‹ Contribution à l'étude des tumeurs malignes de la prostateChapitre 4 sur 26 · X..., 34 ans. Autopsie du 1er décembre · texte numérisé non relu

X..., 34 ans. Autopsie du 1er décembre

Début un an auparavant par douleur et rétention.

Cachexie rapide.

Tumeur périnéale qui ne donne que du sang à l’incision.

Pièce. — L’urèthre antérieur est sain. Fistule périnéo bulbaire largement ouverte.

La prostate, qui a conservé sa forme générale, forme une énorme tumeur qui remplit toute l’excavation pelvienne ; elle est ulcérée à son centre dans le canal, formant une cavité qui remplace la région prostatique de l’urèthre, et dessine une courbe à concavité antérieure très prononcée, longue de 6 à 7 centimètres.

En avant de cette cavité, la commissure antérieure de la prostate forme une tumeur de 5 à 6 centimètres d’épaisseur. Le col vésical et le bas-fond présentent de nombreux bourgeons néoplasiques non ulcérés. La vessie, dilatée, à parois épaisses, présente des colonnes et des cellules au début (l’orifice urétéral gauche, enfoui, est difficilement visible).

En arrière, la tumeur prostatique englobe complètement les vésicules, remplit l’excavation pelvienne (soulevant fortement le péritoine du cul-de-sac de Douglas, sans y pénétrer), entoure le rectum sans l’envahir, s’engage dans les échancrures sciatiques pour arriver jusque sous la peau des fesses.

Envahissement des ganglions inguinaux.

Obs. 6. — Carcinose prostalo-pelvienne.

Pièce n° 230 de la collection Guyon.

Autopsie, juillet 1890.

Il n’y a pas d’observation clinique.

Pièce — Urèthre antérieur sain. La prostate est peu hypertrophiée dans son ensemble, mais le lobe moyen forme au col une assez volumineuse saillie arrondie (en continuité avec le lobe gauche). La vessie est grande, à parois épaisses, avec colonnes et cellules au début (elle n’est pas envahie).

A la coupe, la prostate est dure, scléreuse, elle se prolonge en haut et en arrière des deux côtés par du tissu scléreux qui englobe les vésicules et l’origine des uretères.

Envahissement des ganglions iliaques et lombaires (volumineux, surtout à droite de l’aorte).

Lésions de dilatation simple des uretères et des reins, plus prononcées du côté droit.

Fig. 1 (obs. 6).

Vessie grande, avec colonnes et cellules peu marquées.

Muqueuse verruqueuse, chagrinée, sur les parois antérieure et latérales ; trigone soulevé par un lobe médian modérément volumi-

Obs. 7. — Cancer delà prostate et du rein. Pièce n° 234 de la collection Guyon.

Urèthre dur, notamment vers la droite.

Prostate volumineuse, irrégulièrement bosselée ; lobe gauche peu développé.

neux. La tumeur est surtout développée en arrière où elle englobe les vésicules, particulièrement à gauche.

Le cul de- sac de Douglas est soulevé par la masse, sans être envahi.

Rein gauche très volumineux, avec plusieurs noyaux néoplasi- : ques superficiels et interstitiels ; le noyau le plus volumineux fait saillie au niveau du hile rénal ; son volume atteint celui d’une mandarine.

Rein droit : pyélonéphrite, envahissement graisseux, périnéphrite.

Uretères dilatés, surtout dans leur partie inférieure.

Obs. 8. — Carcinose prostato-pelvienne. — Généralisation ganglionnaire, péritonéale et pulmonaire. — Pièces nos 286 et 287 de

la collection Guyon.

S..., 42 ans. Autopsie du 5 février 1891.

Rétrécissement ancien et cystite. Grosse prostate. Mort de cachexie et d'infection.

Pièce. — Urèthre antérieur sain. Prostate un peu augmentée de volume, mais régulièrement, de forme normale, sans ulcération du côté de Furèthre ni du col. La vessie est petite, à parois épaissies, sans envahissement néoplasique.

A son sommet, cellule vésicale, volumineuse, à large orifice et à paroi amincie. Soulèvement de la région du col qui vient circonscrire l’orifice uréthral comme la margelle d’un puits.

A la coupe, la prostate est dure, blanchâtre, üniformément d’aspect carcinomateux. Un champignon cancéreux relié à la base de la prostate fait une saillie bourgeonnante non ulcérée dans le cul-desac recto-vésical.

Granulations néoplasiques disséminées sur le péritoine pelvien.

Les vésicules séminales sont englobées par la partie postérieure de la tumeur, ainsi que la portion terminale des uretères.

Le rectum est refoulé en arrière.

Les deux uretères sont dilatés et épaissis.

Les deux reins présentent des lésions de pyélonéphrite suppurée anciennes avec dilatation (plus marquée à droite).

Noyaux cancéreux sur le péritoine pariétal au devant des reins. Envahissement cancéreux des ganglions lombo-aortiques (volumi- , neux paquet ganglionnaire devant le hile du rein droit, et sous le hile du rein gauche).

Lymphangite cancéreuse des plèvres viscérales (visible sur un fragment de poumon conservé).

Rares noyaux sur les plèvres pariétales.

Obs. 9. — Cancer de la prostate ( intra-capsulaire ). — Généralisation ganglionnaire. — Pièce n° 362 de la collection Guyon.

M. . . Autopsie du 3 mars 1893.

Malade mort d’infection.

Pièce. — Urèthre sain. La prostate vue du canal ne présente aucune lésion, pas d’hypertrophie apparente.

Grosse vessie dilatée, à parois épaisses, avec colonnes et cellules.

Sur la muqueuse du bas-fond et du pourtour du col, plusieurs petits noyaux blanchâtres, peu saillants, d’aspect néoplasique.

La prostate vue par sa face postérieure est légèrement augmentée de volume, mais elle a conservé sa forme normale sans bosselures, sans adhérences,

La coupe est blanchâtre, aréolaire, molle, succulente, d’aspect cancéreux (néoplasme intra-capsulaire).

Les deux cornes de la prostate se prolongent le long des uretères par deux chaînes de ganglions néoplasiques mous, très nombreux et très volumineux.

L’uretère droit est envahi par le néoplasme dans ses deux derniers centimètres. Dilatation de l’uretère et du rein droit.

Pyélonéphrite suppurée à gauche.

Obs. 10. — Carcinose prostato-pelvienne diffuse. — Envahissement ganglionnaire. — Dilatation aseptique atrophique du rein droit (Glantenay-Hallé). — Pièce n° 421 de la collection Guyon.

B..., 63 ans. Salle Richet, n° 1. Autopsie du 31 octobre 1894.

Début récent (8 mois) par symptômes de prostatisme. Cachexie. Phlegmatia.

Pièce. — Urèthre antérieur sain. La prostate vue du côté du canal ne présente qu’une faible hypertrophie du lobe gauche et du lobe moyen, sans lésion de la muqueuse.

La vessie est petite, à parois épaisses, sans trace de cystite. Le trigone et la base de la vessie sont épaissis, indurés, et présentent

sur la partie latérale droite, autour de l’orifice de l’uretère, des mamelons néoplasiques.

Le petit bassin tout entier est rempli par une masse néoplasique, blanchâtre, très dure, qui englobe la prostate, les vésicules, l’extrémité des uretères, et qui a bien la prostate pour point de départ.

Hallopeau 4

Les deux chaînes ganglionnaires hypogastriques sont fusionnées dans la tumeur pelvienne.

Toute la face antérieure de la colonne vertébrale est recouverte par un plastron néoplasique induré et bosselé formé par les ganglions réunis ; ils sont de plus en plus volumineux à mesure que l’on remonte vers le rein, surtout du côté gauche, et l’ensemble de ces ganglions forme une masse dont le volume égale à peu près celui du rein gauche. L’aorte est presque complètement entourée par eux.

Uretère droit dilaté, irrégulièrement en haut. Le rein droit, très atrophié, présente des lésions de dilatation aseptique ancienne, due à la compression de l’uretère.

Le rein gauche présente un infarctus unique.

Noyaux néoplasiques secondaires dans le foie.

Obs. 11. — Epithèlioma de la prostate. — Propagation ganglion

naire. — Pièces nos 482 et 483 de la collection Guyon. — Pasteau,

D..., 61 ans. Entré le 4 mai 1897 salle Velpeau, n° 23.

Depuis un mois il urine un peu difficilement et le 3 mai rétention complète. 11 ne peut plus uriner sans sonde.

Vessie en rétention complète.

Prostate : à la profondeur d’une phalange on sent la prostate qui est étalée et dont on peut dépasser facilement la limite supérieure ; à gauche et à droite surtout, elle présente quelques bosselures interstitielles très dures, il semblerait que la prostate est farcie de pierres.

On ne sent pas de ganglions inguinaux ou iliaques.

Mort le 18 mai.

Pièce. — Urèthre antérieur sain : il existe cependant une petite tache noirâtre de la muqueuse sur la paroi inférieure au niveau de la région bulbaire.

Prostate : vue par l’urèthre, elle semble absolument saine ; il n’y a aucune saillie des lobes latéraux ou médian. Son volume est à peine augmenté et cette légère hypertrophie semble uniquement porter sur les lobes postéro-latéraux du côté du rectum ; il n’y a aucun

changement de la forme de la glande, la face postérieure est régulière et symétrique. A la coupe, il n’y a pas de lobulation, le tissu prostatique est homogène, de consistance normale, blanc lactescent,

un peu suintant, piqueté de très petits points noirâtres en plusieurs endroits .

Vessie : spacieuse, la face interne est lisse sur la plus grande partie

de son étendue, sans colonnes ni cellules, les parois sont minces. Quelques taches noirâtres disséminées sur la face postérieure. Embouchures des uretères normales. Le trigone et les portions postérieures et latérales du col présentent des petites bosselures arrondies, lisses, tendues, semblant soulever la muqueuse sans l’envahir ; à la partie latérale droite du col une bosselure plus saillante présente un sommet aplati, qui paraît exulcéré superficiellement, chagriné, noirâtre. Le tissu cellulaire rétro-vésical, périprostatique, ainsi que les ganglions pelviens sont le siège de lésions anciennes et intéressantes.

La base de la prostate et les vésicules sont englobées dans un tissu fibreux et dur, blanchâtre, avec de petits nodules mous, d’aspect néoplasique.

Il existe de nombreux ganglions lymphatiques pelviens et lombaires.

A gauche, un paquet de ganglions volumineux dont l’un a 6 centimètres de haut sur 5 de large se trouve en dehors et en arrière de la vessie. Le paquet ganglionnaire qui, dans son ensemble, dépasse le volume d’une orange, se trouve être développé surtout en avant et en dedans des vaisseaux hypogastriques ; il s’avance sous les vaisseaux iliaques externes et passe au-devant delà terminaison des vaisseaux iliaques primitifs en suivant l’uretère pour aller se mettre en rapporavec un gros chapelet ganglionnaire situé au-dessus des vaisseaux et qui après les avoir longés suit le bord de l’aorte pour aller jusqu’au niveau du hile rénal gauche, les ganglions diminuant de volume au fur et à mesure qu’on s’élève vers la région lombaire.

A droite, il existe également le long des vaisseaux hypogastriques et sous les vaisseaux iliaques externes des ganglions dont le plus gros mesure 4 centimètres de longueur sur 3 de haut. On en trouve d’autres dont le plus gros a le volume d’une noix dans l’angle supéroexterne formé par la veine cave et l’artère iliaque primitive droite ; cette chaîne ganglionnaire passe entre la veine cave et l’aorte à 4 centimètres au-dessus de sa bifurcation pour aller rejoindre en arrière deux gros ganglions situés dans l’angle des deux troncs vasculaires et de là aller se mettre en rapport, par l’intermédiaire d’une

chaîne de petits ganglions, avec le chapelet qui longe le bord gauche de l’aorte.

Les uretères ne sont nullement comprimés par ces masses ganglionnaires néoplasiques en avant desquelles ils passent ; il n’y a pas de dilatation urétérale. Les reins sont de volume normal. Il n’y a pas de dilatation des bassinets.

Dans le rein gauche, une pyramide est suppurée ; il existe un nodule superficiel, gros comme une tête d’épingle, peut-être néoplasique. Dans le rein droit, noyau douteux appendu à une des veines du rein.

Lymphangite de la plèvre viscérale.

Examen histologique. — La prostate est envahie dans ses deux lobes par de nombreux noyaux de cancer alvéolaire type. Dans les parties de glandes non envahies, on trouve une prolifération notable des cellules épithéliales au fond des culs-de-sac glandulaires. Dans les ganglions, même aspect de carcinome.

Obs. 12 — Carcinose prostato-pelvienne , avec envahissement ganglionnaire. — Pièce n° 492 de la collection Guyon, Pasteau (résumée). Autopsie du 16 août 1897 (J. Halle et Pasteau).

G..., 76 ans. Père mort de cancer du pylore. Ni blennorrhagie ni syphilis. Début il y a quatre ans par des difficultés pour uriner. Le 21 décembre 1896, le malade s’aperçut que ses deux jambes étaient enflées. Vives douleurs dans la jambe droite. Le 14 juin 1897 on constate dans la région de l’aine, l’arcade crurale, une masse ganglionnaire bosselée et indurée. Dans la région iliaque, au-dessus de l’arcade, on sent aussi des masses de ganglions fusionnés, ayant les mêmes caractères que les précédents. Cette palpation est indolore. On ne sent rien dans le reste de l’abdomen. Le toucher rectal permet de constater une prostate indurée de la grosseur d’une mandarine environ, à surface marronnée, l’augmentation semblant porter surtout sur le lobe gauche. Urines claires. Pas de polyurie ni de fréquence des mictions. On porte le diagnostic de carcinose prostatopelvienne. Cachexie progressive. Le 14 août, brusquement, crise d’étouffement. Le 16 août, mort subite par syncope.

A l’autopsie, poumons et foie sains.

Pièce. — Urèthre normal : pas de traces de rétrécissement.

Vessie : grande, dilatée, renfermant une urine claire. Parois peu épaisses, blanchâtres. Pas de traces d’ulcération, ni troubles vasculaires de la muqueuse.

Prostate: grosse, dure, irrégulière, bosselée. Tous les noyaux sont de même consistance. La prostate est hypertrophiée dans son ensemble, aussi bien en arrière de l’urèthre qu’en avant. Pas de saillie prostatique à l’intérieur de la vessie. La masse prostatique plus volumineuse du côté gauche, également plus bosselée de ce côté, se prolonge avec une masse néoplasique qui entoure les vaisseaux obturateurs, ombilicaux, iliaques internes ; masse très serrée, formée de nombreux ganglions lymphatiques accolés les uns aux autres et réunis par une gangue scléro -adipeuse très difficile à dissocier. Cette masse néoplasique remplit toute la partie gauche du petit bassin et adhère intimement à l’os. Quand on l’enlève on emporte avec elle un morceau d’os qui est formé par la face interne de la région acétabulaire.

On voit très nettement appendu au bord inférieur de l’artère iliaque externe deux gros ganglions du volume d’un œuf de pigeon qui sont faciles à dissocier du reste de la tumeur. Toute la masse pelvienne gauche a le volume d’un œuf de dinde et elle est bordée tout à fait à sa partie externe et postérieure par les muscles et le nerf sciatique.

A droite, il existe le long des vaisseaux hypogastriques de nombreux ganglions dont le plus volumineux a la grosseur d’une noisette. Le long des vaisseaux iliaques externes existe une traînée ganglionnaire dans l’angle formé en dedans par l’artère et la veine et sous la veine, reposant sur la paroi du petit bassin, se trouve une masse ganglionnaire distincte du volume d’une noix.

Entre l’aorte et la veine cave, nombreux ganglions dont quelquesuns sont gros comme une noisette et qui font saillie jusque sur la face antérieure des vaisseaux. Dans l’angle inférieur formé par la veine cave et la veine rénale gauche, il existe un groupe ganglionnaire du volume d’une noix. Au niveau du bile rénal se trouve des deux côtés une masse ganglionnaire, mais plus volumineuse à gauche.

Les reins sont tons deux dilatés. Les bassinets et les calices distendus contiennent une urine claire. La substance corticale est encore épaisse et semble peu atteinte.

L’uretère droit est dilaté, parois minces, rempli d’urine claire. A sa partie inférieure il longe en avant et en dedans la masse ganglionnaire décrite précédemment pour venir s’aboucher dans la vessie. L’uretère gauche dilaté, à parois minces, est comme le précédent, du volume d’un fort crayon, et passe également en avant et en dedans le long de la masse néoplasiqne gauche du petit bassin sans paraître d’ailleurs y être fortement comprimé.

Obs. 13. — Epithèlioma de la prostate. — Envahissement ganglionnaire. — Pièce n° 496 de la collection Guyon. — Pasteau.

M... Salle Richet, n° 1. Autopsie du 1er novembre 1897.

Urèthre : sain, dans sa partie antérieure.

Prostate : du côté du canal, paraît presque saine, sauf une très légère hypertrophie du lobe moyen, unilobée, arrondie, régulière, muqueuse saine partout. A la coupe : hypertrophie totale légère, bien limitée, forme molle avec corps ovoïdes saillants à la coupe. La j prostate peut être aisément disséquée sur sa face postérieure et ses parties latérales et séparée du rectum et des vésicules.

Vessie : grande, à parois un peu épaissies avec début de colonnes et de cellules peu marquées. Plaques noires, ecchymotiques, multi- I pies, disséminées sur toute la surface de la muqueuse : signes de cystite chronique ancienne.

Ganglions : à gauche, amas ganglionnaire formé par des ganglions réunis en une seule masse étendue de la corne prostatique gauche j usqu’au diaphragme suivant le trajet des vaisseaux iliaques et de l’aorte. A droite, plusieurs ganglions un peu volumineux disséminés le long des vaisseaux iliaques. Rien au-dessus du détroit supérieur.

Uretère gauche : comprimé par la masse ganglionnaire et légèrement dilaté.

Rein gauche : scléreux. Uretère et rein droits : sains.

Obs. 14. — Carcinose prostato- pelvienne. — Pièce n° 527 de la collection Guyon. — Pasteau.

B..., 60 ans. Salle Velpeau, n° 22. Autopsie du 8 juillet 1898.

Jamais de blennorrhagie. En janvier 1898, le malade commence à ressentir dans la région lombaire des douleurs qui vont en augmentant jusqu’à devenir très aiguës. En même temps, il constate une augmentation dans la fréquence des mictions (toutes les heures, le jour aussi bien que la nuit). Le malade a des envies impérieuses d’uriner, il lui faut faire de grands efforts. Les mictions sont un peu douloureuses, accompagnées d’une légère cuisson au niveau du col vésical et au bout du gland. Le jet n’a plus de force, l’urine s’écoule goutte à goutte.

Depuis un peu plus d’un mois, les douleurs lombaires diminuent, mais le malade ne peut plus marcher ; il souffre beaucoup dans les hanches, principalement du côté gauche.

En avril, les troubles delà miction s’accentuent. Le malade urine très difficilement. Il entre à Saint-Antoine où on le sonde.

Depuis ce temps, il se sonde lui-même, mais pas tous les jours, car parfois il urine seul, après beaucoup d’efforts.

A l’examen. Vessie : capacité 220. Pas de résidu.

Prostate très volumineuse, irrégulière, bosselée, avec de nombreux noyaux durs. Congestion à la base du poumon gauche.

On ne peut trouver de ganglions.

Le malade se plaint continuellement de violentes douleurs dans les articulations et principalement dans celles des membres inférieurs pour lesquelles on fait une injection de 1 centigramme de morphine chaque soir.

Le 16 juin 1898, le malade, en allant à la selle, glisse, et se fait une fracture du quart inférieur du fémur gauche. Le malade meurt le 7 juillet.

Pièce. — Urèthre : l’urèthre antérieur est normal, l’urèthre postérieur est couvert de petites végétations néoplasiques.

Prostate : rien d’anormal du côté de l’urèthre. A la coupe, on ne distingue qu’une masse néoplasique qui se propage aux ganglions

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pelviens. A gauche, il existe une propagation jusqu’à l’os iliaque qui est devenu mou et friable. La tête du fémur est aussi détruite.

Vessie : Il existe une masse néoplasique au niveau du col. Quelques petits néoplasmes sur les parois latérales sont près du col vésical.

Uretères dilatés, mais sans aucune lésion inflammatoire. Les bassinets des deux reins sont largement dilatés. Le rein droit est un peu hypertrophié.

Les ganglions qui entoureut les vaisseaux iliaques et l’aorte sont envahis jusqu àiu diaphragme.

Foie : très gros. Il est envahi par un énorme encéphaloïde qui occupe au moins un tiers de son volume

Rate : grosse. Poumons : congestionnés. Cœur: normal.

Obs. 15. — Néoplasme de laprostale. — Pièce n° 575

de la collection Guyon.

G..., 76 ans. Autopsie du 28 septembre 1899.

Début ancien par fréquence nocturne. Mort de cachexie.

Pièce. — Urèthre antérieur normal.

Prostate légèrement hypertrophiée ; les lobes latéraux présentent une coupe uniforme non lobulée.

Vessie à parois très épaisses, avec colonnes et cellules bien développées, et abcès périvésical enkysté du sommet.

A gauche, péricystite postéro-latérale formant une masse volumineuse. La tumeur se prolonge un peu en haut, en arrière et à droite. Uretéro-pyélite suppurée.

Diagnostic histologique : épithélioma adénoïde généralisé.

Obs. 16. — Néoplasme prostatique. — Pièce n° 581 de la collection Guyon.

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