‹ Contribution à l'étude des tumeurs du quatrième ventriculeChapitre 6 sur 21 · HUIT : TT · texte numérisé non relu

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OBSERVATIONS

OBSERVATION LI

Fongus du cervelel el du bulbe rachidien. — Bulletin de la Société anatomique-de 1836. (BALME-DuGARRAY.)

Le malade n’a été observé que pendant cinq jours. Homme, 31 ans, carrier. Sa mère dit qu'il buvait beaucoup; que depuis deux ans il se plaignait constamment de douleurs de têle; que pendant tout ce temps 1l avait travaillé, quoiqu'il fût obligé de se reposer de temps en temps, pendant deux ou trois jours. Les six dernières semaines de sa vie, les douleurs sont devenues tellement fortes qu’il poussait continuellement des cris, et qu’il désirait la mort. Aucune médication ne put calmer ses douleurs. Il se mit au lit à cette époque, et tous ses membres étaient assez libres pour qu'il pût s’en servir au besoin.

Quand M. Balme-Dugarray l’a examiné, il se plaignait toujours de la tête; son corps était très-amaigri, presque tous les organes des sens étaient incomplétement paralysés. C’est un mois seulement avant sa mort que le malade a commencé à se plaindre d'avoir la vue trouble, le mouvement et le sentiment des membres étaient conservés, quoiqu'on ne se soit pas assuré sile malade aurait pu se soutenir sur ses jambes. L'intelligence était intacte. Il a conservé un hoquel continuel pendant les trois dernières semaines. |

Mort le 4 mai 1836.

À l'aulopsie, on trouve deux fongus développés, l'un à la face supérieure du bulbe rachidien, et l’autre dans le lobe droit du cervelet.

Le premier a élé mis à découvert en incisant le lobe moyen du cervelet et en écartant l’un de l’autre ses deux lobes latéraux. Il remplissait la cavité du quatrième ventricule qui, étant très-

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élargi, avait dix lignes en longueur, six en largeur et quatre en hauteur. Ayant été divisé en plusieurs endroits, il s’en est écoulé une très-grande quantité de sang. La substance nerveuse de la face postérieure de la moelle allongée était sensiblement ramollie et de couleur jaunâtre.

Le deuxième occupait la partie latérale externe de la face supérieure du lobe droit du cervelet; ilétait un peu moins volumineux que le précédent.

OBSERVATION II

(Vircnow, Pathologie des: tumeurs, t. I], p. 132.)

Il s’agit d’un boulanger âgé de 39 ans, qui avait eu une enfance maladive et disait avoir souffert de glandes. Dans sa vingtième année, il tomba subitement en pleine rue, après avoir ressenti des crampes dans les mollets, et il resta quatre jours sans connaissance.

A 27 ans, il eut une pneumonie, après laquelle survinrent de temps à autre des secousses douloureuses dans la jamhe gauche.

Dix ans avant sa mort, en soulevant des sacs, il reçut le choc en retour d’un levier qui porta violemment sur le côté gauche (? d’après l’autopsie, probablement sur le côté droit) de la tête, le fit tomber sans connaissance et lui fit une plaie. Au bout de dix minutes, 1l revint à lui, dut suspendre pendant un jour son travail sans avoir d'autre malaise; la plaie guérit en huit jours.

Au commencement de décembre 1858, il devint, sans cause spéciale, indifférent et morose, perdit la mémoire, et fut pris de vertiges, de céphalée, de diplopie, de constipation et d'émissions fréquentes d'urine. Au commencement de février 1859, cet état se compliqua de vomissements très-pénibles, après les repas; de lassitude et d’amaigrissement. Les mouvements des yeux et des pupilles, ainsi que la sensibilité restèrent intacts; la langue sans déviation ; le pouls tomba jusqu’à 64 à 56 pulsations; la tête finit par se prendre ; un point du crâne était douloureux; la parole s'embarrassa; l’urine s’écoula involontairement.

Mort le 29 avril 1860.

À l’aulopsie, on trouva un crâne irrégulier, avec une saillie dans la région de la suture frontale ; le côté gauche du crâne hyperémié et avec une atrophie corticale. À droite, un peu en avant de la bosse pariétale, un enfoncement long de 1/2” et large

de 4”, avec un fond irrégulier et des bords aplatis; dans le voisinage, une exostose plate. Hydrocéphalie très-prononcée de tous les ventricules. L’épendyme des ventricules latéraux épaissi et granuleux, la voûte et la couche optique adhérant sur une grande étendue avec le voile et les plexus choroïdes.

La glande pinéale petite. L'’épendyme du quatrième ventricule épaissi, de consistance cartilagineuse et de 2°” d'épaisseur moyenne, notamment dans la fosse rhomboïdale, et jusque près des stries acoustiques. La tuméfaction relatée dans le texte, située en avant, avait à la surface une, couleur plutôt brun jaunâtre, tirant légèrement sur le vert. En arrière et particuliérement à droite, se trouvaient plusieurs diverticulums assez étendus tapissés de parois très-épaisses. L'une d’elles avait plus de 6°” de long et s’étendait dans la substance de l'hémisphère droit du cervelet; une autre moins grande se dirigeait à gauche de l’endroit ordinaire, à côlé de la moelle allongée, vers en dehors. Une troisième, petite, existe près de la ligne médiane en arrière; elle a également une paroi brun jaunâtre et circonscrit encore une autre masse toute blanche, presque de la grosseur d’un pois, semblable à une petite poche affaissée adhérente à droite à la pie-mère; des deux côtés, surtout à gauche, une masse dense et blanche part de l’épendyme et s'étend jusqu'au noyau médullaire.

Cette hyperplasie fibreuse se prolonge d’une manière très-distincte, jusqu’au commencement du filet épendymaire central de la moelle épinière, et forme, au-dessus de linsertion de la moelle prolongée au pont de Varole, une tumeur presque cartilagineuse de 3 à 4 lignes d'épaisseur.

OBSERVATION HI

(Vircnow, Pathologie des tumeurs, t. I, p.131.)

Un gliôme de notre collection, de la grandeur d’une cerise, trèscompacte et à surface faiblement lobée, repose sur le bord gauche et postérieur du quatrième ventricule. Il est assez mobile, en partie adhérent à la pie-mère, de sorte qu’il peut facilement être considéré comme faisant partie de cette dernière. Ce gliôme en augmentant de volume pénétra dans le ventricule et recouvrit entièrement la fosse rhomboidale. Un peu plus en avant, pour ainsi dire au bord du ventricule, et en connexion avec le plexus choroïde, reposait une seconde petite nodosité de la grandeur

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d’un grain de chénevis. Il existait en même temps une hydrocéphalie.

OBSERVATION IV

Glycosurie, amaurose ; mort subile par asphyxie. — Aulopsie ; tumeur d'aspect colloïde, du volume d'une grosse noix, remplissant le quatrième ventricule. (Thèse de Levrat-Perroton. Paris,

Le 29 juin 1858, il entre à l’'Hôtel-Dieu de Lyon, une malade dans la deuxième salle des femmes (service de M. le docteur Gromier), où elle est couchée au n° 35.

Cette femme, nommée Marguerite V..., âgée de 25 ans, est d’une forte constitution, d’un tempérament lymphatique et sanguin ; elle n’a jamais fait de maladies sérieuses.

Depuis trois mois, elle se plaint de grandes douleurs de tête. Ces douleurs ne sont point hémifaciales ; elles n’ont rien de bien précis dans leur siége, et s’irradient dans toute la tête; elles sont continues et n’ont point le caractère des douleurs ostéocopes. Elle assure, du reste, n’avoir jamais eu d’accidents syphilitiques, ct l'examen le plus complet à cet égard ne fait découvrir aucune trace de cette affection.

La malade prétend en outre que de temps en temps elle prend des crises avec mouvements convulsifs et menace de suffocation. Ces crises, auxquelles elle n’est sujette que depuis un mois environ, n’ont du reste rien de régulier dans leur apparition et sont assez éloignées ; elle dit n’en avoir eu que trois ou quatre depuis qu'elle est malade.

Depuis trois mois, sa vue faiblit de jour en jour ; aujourd’hui, elle y voit à peine pour se conduire ; la pupille est dilatée et à peine mobile ; l’œil ne paraît point injecté, ses milieux sont parfaitement transparents.

En même temps que se manifestèrent ces troubles du côté de la vision, la malade perdit ses forces pour la marche, qui est devenue pénible et mal assurée ; elle marche en fauchant légèrement et est obligée de se soutenir contre les barreaux des lits de Ja salle ; elle se plaint également de soubresauts dans tous les membres.

La malade est un peu altérée, et la sécrétion urinaire augmentée.

Les urines sont blanches et limpides, on y constate à différentes reprises de la glycose; on porte le diagnostic provisoire : glycosurie. Elles ne renferment point d’albumine.

Enfin, le 9 juillet, elle est prise tout d’un coup d’un accès subit de suffocation qui l’enlève en quelques minutes.

Après le décès, la face était fortement cyanosée, les conjonctives injectées, une écume bronchique abondante s’écoulait de la bouche de la morte.

Aulopsie. - La dure-mère ne paraît nullement épaissie, ni injectée dans aucun point de sa surface; les sinus sont gorgés de sang noir; en incisant la dure-mère, il s'écoule une grande quantité de sérosité limpide, le tissu encéphalique n’est nullement piqueté. Mais il a subi à un haut degré le ramollissement cadavérique; en le soulevant en avant, il se déchire en arrière au niveau des pédoncules cérébraux ; cette rupture amène la sortie d’une grande quantité de sérosité contenue dans les ventricules, dont le volume du reste ne paraît pas augmenté.

Le cerveau, soumis à des coupes nombreuses dans tous les sens, n'offre aucune altération récente ou ancienne.

Mais arrivés sur la tente du cervelet, et après avoir enlevé cette voûte membraneuse, ce dernier semble plus volumineux et comme trilobé; la saillie médiane, très-prononcée, est formée par une tumeur du volume d’une grosse noix, renfermée dans l'intérieur du quatrième ventricule qu’elle remplit complétement et a fortement distendu. Elle pénètre dans les deux tiers postérieurs de l’aqueduc de Sylvius et a séparé les pédoncules cérébelleux et usé la valvule de Vieussens; aussi fait-elle saillie sur la ligne médiane, immédiatement en arrière des tubercules quadrijumeaux. Son extension à la partie postéro-inféricure l'avait forcée de faire saillie entre le pédoncule cérébelleux mférieur et la valvule de Tarin; les dimensions du ventricule sont considérablement augmentées, surtout dans le sens transversal.

Cette tumeur est formée d’une matière gélalineuse transparente, d'aspect colloïde, n’est point adhérente à la surface nerveuse qu’elle a simplement refoulée, mais fait corps avec les plexus choroïdes, aux dépens desquels elle paraît s’être développée.

Examinée au microscope, elle offre dans sa structure des éléments divers : à la surface, on trouve des cellules épithéliales qui ne présentent pas une disposition bien déterminée. Au centre, c’est une matière amorphe parsemée d’un certain nombre de fibres de tissu cellulaire; on y distingue quelques noyaux fibro-

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