COS
plastiques, des capillaires la traversent en différents sens; on les voit à l'œil nu du reste, sans le secours du microscope ; ils suivent les tractus celluleux qui cloisonnent çà et là la tumeur.
Il n’y a du reste aucune lésion remarquable du côté des autres organes.
OBSERVATION V
Tumeur remplissant le quatrième ventricule. (Observation publiée par M. Ross; extrait de la Gazette médicale de Paris, 1858.)
Il s’agit d’un enfant de 11 ans, très-robuste, qui, en se mettant à table, le 18 mars, fut pris des symptômes suivants:
Coma avec résolution des quatre membres, la face bleuâtre, violacée, avec une écume bronchique abondante sortant par la bouche et les narines.
Il n'y a pas en ce moment de strabisme ni de convulsions; les yeux sont tournés, le gauche en dedans, le droit en dehors; ils ne quittent pas volontiers cette posilion, quelle que soit l'attitude que l’on fasse prendre au malade; la pupille est médiocrement dilatée ; la tête, abandonnée à elle-même, retombe lourdement sur l'oreiller.
La paralysie du mouvement est incomplète, les bras soulevés retombent aussitôt à côté de lui, comme dans les hémorrhagies graves de l’encéphale, mais l'instant d’après, soit instinctivement, soit à la suite de quelques sensations désagréables, il les meut, mais sans force et sans précision : il en est de même des membres inférieurs. La sensibilité est conservée (c’est le 18); lorsqu'on pince un peu fortement la peau, on détermine des contractions grimaçantes des muscles du visage, ou quelques-uns des mouvements dont il était question tout à l’heure.
Il est couché dans le décubitus dorsal, incapable de parler et sans doute d'entendre; la peau violacée, médiocrement chaude; 420 pulsations régulières, 40 respirations.
À l’auscultation, gros ronchus empêchant d'entendre les bruits du cœur. Sonorité des deux côtés à la percussion.
Voici les renseignements qu’il a été possible d'obtenir sur cet enfant, et dont la plupart n’ont été fournis qu'après la mort.
Entré depuis neuf mois à l’hospice; il était intelligent, parlait, marchait, voyait comme tout le monde ; un de ses camarades cependant a prétendu qu'il était triste et laciturne.
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Il y a six mois, on s’est aperçu qu’il devenait aveugle; la religieuse l’avait vu un jour chercher et tâtonner inutilement pour trouver un morceau de pain qui se trouvait devant lui.
En même temps, ses membres commençaient à devenir faibles, incertains; dans ces derniers temps, il pouvait encore se tenir debout, mais il ne marchait qu’en s'appuyant aux meubles et aux murs : l'intelligence avait aussi été éteinte,'et on avait renoncé à lui faire retenir quoi que ce soit.
Depuis trois ou quatre mois, il fallait le faire manger ; il passait toutes ses journées assis sur une chaise, parlant parfois, et remplissant d’ailleurs parfaitement toutes ses fonctions animales ; pourtant 1l gâtait dans les derniers temps.
La grande gêne de respiration fit présumer une hémorrhagie ou une congestion, faite autour d’une production nouvelle, existant depuis longtemps vers la racine des pneumogastriques.
On fit une petite saignée et en même temps on appliqua 12 sangsues aux apophyses mastoïdes.
Le lendemain 19 mars, l'enfant vivait encore; il paraissait moins cyanosé, mais il avait toujours 40 respirations à la minute.
Il meurt le même jour, à une heure de l'après-midi, sans convulsions, et par suite d’un embarras croissant de la respiration.
Aulopsie. — Os du crâne durs et épais, comme chez un homme de 40 ans ; les sutures ont été disjointes par une force excentrique qui a séparé les points par lesquels elles s’engrènent.
Le sinus longitudinal supérieur est tout à fait vide de sang.
De chaque côté, et adhérentes à la dure - mère qui tapisse l'étage moyen de la base du crâne, se trouvent deux petites productions blanchâtres, qui ont présenté au microscope des globules graisseux et des cellules semblables à celles de la tumeur principale.
Au moment où le cerveau fut enlevé, la partie postérieure des pédoncules cérébraux se rompit, et un flot de liquide s’échappa du ventricule moyen. La quantité ne peut en être évaluée à moins de 400 grammes. Le lobe gauche du cerveau était courbé sur son axe et présentait à sa partie moyenne, une dépression capable de loger un œuf, les mêmes détails existaient à droite.
Les ventricules latéraux étaient également très-distendus, et l'enveloppe cérébrale amincie.
Le quatrième ventricule est occupé par une tumeur longue d'avant en arrière de 6 centimètres, large de 4, haute de 3. Cette
PER (ie tumeur à une couleur grisätre, peu vasculaire; elle est un peu plus développée du côté gauche que du côté droit de l'hémisphère cérébelleux; il n’y a plus de trace du lobe médian. À gauche, l’angle du quatrième ventricule, qui correspond au pédoncule cérébelleux moyen de ce côté, est dilaté par un liquide analogue à celui des ventricules cérébraux.
La tumeur s’est développée, à proprement parler, dans la cavité même de ce ventricule; quand on l’a incisé sur la ligne médiane, on reconnait très-bien qu’elle n’a que des pois de contiguité avec la paroi antérieure.
En arrière, au niveau du bec du calamus scriptorius, l’adhérence est tout à fait intime, et on ne les sépare l’un de l’autre qu'en détruisant les adhérences celluleuses et vasculaires. En avant, la tumeur a repoussé au-devant d’elle, et s’est coiffée en quelque sorte des processus cerebelli ad cerebrum, pédoncules supérieurs du cervelet, faisceau oblique latéral de l’isthme, qu’on reconnaît très-bien à sa transparence, mais distendus et amincis.
À gauche, où la tumeur s’est un peu plus développée, elle avait perforé en un point ces enveloppes, et s’étendait jusque dans le pédoncule du cerveau, qui en a conservé une mince couche au moment où la séparation s’est faite pendant l’autopsie; de chaque côté, l’on distingue très-nettement les corps restiformes, mais, au lieu de recouvrir la tumeur, ils semblent s'échapper de son épaisseur et on peut les suivre à travers, Jusqu'à une certaine profondeur.
Les autres organes ne présentent rien de particulier, à part les ganglions pulmonaires qui sont durs et tuberculeux, et le lobe inférieur du poumon gauche qui est hépatisé au troisième degré; çà et là sous la plèvre se trouvent quelques granulations miliaires.
Structure de la tumeur. — Le tissu de la tumeur est friable, assez facile à réduire en pulpe; soumis à la dilacération, il se divise, partie en fragments, partie en parcelles grisâtres presque imperceptibles.
Ces dernières, examinées au microscope, se montrent constituées par des cellules épithéliales, semblables à celles des plexus choroïdes, les unes isolées, les autres juxtaposées et adhérentes, en nombre plus ou moins considérable. La plupart de ces cellules néanmoins sont irrégulièrement polyédriques, à angles quelquefois pourvus de prolongements qui peuvent atteindre la longueur de la cellule et même plus. Il en est cependant en assez grand nombre qui sont régulières, tantôt polyvédriques, d’égales dimen-
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sions dans les trois sens ou prismatiques, offrant une extrémité plus étroite que l’autre, tantôt tronquée, tantôt terminée en pointe ; chaque cellule contient un noyau ovoïde ou sphérique, sans nucléole, large de 7 à 8 millièmes de millimètre; quelques-unes, mais fort rares, contiennent deux noyaux. Ges diverses cellules sont grisâtres, finement granuleuses; il en est beaucoup néanmoins qui contiennent un certain nombre de granulations graisseuses, larges de 1 à 2 millièmes de millimètre, à centre jaune, brillant, à contour foncé; ces granulations sont tantôt éparses, tantôt en amas vers une extrémité de la cellule, ou autour du noyau; quelques-unes de celles-ci étaient tellement pleines de granulalions qu’elles étaient opaques et que leur noyau était invisible. C’est particulièrement dans les parties les plus blanches de la tumeur que les cellules offraient le plus de granulations.
Les fragments de tissu isolés des autres sans être complétement dissociés offraient des faits plus intéressants à étudier: il était facile en effet, sur le bord de ces fragments de tissus convenablement isolés, de reconnaître le type de la structure propre aux plexus choroïdes, c'est-à-dire des plis se réunissant à leur bord adhérent avec d’autres plis semblables et offrant un bord hbre arrondi, souvent plus large que l'extrémité adhérente. Ces replis offrant d’une manière générale l'apparence de saillies papillaires ou de culs-de-sac glandulaires, lorsqu'ils étaient vus sous un certain point de vue, s’épanouissaient dans quelques fragments sous forme d’éventail, d'une manière très-élégante.
Leur structure était en outre semblable à celle des plexus choroïdes ; seulement, la très-grande majorité d’entre eux manquaient des anses des vaisseaux capillaires élégamment flexueuses, qui en occupent le centre à l’état normal, et qui passent de l’un à l’autre successivement.
Au centre des replis précédents de la tumeur, la place des vaisseaux était occupée par une plus ou moins grande quantité de matière amorphe grisâtre, finement granuleuse, se présentant sous la forme d’une trainée brunâtre plus foncée que le reste des plis, vue au microscope, plus large vers l'extrémité libre de ceuxci que vers leur extrémité adhérente. Dans les rares replis de la tumeur, pourvus d’anses capillaires, comme dans les plexus choroïdes à l’état normal, cette matière amorphe existait également dans l'intervalle des deux branches, l’une ascendante, l’autre descendante, de l’anse vasculaire. Comme dans les plexus choroïdes sains, la plus grande épaisseur du tissu de chaque repli était for-
PIRBRE 3
mée par des cellules épithéliales décrites précédemment, réguliérement juxtaposées et groupées autour des anses vasculaires ou de la couche de substance amorphe granuleuse, et occupant la place des vaisseaux dans les replis qui en étaient dépourvus. L’extrémité libre de ces cellules, plus large que l’autre et arrondie, faisait saillie à la surface des replis, et donnait à leur contour un aspect général ondulé très-élégant. Vues par leur bout, et non de côté, sur le milieu de chaque on , les cellules offraient une forme polygonale, à angles arrondis, avec un noyau central, disposition très-élégante également. Ces replis étaient plus ou moins transparents selon leur volume et surtout selon que les cellules étaient plus ou moins granuleuses. Enfin, dans un certain nombre d’entre eux, on trouvait quelques concrétions isolées ou agglomérées, formées de carbonate et de phosphate de chaux, telles que celles que l’on trouve dans les plexus choroïdes normaux, chez l'adulte principalement.
OBSERVATION VI
Homme, cordonnier, 41 ans, entre le 45 mai 1869 à la clinique de Traube. D’après sa femme, 1l a reçu, 1l y a trois ans, un coup sur la tête, qui causa une perte de connaissance. Depuis cette époque, d’après elle, sa mémoire commença à diminuer, et 1l devint apathique. Ce n’est que six mois plus tard qu’il fut pris de frissons, hémoptysies et commença à maigrir. Pendant son séjour à l'hôpital, les hémoptysies continuërent, les autres symptômes augmentèrent d'intensité. En outre, on constala qu’il était atteint de diabète sucré. La quantité d'urine était de 7 à 9 litres et elle contenait de 5 à 8 p. 100 de sucre.
Le malade mourut le 5 octobre à la suite d’une hémoptysie.
Aulopsie. — Cavernes étendues dans les deux poumons; ulcérations tuberculeuses de l’intestin grêle; tubercules dans le foie et les reins; traces du traumatisme sur les os du crâne. Dans les ventricules latéraux et à la base du cerveau, assez grande quantité de liquide louche.
Le quatrième ventricule est rempli, à sa partie postérieure, par une tumeur longue de + de pouce et épaisse de £. Elle est formée de deux moitiés incomplétement séparées, qui suivent le trajet des plexus choroïdes normaux, dont on ne retrouve aucun vestige. Elle n’est adhérente ni au plancher, ni au cervelet. Elle
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est très-résistante, blanchâtre, et se présente à la coupe, comme à sa surface extérieure, sous forme de granulations; son aspect rappelle celui des glandes salivaires.
L'examen microscopique montre que cette tumeur était conslituée, dans toute son étendue, par un üssu fibrilhaire, un petit nombre de cellules arrondies ou fusiformes, quelquefois ramifiées. Les fibres formaient un feutrage serré. Sur un point, on trouva, au milieu de la tumeur, des concrétions dures, stratifiées, très-réfringentes, formées de carbonate de chaux.
La forme et la situation de la tumeur indiquent avec certi-
tude qu’elle appartient aux plexus choroïdes. (Traduction de M. Exchaquel.)
OBSERVATION VIE
Archives de Virchow, 43° volume, p. 324.
L’affection avait été observée chez une jeune fille de 22 ans, appartenant aux classes élevées de la société. À l’âge de 3 ans, elle avait eue des convulsions. Tempérament très-nerveux. Elle se plaignait souvent d’une sensation de poids dans la tête. A l’âge de 16 ans, elle est obligée de cesser des leçons de uanse, à cause des vertiges et des vomissements qu’elles provoquaient. Le 19 juin 1864, la malade ayant dansé dans un bal, elle eut des vomissements et des vertiges violents qui durèrent toute une année. Les vomissements avaient lieu presque tous les jours, sans que la santé en fût atteinte.
Elle n’eut plus d'accidents jusqu’en juillet 1866, époque à laquelle survint une céphalalgie violente, revenant à intervalles réguliers. Cette douleur dure trois jours et disparaît sous l’influence de fortes doses de quinine et de morphine.
Le 93 décembre 1868, nouvel accès de céphalalgie frontale.
Le 3 janvier 1867, accès de vomissements bilicux.
Le 11, céphalalgie avec exacerbations nocturnes.
Le 15, elle devint excessive et ne put être calmée; elle était surtout violente à l’occiput. Elle mourut subitement ; la mort avait été précédée de quelques phénomènes de paralysie pulmonaire.
Depuis plusieurs années, la malade présentait tous les symptômes du diabète insipide ; l'urine ne contenait pas de sucre.
Aulopsie et examen histologique par Virchow.— Hydrocéphalie considérable. Aplatissement de la protubérance et du bulbe. Dans la cavité du quatrième ventricule existe une tumeur du volame d’une noix, de couleur rougeâtre, de tissu assez résistant. Elle a 0,05 de long, 0",01 à 0",015 de hauteur, et sa plus grande largeur est de 0,015. En avant, elle atteint presque l’ouverture de l’aqueduc de Sylvius; en arrière, elle remplit le bec du calamus ; le cervelet et le bulbe ont été déprimés et se touchent encore en arrière de la tumeur. Elle adhère au plancher en un seul point, à sa partie antérieure, auquel elle est rattachée par un pédicule assez large.
La pièce, conservée dans l'alcool, présente une consistance un peu cassante. Les parties périphériques et adhérentes sont plus épaisses, les centrales plus lâches; ces dernières sont d’un rouge sombre. Les éléments principaux sont des cellules arrondies, un peu irrégulières, assez développées, avec de grands noyaux, de la grandeur des cellules de mucus bien développées. Dans les endroits où le tissu est plus serré, en particulier au niveau du pédicule, 1l y a de nombreuses cellules fusiformes, avec des prolongements très-longs, un corps très-petit et de gros noyaux. Ces cellules fusiformes sont réunies ou isolées de façon que leurs prolongements se montrent par place entre les cellules. Ces cellules sont en partie isolées et contenues dans une rare substance intercellulaire; par places, elles sont en série ou en groupes; on a donc affaire à un glyosarcome à grandes cellules, d'autant plus qu’à la base on constate une continuation immédiate avec l’épendyme, au niveau de laquelle on trouve déjà quelques grandes cellules fusiformes, isolées ou en séries.
On ne peut constater une extension du tissu morbide au delà de l’épendyme. La tumeur présente de gros vaisseaux, assez nombreux, à parois épaisses; et du côté de la surface libre on voit reparaitre, par places, la structure normale de l’épendyme. (Truduclion de M. Exchaquet.)
OBSERVATION VIIL.
Cysticerque du quatrième ventricule. — Compte rendu de la Soc. méd. des hôpitaux. — Gaz. hebd. 1864. (DAmAscHINoO.)
IL s’agit d'un cysticerque développé dans le plancher du quatrième ventricule. Le parasite avait le volume d’une noisette; il
était notablement développé d’avant en arrière. On a pu le disséquer au microscope simple, isoler la tête et reconnaitre la double couronne des crochets. Le corps avait 0",018 de diamètre, c’est- :-dire un volume un peu supérieur aux dimensions ordinaires des cysticerques de l’homme. Aux environs, le plancher du quatrième veniricule était épaissi notablement; son apparence gaufrée, rappelant l’aspect de la face interne de la vésicule biliaire. Les autres parties de l’encéphale et les autres viscères ne présentalent aucune trace d’autres parasites analogues.
Cet animal s'était développé dans l’encéphale d’une petite fille de six ans, reçue à l'hôpital pour angine couenneuse suivie de eroup, qui guérit sans opération, et fut suivie d’une paralysie du voile du palais, mais sans paralysie des membres. La paralysie du voile du palais se dissipa en quinze jours; -mais la malade tomba dans un marasme progressif. Les ganglions cervicaux et sousmaxillaire suppurèrent, et l’enfant succomba à une broncliopneumonie double.
OBSERVATION IX
(GALEzOwWSKI, Archives de médecine, 1808, t. IT, p. 662.)
Joseph S..., âgé de 16 ans, entre à l’Hôtel-Dicu le 10 mai 1867.
Il y a deux ans apparurent des maux de tête fréquents ct tellement violents, que le malade dut souvent suspendre tout travail. À cette céphalalgie se Joignaient quelquefois des vomissements et un léger affaiblissement du côté gauche. Cet état persiste, avec des alternatives de rechutes et d'amélioration, jusqu’au mois de mars 4867. À la fin de mars, il se réveille un matin avec un strabisme convergent des deux yeux et un léger embarras de la parole. Depuis ce temps, le mal de tête est persistant, des vomissements se montrent plusieurs fois par jour, constipation opiniâtre. Il entre à l'hôpital le 10 mai. Il éprouve à ce moment une céphalalgie opiniètre, permanente, extrêmement intense, dont le siége n’est pas limité à la partie antérieure de la têle, mais occupe aussi la partie postérieure.
Des vomissements ont lieu plusieurs fois par jour; la constipation est opiniâtre.
Nous constatons bientôt le strabisme convergent double tellement prononcé, que les veux se cachent dans les angles internes ;
paralysie faciale incomplète à gauche ; léger embarras de la parole ; déviation de la pointe de la langue et non abaissement de la paupière supérieure gauche ; affaiblissement de la motilité et de la sensibilité dans tout le côté gauche du corps. Pendant la marche, le malade ne peut se tenir sur ses jambes; il vacille comme un homme ivre et présente au plus haut point cette incoordination que Duchenne (de Boulogne) a désignée sous lenom de titubation ou ivresse cérébelleuse.
La mémoire et les fonctions cérébrales sont parfaitement conservées ; 1l n’y a pas de contractures ni de convulsions.
Le malade voit double et sa vue est troublée au point qu’il ne peut lire les caractères très-gros. Les pupilles ne sont point dilatées. L’examen ophthalmoscopique m’a permis de constater l'existence d’une névrite optique double.
La présence de ces symptômes fit penser à M. Vigla qu’il y avait une tumeur du cervelet, ce qui, du reste, était confirmé par l’examen ophthalmoscopique.
À la fin du mois, la paralysie faciale était beaucoup plus marquée, les vomissements et la céphalalgie persistaient et le malade ne pouvait, à cause de la titubation, faire un pas sans être soutenu. La faiblesse de tout le côté gauche était aussi plus grande.
Telle était la position du malade, lorsque, le 6 juin, il se plaignit d’une aggravation dans la céphalalgie etles vomissements ; en même temps, fièvre intense et douleurs lombaires extrêmement vives. |
7 juin : Dans la nuit du 6 au 7, les convulsions apparurent pour la première fois.
8 juin : Éruption varioleuse confluente et hémorrhagique avec paralysie de la vessie.
Le 21, quelques convulsions dans la journée; le malade meurt dans la journée conservant presque toute sa connaissance.
Aulopsie. — Tous les organes sont reconnus sains, la dure-mère peu injectée, cerveau un peu jaune, circonvolutions tassées et molles, sécheresse de la surface cérébrale. Du côté du rocher droit, on observe des végétations osseuses, mais pas d’altération de la dure-mère.
En enlevant couche par couche la substance cérébrale, on met à nu une tumeur siégeant dans le quatrième ventricule. Gette tumeur rosée, de consistance molle, est irrégulière, mamelonnée, allongée dans le sens transversal, oblique de bas en haut de droite à gauche, et légèrement d'avant en arrière.