‹ Contribution à l'étude des tumeurs des os Analyse de 28 observations inéditesChapitre 60 sur 84 · TUMEUR A MYÉLOPLAXES DU TIBIA DROIT · texte numérisé non relu

TUMEUR A MYÉLOPLAXES DU TIBIA DROIT

Prép.-: boîte 298

La malade, âgée de quarante ans, ayant eu six grossesses, est examinée pour la première fois vers la fin d'octobre 1924. Mais le début de son affection semble remonter à deux ans. À ce moment, la malade, qui nourrissait un enfant, est prise brusquement de douleurs dans le genou droit à l’occasion d’un faux pas. Arrêt de quelques jours.

Durant un an, pas de nouvelles douleurs du genou. Il y a six : mois (avril 1924), la malade commence à boiter; une tuméfaction osseuse apparaît en même temps au niveau de la partie interne du chapiteau tibial; cette tuméfaction augmente progressivement el devient douloureuse à la pression.

À l'examen, présence d’un soulèvement osseux au niveau de la patte d’oie. Douleur très nette, surtout en un point limité où, semble-t-il, on perçoit un peu de crépitation parcheminée

Il n’existe aucun retentissement articulaire. Genou parfaitement normal. Mouvements libres.

RADIOGRAPHIE. — La partie supérieure et interne du tibia droit est anormalement transparente ; la corticale tibiale soulevée est riême nettement rompue en un point. L’os sus-jacent est creusé de géodes à contours faiblement estompés. Le reste du tibia et le péroné sont normaux. La surface articulaire du tibia est conservée au niveau du plateau tibial interne.

Le diagostic est : tumeur à myéloplaxes de l’extrémité supérieure du tibia.

OPÉRATION (P' LECÈNE), 31 octobre 1924, sous chloroforme ; incision en L renversé.

Trépanation facile par amincissement de la corticale. Evidement à la curette.

Aspect de caillot sanguin organisé ou de placenta en rétention. Hémorragie notable arrêtée par compression. On laisse la cavité se remplir de sang. Suture sans drainage.

Quinze jours d’inmobilisation plâtrée.

"Id

guindé, l’empèchant de fléchir la tète en avant. De plus, elle maigrit et se décide à consulter un médecin, qui l'adresse à l'hopital.

EXAMEN, 14 mai 129%. — Assez bon état général.

1° Colonne cervicale :

La pression sur les apophyses épineuses est absolument indolore.

Latéralement, la pression des transverses, particulièrement à droite, détermine une légère. douleur à la partie moyenne de la colonne cervicale.

2° Les mouvements sont à peine diminués. La flexion et l'extension douces sont possibles, la flexion est légèrement douloureuse et quelque peu diminuée.

La rotation est normale ; l’inclinaison latérale assez gènée.

3° Au palper, on sent une tuméfaction profonde qui semble prévertébrale ; elle refoule en avant l'os hyoïde, qu'on ne peut plus faire frotter contre le rachis. Cette tumeéfaction déborde latéralement ; elle soulève le sterno et les carotides, dont les battements sont plus superficiels que normalement.

4° Le toucher pharyngien montre un soulèvement de la paroi postérieure du pharynx dans sa partie basse, presque retroæsophagienne. Ce soulèvement n'est pas manifestement liquide ni fluctuant, il semble plutôt ferme que mollasse.

o° Pas d’adénopathies cervicales. ;

6° A l'examen du système nerveux, aucun trouble moteur ou sensitif ;

Réflexes normaux ;

Pas de signe de Babinski ;

Pas de troubles pupillaires.

RADIOGRAPHIE. — Destruction complète du corps de C,, incomplète de C, et C,, mais pas de tassement vertébral, le corps vertébral de C, est remplacé par une plage claire, mais ne s'est pas eFondré. É

OPÉRATION (P' Ag. LENORMANT), 19 mai 1925. — En raison des caractères de la tuméfaction et de la conservation assez parfaite des mouvements rachidiens, on fait des réserves sur le diagnostic de mal de Pott et on pense à une tumeur primitive des corps vertébraux.

L'intervention a lieu sous chloroforme.

- Incision sur le bord postérieur du sterno-mastoïdien droit ; ligature et section de la jugulaire interne.

— On reconnait le paquet carotidien, que l’on réeline en avant, et on arrive sur la région prévertébrale.

Une ponction est négative.

NEA

Page 1