OBSERVATION Î
(Due à l'obligeance de MM. les professeurs Puech et Massabuau)
Mme Hélène M..., 59 ans. à ;
Pas d’antécédents héréditaires. Comme antécédents personnels pathologiques, suppurations osseuses dans le jeune âge, ayant laissé des cicatrices cutanées.
Premières règles à l’âge de 14 ans. Depuis lors, et jusqu'à la ménopause survenue à l’âge de 42 ans, la menstrualion a été régulière, mais peu abondante et parfois douloureuse. Mariée à l’âge de 18 ans, la malade n’a jamais eu de grossesse.
En 1898, quatre ans après la ménopause, la malade, dans un effort de défécation, expulsa par le vagin un «morceau de chair»; cette expulsion s'accompagna d’une hémorragie abondante, qui s'arrêta spontanément. Depuis lors, il se produisit à plusieurs reprises et à des intervalles réguliers de petites pertes de sang, auxquelles s’ajoutèrent des pertes blanches de plus en plus
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abondantes, et présentant un peu d'odeur. A deux reprises encore, à la fin de décembre 1900 et en mai 1901, expulsion par le vagin d'uu fragment de tumeur. Pas de douleur véritable; mais, dans les derniers temps, la malade se plaint d’une sensation de gêne et de pesanteur du côté des organes génitaux, et signale, en outre, l'apparition à la vulve d'une tumeur rougeâtre, lorsqu'elle fait effort pour aller à la garde-robe.
L'examen, pratiqué par lun de nous en novembre 1901, fit reconnaître la présence dans le vagin d’une tumeur lobulée en grappe, surplantée par un pédicule assez grêle dans l’intérieur de la cavité cervicale, saignant facilement au moindre contact, et qui nous parut être constituée par du tissu myxomateux. Etat général excellent. Quelques jours plus tard (1* décembre 1901), la tumeur est enlevée par simple section de son pédicule suivie de cautérisation au thermocautère. |
Pendant 5 ans, il y eut toutes les apparences d'une guérison complète. Mais, au commencement de l’année 1907, les hémorragies se produisirent à nouveau, et, au mois de mai, quand la malade se décida à venir nous consulter, nous constatâmes une récidive sous forme d’une masse végélante ayant les caractères de la première tumeur, mais plus volumineuse (volume du poing environ).
L'hytérectomie vaginale ou, tout au moins, l’amputation du col que nous conseillâmes cette fois, nous furent refusées, et nous dûmes nous contenter de pratiquer encore la simple ablation de la tumeur (15 juin).
Examen histologique. — Les végétations molles qui constituent la masse néoplasique présentent la structure suivante :
Les parties périphériques en grappes de raisin sont
constituées par des végélations polypiformes, bordées d’une couche d'épithélium cylindrique qui s'enfonce en doigts de gant irréguliers dans un tissu d'apparence
myxomateuse. Ces végétations viennent s'implanter sur une masse centrale plus volumineuse, dont l'aspect myxo- de maleux est plus prononcé. :
Si on étudie de plus près la structure de ces végélta-
tions, on constate que l'épithélium repose sur une cou-
che qui se différencie de la partie centrale du stroma en ce sens qu'elle présente, avec ses cellules fusiformes où arrondies, nombreuses, à prolongements anastomosés,
l'aspect d'un tissu conjonclüif embryonnaire lâche. En s'éloignant de l’ épithélium ce lissu se transforme bientôt en un tissu myxomateux typique.
Dans la zone fibroïde, de même que dans la partie myxomateuse, on observe des tubes à lumières arrondies ou irrégulières, bordées par des cellules cubiques ou cylindriques. Si on suit leur développement, on voit leur lumière on, leur épithélium proliférer, etils viennent s'ouvrir à l'extérieur de façon à constituer le début d’une nouvelle végétation:
Dans la zone myxomateuse,'ou dans le Lissu fibreux que l’on rencontre en maints endroits de la tumeur, on trouve des placards de A hyalin nettement recon- naissables.
Dans certaines parties de la lumeur qui forment des masses compactes d'apparence gélatineuse, on. trouve des traînées de cellules fusiformes à noyaux volumineux chargés de chromatine, qui ne peuvent être imterprélés que comme des cellules sarcomateuses.
Notre tumeur est donc un adéno-fibro-myxo-chondrosarcome du col.
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(Il y eut depuis une troisième récidive, encore sous forme de sarcome globo-cellulaire pur. Traitement: simple excision. Nouvelle récidive en mai 1910, toujours sous forme de sarcome globo-cellulaire : même traitement, la malade ayant toujours contraint l'intervention à une simple exérèse).