumeurs malignes au plus haut degré, les tumeurs vraies à myéloplaxes, nom que nous leur conservons, bien que ce ne soient peut-être pas des tumeurs au sens que l’on attache habituellement à ce terme. Nous ne le leur conservons que pour la commodité et pour respecter une terminologie admise. Mais nous pensons que lon devrait abandonner, de facon définitive, le terme de « sarcome à myéloplaxes », qui ne répond, ni du point de vue anatomique, ni du point de vue clinique, à la réalité des faits observés. Longtemps, comme cette lésion, l’ostéite fibrokystique fut considérée comme une fumeur ; on connaît aujourd’hui sa bénignité, la facilité avec laquelle on en obtient la guérison. Sans que sa nature füt exactement connue, elle s’est dégagée du groupe des néoplasies osseuses. Nous pensons que les tumeurs à myéloplaxes connaitront peut-être un jour le même sort.

»i F FE UE DNS

sie) LS Sol

Page 1