‹ Contribution à l'étude des tumeurs primitives du nerf sciatique (volume 2)Chapitre 4 sur 36 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

« L'étude des tumeurs primitives des nerfs constitue un des chapitres les plus obscurs de la pathologie chirurgicale. Cette obscurité résulte non seulernent de l'incertitude de nos notions sur les néoplasmes, en général, mais aussi du désaccord qui règne sur la façon dont il faut comprendre la constitution de la fibre nerveuse normale. » Cu- NÉO. Revue de chirurgie.

Telles sont les difficultés auxquelles nous nous sommes heurtés dès le début de ce travail. Les théories modernes sur la structuré de Ia fibre nerveuse, ont modifié complètement la façon de comprendre et de classer les tumeurs des nerfs ; étudiant celles du sciatique en particulier, nous avons été obligé de refaire cette étude ; nous tâcherons d'exposer aussi brièvement et aussi clairement que possible, par quels stades à successivetnent ? passé cette question.

Re i

Dans le premier stade tous les travaux, toutes les doctrines et discussions reposent sur la théorie ‘du neurone considéré comme unité nerveuse. C'est du moins à cela-qu'avaient abouti les recherches durant la moitié du siècle dernier. Cette étude commencée par Opbier, de Genève, en 1803, qui désigne ces tumeurs sous le nom de névromes et les définit « toute lumeur mobile circonscrite et profonde, produite par le gonflement accidentel d’un nerf, à l'extrémité duquel la compression de la tumeur fait éprouver des crampes très pénibles », est continuée tour à tour par VON GESSHER, ALEXANDRE, de Nimègue (1810) BayLe et CAYOL (en 1812), pour entrer avec les thèses de DESCOTT (Paris 1822) el Aronssoun (Strasbourg 1822), dans une véritable voie scientifique. Continuée par MECKEL et DUPUYTREN, la nature de ces tumeurs leur point de départ, les rapports respectifs du tissu morbide et des éléments normaux du nerf sont bien étudiés par LEBERT (1841) et CRUVEILHER, ce. qui permet à TILLAUx, de donner dans sa thèse d’aorégation (Paris 1866), les idées que les chirurgiens avaient à cette époque, sur cette question. À ce moment, on admet que les lésions des nerfs ne portent pas sur la fibre nerveuse elle-même, mais bien sur le névrilème et sur le tissu cellulaire qu'on y rencontre, sans nier cependant, que le tissu propre était susceptible d'hypertrophie. Bref, on admet alors des névromes et des pseudo névromes, selon que «la tumeur située sur le trajet d'un

en Lo

nerf est anatomiquement constituée, tantôt par la production anormale d’un tissu fibreux, tantôt par un tissu réellement nerveux de nouvelle forma- Uüon ». Mais à cause de la difficulté que renconitrent les histologistes à pouvoir toujours affirmer qu'il existe dans une production néoplasique une formation nouvelle de tissu nerveux d’une part, et d'autre part, cliniquement. le diagnostic différentiel entre le pseudo névrome et le névrome, étant presque impossible, on continue à n’employer que le terme de névrome « qui ne désigne que le siège de la tumeur sur le trajet d’un nerf quelle que soit la nature du produit morbide. »

En 1869, Vircnow distingue, cependant davantage les névromes des faux névromes quand enfin FoucAULT (1872) et GIRARDIN (1876), s'élèvent dans leurs thèses contre ces dénominations que Corniz et RANVIER avaient déjà refusées et excluent des névromes les tumeurs des nerfs qui ne sont pas constitués par l'hyperplasie des tubes ou cellules nerveuses. Avec eux, les tumeurs des nerfs deviennent des fibromes, des sarcomes, des myxomes, développés aux dépens du tissu conjonctif du nerf, variétés assez fréquentes landis que les vrais névromes développés aux dépens des tubes nerveux sont très rares. Pour quelques auteurs même l'existence des névromes fasciculés était mise en doute et QuÉNU écrivait, dans le traité-de chirurgie, que «il ne suffit pas, en effet, d’avoir constaté la présence de filets nerveux dans une tumeur

Page 1