‹ Contribution à l'étude des tumeurs mixtes du col de l'utérusChapitre 11 sur 13 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(G. Michel et Hoche, mars 1907)

Femme de 35 ans. Trois grossesses, la dernière remontant à trois ans. Depuis 18 mois environ, ménorragies el métrorragies très abondantes. Elle consulte un médecin qui trouvent une masse ressemblant à un polype et l’enlève.

Trois mois après, les pertes réapparaissent plus abondantes. On constate une masse très volumineuse, développée aux dépens du col, ayant l'aspect d’une grappe. On pratique un curettage permettant d'enlever toute la masse ; la base d'implantation est cautérisée au thermocautère.

Elle reste deux mois sans perdre, puis un écoulement leucorrhéique réapparaît. Elle se plaint à nouveau de sensalions de gêne, de pesanteur; les pertes sanguines reviennent bientôt aussi abondantes. Masse volumineuse remplissant la cavité vaginale, friable, saignant au moindre attouchement, constituée par une. sorte de grappe s'implantant sur le col, dont on percevait net-

en tement les lèvres, grappe dont les grains se détachaient au toucher, les uns durs, les autres mous, ædémateux. Intégrité du corps utérin, des ligaments larges, du petit bassin .

L'état général de la Halde nt relativement bon, l'affection ayant une tendance à récidiver tout en gardant une allure bénigne sans tendance à la généralisation, l’hystérectomie est pratiquée. Guérison.

Sur la prèce enlevée, on constatait l'intégrité du col, mais on voyait que les grains constituant la tumeur s'implantaient tous sur une tige unique, assez épaisse, pénétrant dans la cavité cervicale. Ces formations polypeuses étaient développées aux dépens des parois de la cavité cervicale, au niveau d’une région d'aspect cicatriciel. La constitution de ces polypes est gélatineuse, molle dans les parties lisses, pédiculées, ferme et homogène dans la zone d'implantation.

D’après l'analyse minutieuse de la tumeur, à l'œil nu et sur des coupes microscopiques, nous croyons qu'il s'agissait primitivement d’une lésion inflammatoire chronique de la muqueuse du col, qui avait donné lieu à une sclérose inflammatoire du tissu et à la production de l'hyperplasie polypeuse de la muqueuse endo-cervicale. C’est dans la région scléreuse cicatricielle que la néoformation sarcomateuse a pris naissance, et de là elle envahit de tous côtés et le parenchyme utérin, et le tissu pathologique des polypes saillants à l’orifice du col.

Les lésions sarcomateuses sont encore peu développées, leur extension aux lissus du voisinage esl encore restreinte, c'est ce qui nous a permis de reconnaître encore très neltement les lésions inflammatoires chroniques antérieures. D'après cette constatation, nous

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nous croyons autorisés à conclure que la forme en grappe qu'affecte ici la tumeur n'est pas inhérente à la nature même du sarcome, en d'autres termes, qu'il ne s'agit pas d'une forme particulière de sarcome, mais plus exactement d'un sarcome globo et faso-cellulaire avec formations cartilagineuses développées au niveau d'une lésion iuflammatoire polypeuse du col.

Quant au traitement, notre observation est une preuve que le simple enlèvement de la tumeur, même suivi de curettage ou de cautérisation, constitue toujours une opération insuffisante, suivie presque immédiatement de récidive. Nous en dirons autant de l’amputation intra-vaginale du col, qui, elle aussi, est presque toujours suivie de récidive immédiate. Il faut enlever lutérus par hystérectomie et non par voie basse, mais par voie haute. Après laparotomie on se rend ‘compte de l'étendue des lésions, et, s'il y a des lésions ganglionnaires ou des lésions du tissu cellulo-adipeux: du petit bassin, c’est le seul moyen d'y remédier avec quelques chances de succès. |

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