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Le développement progressif de la tumeur amène une gêne croissante dans les fonctions du membre, à cause de la douleur que provoquent les mou- . vements. Il en résulte même des attitudes vicieuses, flexion de la jambe en particulier que prend le malade pour moins ressentir la douleur. Gelleci, du reste, peut devenir intolérable et arrivée à ce degré, troubler profondément l’état général du sujet (BICKERSTETH). |
Seule une intervention peut amener une amélioration, parfois une guérison ; les tumeurs du sciatique ayant, comme nous l'avons dit ailleurs, une tendance à subir la dégénérescence sarcomateuse. THousox avait fait, du reste, cette constatation curieuse que les néoplasmes du sciatique semblent présenter une tendance toute particulière à prendre un caractère malin. Il snffit de se reporter à notre chapitre d'anatomie pathologique pour constater que sur 30 cas 16 étaient de nature sarcomateuse certaine.
On ne peut prévoir d'avance quels seront les résultats de l'intervention ; celle-ci dépendant et du siège de la tumeur et de ses rapports avec le nerf.
Dans le cas de tumeur centrale et périphérique, le chirurgien a le droit d'espérer pouvoir enlever cette tumeur tout en respectant la continuité nerveuse. Dans le cas de tumeur mixte, au contraire, ji lui sera bien souvent difficile. de ne pas réséquer toute la tumeur et par conséquent, tous les filets nerveux et alors sauf le cas de suture ou anasto-
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mose secondaire, ie malade se verra exposé à tous les désordres et troubles qu’entraîne la section du nerf sciatique. Nous avons vu que la marche était encore possible mais que ce membre énervé restait inerte et pendant, exposé à l’atrophie musculaire aux rétractions tendineuses. : \
Le pronostic varie également avec le siège de la tumeur ; une tumeur du poplité externe étant naturellement moins grave quant aux troubles fonctionnels qu’une tumeur du tronc principal, surtout si elle siège dans l’échancrure sciatique. Dans ce cas, l'opération commencée comme une extir-
pation de tumeur, peut se terminer par une ampu- tation ou une désarticulation.
Plus importante encore est la nature de la tuimeur. Par ordre de gravité croissante nous mettrons fibromes, myxomes et sarcomes. Ces derniers, en eftet, sont les plus redoutables, tant à cause du volume qu'ils peuvent atteindre, que par leur caractère de malignité. Selon Taomson « le névrome malin primitif, affecte plutôt les allures d’un sarcome banal et tend à se généraliser par la voie sanguine, donnant ainsi naissance à des métastases viscérales. Le névrome malin secondaire diffuse, au contraire, plutôt le long des troncs nerveuæ. La récidive qui suit les opérations est presque toujours une récidive locale portant sur un point plus élevé du nerf porteur de la lésion. Il en résulte que pratiquement, il est parfois fort difficile, de savoir si lon a affaire à un envahissement ascen-
dant du nerf ou à une lésion bénigne primitivement diffuse et subissant une transformation maligne progressive.
Ces récidives pourtant, ne sont pas très fréquentes si nous nous en rapportons à nos observations. Il se peut qu’elles aient eu lieu après la sortie du analade ou le dernier examen subi ; cette réserve mise à part, nous ne la trouvons signalée que dans les deux cas de sarcome de Zwicke rapportés dans le traité de chirurgie (Dupray et Reczus). Dans le premier cas, huit semaines après l'opération, il y avait une récidive sur le trajet du nerf sciatique ; la tumeur s’accrut rapidement et le malade suc- ‘comba épuisé, un an après le début de l'affection. A l’autopsie, on trouva un sarcome occupant tout le pourtour de la cuisse avec un noyau sarcomateux dans le poumon.
Dans la seconde observation de ZwickE, quatre mois après une première extirpation de sarcome. il y avait déjà une récidive, qui nécessita la désarticulation de la cuisse.
Ce sont là évidemment, deux cas malheureux, qui assombrissent beaucoup le pronostic des sarcomes du sciatique :; la récidive étant toujours à craindre et avec elle la désarticulation de la cuisse, Quant aux métastases viscérales, le premier cas nous donne la preuve qu'il faut les redouter également. |
Il est enfin une question à propos de l’évolution et du pronostic des tumeurs des nerfs que nous si-
gnalerons en passant. C'est celle des rapports de la maladie de Recklinghausen avec les tumeurs des nerfs. Nous avons noté leur coïncidence dans trois de nos observations. « Il sera peut-être bon de se rappeler ces rapports et de savoir, lorsqu'on se trouvera en face d’une tumeur du nerf sciatique, qu'on n’a pas seulement à compter, avec la récidive locale, mais encore avec l’apparition possible de lésions généralisées. Aussi importera-t-il alors de pratiquer un examen complet. L'existence de signes, en apparence insignifiants, tels que nœvi cutanés multiples, moluscums peu volumineux, etc., prend la plus grande importance. A fortiori en est-il de même de la découverte d’une deuxième tumeur que le malade avait jusqu'alors ignoré. » (CUuNEO).