Le malade meurt
Pièce enlevée à /’ autopsie. — L’urèthre ne présente rien d’anormal, sauf une légère prolifération, inflammatoire ou néoplasique.
La prostate ne fait pas saillie du côté du canal (ce dernier a été fortement lésé pendant l’ablation de la pièce).
Vers le rectum la tumeur fait une forte saillie, très dure. La vessie est petite, à parois épaisses ; la région du trigone est soulevée par une masse végétante volumineuse ; les parois latérales sont également infiltrées partiellement. La tumeur se prolonge en arrière et sur les côtés.
Enorme envahissement ganglionnaire, le long des vaisseaux iliaques et de l’aorte, remontant jusqu’au diaphragme.
Rein gauche normal.
Rein droit : rétention aseptique.
Obs. 19. — Néoplasme vésico-pr asiatique.
Pièce n° 600 de la collection Guyon.
B..., Salle Velpeau. Autopsie du 26 juillet 1900. 5
L’urèthre antérieur paraît normal.
La prostate est un peu augmentée de volume ; la longueur de l’urèthre prostatique est notablement allongée, mais sans que sa cavité soit envahie par la tumeur. Celle-ci au contraire fait fortement saillie dans la vessie où elle pénètre sous forme de bourgeons irréguliers, plus ou moins pédiculés, qui enserrent et dominent le col vésical.
La paroi vésicale est épaissie ; la cavité n’est pas augmentée. L’infiltration de la tumeur s’est propagée dans la paroi vésicale assez loin, remontant jusque dans la partie latérale de celle-ci, principalement du côté gauche.
Contrairement à ce que l’on observe en général dans les néoplasmes d’origine prostatique, le développement postérieur et supérieur est peu prononcé ; la paroi postérieure de la vessie n’est pas recouverte, les vésicules ne sont pas envahies.
Les uretères ne paraissent pas dilatés.
Obs. 20. — Néoplasme pros lato -vésical. Pièce n° 633 de la collection Guyon,
B..., âgé de 69 ans, salle Richet, n° 2. Autopsie du 20 avril 1901. La portion conservée de l’urèthre antérieur est saine.
On trouve une masse néoplasique occupant le bas-fond de la vessie et en continuité directe avec la prostate dont la partie supérieure semble seule atteinte par la dégénérescence maligne car l’extrémité inférieure de la glande a conservé sa forme et son apparence.
Du bas-fond vésical s’élève une masse bourgeonnante étendue en surface, venant presque recouvrir l’orifice uréthral ; plus bas. l’urèthre prostatique ne paraît ni dévié ni déformé.
La vessie n’est pas augmentée dans son volume, mais ses parois 1 sont un peu épaissies. Les bourgeons qui remplissent sa partie ini férieure sont les uns pédiculés, les autres sessiles, tous extrêmement irréguliers et déchiquetés, occupent presque tous la région du tri-
Fig. 4.
i gone vésical. Les orifices urétéraux sont refoulés en haut et en 1 arrière, néanmoins perméables, ainsi qu’en témoigne la sonde qui les traverse et y circule aisément.
En examinant la pièce de l’autre côté on voit une masse volumi-
neuse se détacher de la face postérieure de la prostate et de la vessie, refoulant en haut le Douglas, en englobant partiellement les vésicules et les canaux déférents ainsi que la terminaison des uretères qui toutefois ne sont pas comprimés. A travers le péritoine du culde-sac on voit proéminer quelques petites bosselures qui néanmoins restent sous-péritonéales.
Il existe là un envahissement diffus de toute la région, de provenance nettement prostatique car il se continue directement avec elle, ainsi qu’avec la masse qui a pénétré le trigone vésical.
Dans son ensemble la tumeur ressemble irrégulièrement à un tronc de pyramide à base supérieure, la partie inférieure de la prostate gardant son volume et son aspect normaux.
Obs. 21. — Carcinome prostato-vésical avec adénopathie inguinale .
Pièce n° 637 de la collection Guyon.
Autopsie du 24 août 1901.
S... entre le 9 avril 1901, salle Velpeau.
Il a eu une première blennorrhagie en 1886 ; une depuis.
Jamais d’hématurie.
En 1898 il reçoit un coup de pied dans l’aine gauche, suivi de douleurs se prolongeant pendant trois ou quatre mois.
Quelque temps après le malade constate dans l’aine gauche une petite tumeur du volume d’un pois qui augmente peu à peu. Elle n’est nullement douloureuse. Depuis quinze jours, c’est-à-dire plus d’un an après son apparition, il ressent un peu de gêne. Il a été vu à ce moment à Beaujon où on considéra la tumeur comme tuberculeuse.
C’est surtout l’après-midi que la douleur est violente.
En même temps apparaissent des céphalalgies violentes.
Du côté gauche il ressent aussi des douleurs lombaires.
La constipation est constante. L’appétit diminue, le malade a maigri ; depuis trois semaines il tousse.
On trouve une tumeur siégeant à gauche au-dessus du pli de l’aine qu’elle déborde en bas sur un travers de doigt environ.
La tumeur, arrondie, a environ 12 centimètres de diamètre ; sa saillie est de 2 à 3 centimètres sur les parties avoisinantes.
Elle est dure, douloureuse à la palpation, non mobilisable.
A la périphérie, la pression fait sentir dans la profondeur une zone indurée large de 3 ou 4 centimètres . La peau est rouge, enflammée, adhérente à la tumeur.
12 avril. — On sent peu de chose à la prostate. Plus profondément, petit noyau du côté de la vésicule gauche, un peu mobilisable, et une petite traînée lymphatique se dirigeant du côté de la fosse ischio-rectale gauche. La miction est un peu retardée.
Explorateur olivaire : le n° 25 est arrêté dans la région prostatique ; le n° 23 est arrêté également.
Le canal est allongé.
1er mai. — Prostate : rien du côté droit. La glande n’est pas très grosse ni dure. Du côté gauche on ne sent rien au niveau de la base. Mais, plus profondément, du côté de la vésicule gauche on sent un petit noyau du volume d’un pois, très dur. On croit trouver à la suite une traînée lymphatique se dirigeant vers la fosse ischio-rectale gauche.