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pour affirmer qu'il s’agit d’un névrome, il faudrait démontrer que ces filets nerveux sont de nouvelle formation ; de la plupart des descriptions il ne ressort qu'une chose : c’est que le tissu cellulaire intra-fasciculaire en prolifération a refoulé à la périphérie ou dissocié en tous sens des tubes nerveux préexistants. Bien plus, j'avoue que je ne conçois pas très bien comment une tumeur développée le long d’un nerf, pourrait-être composée de tubes nerveux nouvellement formés. Les cylindraxes ne sont, en somme, que des prolongements de cellules nerveuses, et à moins d'admettre un - bourgeonnement de fibres se produisant au niveau des segments interannulaires (ce qui n'a jamais été constaté, que je sache, dans les tumeurs dites névromes), la néoformation de tubes nerveux doit ne pouvoir se produire que là où il existe des cellules nerveuses c’est-à-dire dans les centres nerveux centraux où dans les centres nerveux périphériques. Je crois pouvoir en déduire qu'il y a des fibromes , des myxomes douloureux, mais que l'existence des névromes vrais fasciculés n’a pas encore reçu de démonstration parfaite. »
Comme on le voit, en 1890 encore, à l'heure où Ja théorie du névrome était admise par presque tous les auteurs, on ne pouvait admettre une prolifération du tissu nerveux dans un nerf dont toute la vitalité est dépendante de sa cellule origine. Ce sont ces idées que PERET GILBERT développe également dans sa thèse de Paris 1891, admettant
De PASS
l'existence de tumeurs des nerfs d’origine conjonctive mais niant l'existence de névromes myéliniques et amyéliniques. Voilà pourquoi toutes les observations que nous rapportons sont dénommées fibromes, sarcomes, myxomes, jusqu'à ces
dernières années, BERGER (1905), Loison (1905), MACKENZIE (1908), BESSON (1909).
Cependant ces dernières années, à’ la suite des travaux de ApATnY, BÉTHE, BRaus, DURANTE, les idées sur la constitution des fibres nerveuses évoluaient et perdaient peu à peu ce qu'elles avaient tout d'abord d’absolu. On dut admettre bientôt la nature nerveuse dés cellules de Schibann et l'unité de chaque segment annulaire. C'était la ruine du meilleur argument que les partisans de la théorie du neurone pouvaient opposer contre la néoformation de tubes nerveux, hors des centres, chaque segment annulaire étant, à présent, une unité nerveuse. Dès lors, il y eut deux camps les uns regardant ces tumeurs comme de nature conjonctive, les autres comme de nature’ nerveuse.
: Dans notre chapitre d'anatomie pathologique nous étudierons cette intéressante question et tàcherons d'imposer les idées admises aujourd'hui. Notre travail à été très facilite par l'étude très approfondie qu’en a faite M. Gunéo dans la revue de chirurgie, novembre 1909. C'est ce travail qui nous a servi de ligne de conduite ; on nous excusera donc des fréquents emprunts que nous y :
avons faits.
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Quant aux tumeurs primitives du sciatique — ce qui fait l’objet de notre thèse — si elles ne sont pas inconnues, on peut cependant, dire qu'aucun travail d'ensemble n’a été fait jusqu'ici de cette question. VELPEAU, en 1841, écrivait bien « tous les nerfs du membre abdominal peuvent être, sans doute, le siège de névromes profonds, mais jusqu'à présent, on n’a guère parlé que des névromes sous-cutanés de ce membre. » Il faut arriver en 1876 pour trouver, avec la thèse de GIRARDIN sur les tumeurs des nerfs du creux poplité, une ébauche de la question. Lui-même reconnaît « que les observations de névromes dusciatique ou de ses branches, ne sont pas rares, mais qu'elles sont perdues au milieu des thèses et des documents. » Nous avons entrepris de faire cette étude des tumeurs du sciatique et nous avons recueilli toutes les observations rencontrées dans les ouvrages scientifiques. Nous les avons jointes à notre travail avec l'index bibliographique ; les énuimérer ici, serait doubler le travail. Nous prions le lecteur de s'y reporter ; quant aux travaux consultés pour les questions inhérentes aux sections nerveuses el à la régénération des nerfs, nous les avons indiquées à chaque citation afin que ceux qui nous suivront, dans cette voie, puissent profiter de nos recherches.